Par Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 21 mai2012
Quand on assiste à une grève de 2000 à 2500 prisonniers sans bouger le petit doigt, et qu’on on a peur d’un Intifadah ; quand on supplie son bourreau pour réceptionner des armes légères dont le but est de réprimer des palestiniens, on se demande pour qui travaille Abbas ?
Abbas s’est empressé de « téléphoner au Premier ministre israélien Netanyahou afin de lui présenter ses condoléances pour le décès de son vieux père, mais que par contre il avait gardé le silence au sujet des grèves de la faim de Thaer Halahleh et Bilal Diab (au 75ème jour de leur grève de la faim à l’instant où j’écris), et de la grève de la faim de masse engagée le 17 avril et suivie par près de 2.500 prisonniers. », faisait remarquer récemment une jeune Palestinienne.
Elle a raison de suspecter la position du président de l’AP. Samedi dernier, Mahmoud Abbas a déclaré que ses forces de sécurité « avaient beaucoup de difficultés parce qu’Israël avait refusé d’autoriser l’entrée d’une cargaison d’armes, et qu’il avait « très, très, très peur » de ce qui pourrait arriver si un des prisonniers palestiniens en grève de la faim de longue durée venait à mourir ». Abbas a peur de quoi exactement ? Que le peuple Palestinien se soulève contre l’injustice sioniste ? Et alors ? N’est-ce pas là, le vrai printemps ou faudrait-il réserver cette appellation uniquement à ceux qui se soulèvent contre leur gouvernement ? Vraisemblablement, Abbas ne semble pas aimer le « printemps palestinien ». Il a « peur ». C’est pourquoi, il ne cesse de supplier les bourreaux sionistes et leur lobby. En rencontrant une délégation de J-Street, un lobby américain qui se décrit lui-même comme « pro-Israël et pro-paix », il leur a dit que « 3.000 fusils en provenance d’Égypte et de Russie et déposés en Jordanie avaient obtenu une autorisation préalable, mais étaient maintenant bloqués et ne pouvaient entrer dans les territoires palestiniens ». « S’ils (Israël, NDLR) m’aident à obtenir les armes, je les aiderai parce que j’encourage la sécurité, » leur a-t-il dit. Il « encourage la sécurité », de qui ? Si c’est celle des Palestiniens, pas besoin donc de lâcher les chiens Dayton pour réprimer les parents des prisonniers venus manifester pour que leurs protégés soient relâchés. Non, Abbas, ne cherche pas leur sécurité, ce qu’il ne cesse de répéter dans ses confusions (entre résistants et terroristes) c’est une « sécurité pour arrêter le terrorisme. Nous avons besoin de ces armes légales. J’ai des plaintes de l’appareil sécuritaire : « Nous manquons de fusils et de balles. »
Et cette situation des prisonniers qui fait peur à Abbas, qu’en pense-t-il ? « J’ai dit aux Israéliens : « S’il vous plaît, s’il vous plaît, s’il vous plait. Ils ont quelques exigences. Si vous ne leur répondez pas et si quelqu’un meurt aujourd’hui ou demain, ça sera très, très désastreux pour nous ».
Abbas aurait-il donc peur des Palestiniens ? Apparemment, oui ; puisqu’il se range du côté israélien (« ce sera très désastreux pour NOUS »). Encore une piètre prestation.
Chérif Abdedaïm
Publié sur La Nouvelle République
http://www.lnr-dz.com/pdf/journal/journal_du_2012-05-21/lnr.pdf
http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Cherif_Abdedaim.200512.htm