Le Bouquet entaché

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Présentation du recueil :

    C’est avec honneur de se voir demander par un auteur la présentation d’une de ses œuvres. Un honneur d’autant plus grand, que l’auteur embrassant le métier d’éducateur doublé de journaliste, avec un talent certain d’artiste peintre ne laissant pas indifférent par la qualité de son travail polyvalent.
   On lit « Le Bouquet entaché » comme on traverse la vie : une beauté sûre, des valeurs indéniables mais des points noirs, des zones sombres qui brouillent la vue et altèrent l’image finale. Le poète, s’il n’a pas raté l’essentiel, n’aura pas non plus lésiné sur les mots : réflexion sage servie par un vocable sans verbiage ni surenchère prétentieuse. Les  peintures thématiques illustrant certains poèmes habillent de leurs couleurs savantes le squelette noir des mots. Quant aux « maximes » qui clôturent le bouquet, ne sont-elles pas la rosée qui lave par ses gouttelettes précieuses la souillure du temps sur les pétales des âmes ?
   Revisités par C.Abdedaïm, les sentiers battus de la vie humaine se laissent malgré tout traverser sans lassitude. Une promenade au gré des aléas de l’existence d’un homme, d’un pays, d’une communauté aux frontières de moins en moins évidentes.

Karima Bendjeddou


 

EXTRAITS

" On a tous le droit de se tromper ; mais pas celui de tromper "

Chérif Abdedaim

Extraits :

A quand la paix ?

Dans le miroir de l’histoire se reflète le temps
D’une lumière médusée, d’une connnaissance méprisée
Et, que de défauts en vertu,
Et combien d’images, vilement tordues,
Images démentielles de folle érigées
En armes consciemment dirigées.
Enveloppées par de bouillants caprices, Lugubre logique et faux sacrifices,
Que le chagrin amasse et entasse
Dans des tombés aux feux de glace.

Légèreté mensongère abusant des lois,
Aveugle univers, manquant de foi.
Art des démons et leur sort de feu et fer,
Inspirant : crimes et malheurs
Provoquant : pleurs et douleurs,
Traînant victimes par entrechoques,
Un vil combat de glaives sans crocs.
Un «moi-maudit» qui,
Sans crainte, médit
Par des discours solennels, vilement ourdis,
Discours frivoles, douces paroles de complaisance,
Sotte ignorance d’un talent d’une blême aisance
Son obscure furie est si grande et noire,
Sa main cruelle, toujours, en quête de gloire,
D’une ambition gonflée,
De maigre fortune, importune dans sa manie,
D’une envie folle, dans son abîme, sans génie,
D’une fausse pudeur, emportée sans ses airs,
Ensevelies sournoisement dans les sales guerres.

A quand la paix ? Espèce abusée ?
Par d’impromptus chants, tant méprisés.
Par des mots, hypocritement enflammés
Et le sourire d’un égarement exhumé.

En robe de soie, dans son étroitesse, il se pavane,
De tout son poids, l’ignoble traître, danse et boucane.
Une gamme minée, pour spectateurs ligotés,
Notes surgelées, puis réchauffées
Et lâchement récitées.

Triste sort de cette pâle élégie
Qui, Sans foi, ni loi régit.
Couvant une piteuse démagogie.
Menée par d’affreux monstres, errants
Dans les déluges des terres vides.
Peuplant
Les terriers, et de crimes sanglants étant nourris.
De dogmes guerriers, pleins de poison et pièges perfides.
Et des vices voilés, d’un artifice, de mal épris.
Leur passé vanté, leur présent abusé
Et un futur, dans un esprit sans raison.

Errance idéologique ou fièvre liturgique ?
Vacillante éthique ou vadrouille historique ?
Monochromie des apparences et discours dichroïques,
Délires hérétiques ou hiatus mnésique ?
Ton pathétique, parfois même prophétique.
Des récitals pamphlétaires, ultra discrets,
Une drôle d’horreur au rabais,
Pour avoir l’heur de plaire,
Et pourtant toute sphère demeure circulaire.
Indélébiles traces
Que la comédie de l’histoire n’efface.
Quelle créativité !
Quelle funeste symphonie, détestable
Quelle grotesque cérémonie., misérable

Perfidie, orgueil, médisance et méchanceté,
Indifférence, insouciance, négligence et légèreté,
Feront naufrage dans l’océan de Vérité.
Car l’ouvrage, vanté, d’un esprit narcissique,
N’est qu’une page souillée, d’immondices diaboliques.
Quand l’être, enfin épuisé, jugera-t-il
Ses actes rebelles et téméraires ?
Quand l’être, enfin, désabusé, signera-t-il
Le pacte de la paix sur terre ?

Chérif Abdedaïm
Le bouquet entaché
(Poésie) – Éditions Geb, Constantine, 2006

 


La danse

Dans un cortège “philharmonique “
Les astres mènent la danse,
Se frayant leur voie
Parmi les feuillages des mystères.
Des roseaux marcottés
Enfantent les pèlerins de la liberté.
Les hôtes de la dignité
Hument le breuvage,
Au fond d’une coupe sans forme.
Leurs souffles transcendent
Les jougs de l’âme charnelle
Et l’emprise
De l’enveloppe corporelle
La vérité
Eclate de leurs paroles
Embaumant l’assemblée
De la noblesse.
Jardins terrestres
Ou célestes,
Peu importe,
Car l’espace
N’a plus lieu d’être.
Été ou printemps,
Le temps
Demeure absent.
Peu importe la saison. [1]

[1] Chérif Abdedaïm, Le Bouquet entaché – GEB éditions, Constantine, 2004, p.112

EN CES TEMPS-LA !

