EDITO L’école de demain : ambitions obligent

Par Chérif Abdedaïm, le 8 septembre 2015

L’école algérienne s’apprête à emprunter un nouveau virage où les défis attendus sont de taille. De là à être pessimiste ou alarmiste, les avis divergent et certains hésitent à émettre un jugement quelconque. Nouria Benghebrit ministre de l’Education nationale semble bien partie pour entamer de nouvelles réformes éducatives. Selon ses propos lors des dernières sorties, tout a été mis en oeuvre pour relooker les fondements de l’école algérienne.

Pour que l’école retrouve son autorité, il faut impérativement qu’elle accepte sa responsabilité primordiale qui est de transmettre aux élèves une connaissance construite et approfondie du monde. C’est ce qui ressort en substance de cette nouvelle vision, de surcroît pragmatique, de la ministre de l’Education.

Pour cela, de nouvelles mesures ont été prises sur les décombres d’un constat de crise. Constat donc , à l’appui, faudrait-il d’abord relever le décalage croissant entre les valeurs incarnées et transmises par l’école et l’évolution culturelle, économique, sociale et technique de notre société. Le public (élèves, familles) se reconnaissent de plus en plus difficilement dans certains aspects de l’école : effort sur le long terme – qui entre en conflit avec la culture médiatique de l’immédiateté et du divertissement ; respect de règles de vie et de comportement contraignantes – qui s’oppose parfois avec un délitement de l’autorité parentale. Ce décalage est d’autant plus mal vécu qu’une demande très forte est adressée à l’école en matière d’éducation et de réussite des élèves. L’échec scolaire est en outre très mal vécu par le public. Tout se passe comme si l’on reprochait à l’école de ne pas réussir une éducation que les parents et les autres instances éducatives auraient elles-mêmes renoncé à assumer.

Parmi les stratégiques avancées par la ministre de l’Education, l’introduction de la technologie numérique à l’école. Aussi ambitieuses que soit cette nouvelle initiative, elle ne doit pas se résumer à l’entrée de nouveaux outils en classe. Autrement dit, le numérique ne réinvente pas l’école. Il ne peut fonctionner que si l’école renouvelle en profondeur son projet, sans quoi il en sera le concurrent déloyal et les inégalités s’en trouveront renforcées. Et c’est bien la formation du corps enseignant qui apparaît en toile de fond de cette délicate transition. Dans ce contexte, la ministre de l’Education s’est félicitée «du grand sens de responsabilité» dont ont fait preuve les dix syndicats lors de la dernière réunion avec la tutelle, s’engageant à «satisfaire les principales revendications» contenues dans les procès- verbaux des réunions précédentes signés en mars dernier.

Ainsi, innovation pédagogique, créativité et travail collaboratif restent de rigueur. Profonde, cette mutation implique aussi un nouveau mode de pensée. Dans cette perspective la ministre propose d’aller non seulement vers une égalité des chances, mais encore vers une véritable égalité des résultats (c’est à dire pas de mauvaises notes, donc pas d’échec scolaire).

Cela étant, la nouvelle politique éducative revêt une double dimension : celle d’élever l’enfant en lui permettant de grandir et de s’épanouir et celle de préparer l’enfant à vivre dans le monde tel qu’il est. Telles sont les ambitions de l’école de demain.

www.lnr-dz.com/pdf/journal/journal_du_2015-09-08/lnr.pdf

Permanent link to this article: https://cherif.eljazeir.com/2015/09/28/edito-lcole-de-demain-ambitions-obligent/