En ces temps chacun crie pour ce faire entendre.
Sous diverses formes au discours déguisé
Croyant leurrer et peut-être surprendre.
En ces temps dits
Modernes et sans répit
On fuie le présent d’un passé alourdi.
Esprits sans raison et fautes en vertu
Dans le miroir du temps une image tordue
Révélant à l’homme sa folie érigée.
Lumière dévoilée et clarté révélée
Quand l’éclat démasque les vices déguisés
Et les passions dangereuses
D’un homme follement passionné.

Et quels arguments pourraient-ils le raisonner ?
Dans l’indigne bassesse
Un félin qui, dans sa largesse, traîtresse
Ignore la sagesse.
En ces temps-là !
Chérif Abdedaïm (le 07 mai 2007)

Maximes parues dans "Le Bouquet entaché"

(Recueil de poèmes et maximes)

1/ Les propos de la raison révèlent la bonté des mots dans leur fertilité.

***

2/ Le guide de la raison se révèle dans le présent, balayant le passé d’un regard critique et avisé, projetant les pensées sur les fresques d’un futur éclairé.

***

3/ Quand le secours devient le théâtre du bon sens, dans sa générosité, se révèle, alors, la vérité.

***

4/ Noble et humble, le sage est l’initié.

***

5/ Ceux qui vivent profondément l’oeuvre d’autrui, sauront qu’ils ont compris l’homme dans l’oeuvre et l’effet de l’oeuvre dans l’homme.

***

6/ Par la mort, les hommes justes ne sont jamais effrayés; sinon, la frayeur serait insensée.

***

7/ L’expression de la douleur s’engouffre dans les pleurs.

***

8/ L’hypocrisie, image détestable, choque sans équivoque.

***

9/ Qui ne s’arme de patience, s’engouffre dans l’intolérance.

    Qui ne s’arme der science, s’engouffre dans l’ignorance.

    Sui ne s’arme de conaissance, s’engouffre dans l’insouciance.

***

10/ Prise de conscience, résistance, indifférence dépendent toutes de la constance, de l’endurance et de l’indulgence. Douce Clémence et merveilles de la Providence.

ARTICLES DE PRESSE SUR “LE BOUQUET ENTACHE”

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Le Soir d’Algérie 4 mars 2006 :

Le bouquet entaché

(Poésie) – Éditions Geb, Constantine, 2006

Une promenade au gré des aléas de la vie

Après son premier essai intitulé Aux portes de la méditation, ouvrage qui traite des sujets à caractère philosophique sous un angle polémique et poétique, sujets profondément liés à notre conscience, notre sensation et autres questions existentielles, inspirées d’une essence d’expression souvent métaphorique, notre confrère Chérif Abdedaïm récidive en publiant Le bouquet entaché, un recueil de poèmes et maximes édité chez Geb édition.

Qui est Chérif Abdedaïm ? Homme de lettres et de culture, il est d’abord éducateur-professeur de français dans un lycée, journaliste-chronique au quotidien La nouvelle république, écrivain-poète. Artiste polyvalent il est aussi artiste peintre, sculpteur sur bois, il pratique l’art plastique et la fabrication d’instruments de musique. II est enfin chanteur-compositeur de grand talent dans le genre malouf et chaâbi, maniant à merveille le luth, le violon et le mandole. Compositeur de qaçidate, ses efforts vont bientôt être couronnés par un recueil de poésie populaire melhoun.

Le bouquet entaché est un recueil composé de 38 poèmes, 60 maximes et 15 peintures thématiques illustrant certains poèmes, le tout provenant de l’inspiration, de la sensation et de la fertile imagination de l’auteur. On lit Le bouquet entaché comme on traverse la vie : une beauté sûre, des valeurs indéniables mais des points noirs, des zones sombres qui brouillent la vue et altèrent l’image finale. Revisités par C. Abdedaïm, les sentiers battus de la vie humaine se laissent malgré tout traverser sans lassitude.

Une promenade au gré des aléas de l’existence d’un homme, d’un pays, d’une communauté aux frontières de moins en moins évidentes”, lit-on dans la préface de notre consœur Karima Bendjeddou, ex-journaliste à El Watan. “On a tous le droit de se tromper mais pas celui de tromper”, averti d’emblée l’auteur qui nous gratifie d’un “il y a” retraçant les différentes facettes de la nature humaine “il y a” ceux qui vivent et ceux qui se donnent la mort, ceux qui suivent et ceux qui ne craignent le sort, les humbles convives et ceux qu’on jette dehors, ceux qui ont raison et ceux qui ont tort, il y a ceux qui cachent leurs mots, ceux qui les mâchent, ceux qui les lâchent et ceux qui les crachent.

Comme il y a ceux qui jettent leur mots, ceux qui les répètent, ceux qui les rejettent et ceux qui les projettent. En parcourant ce “bouquet” de C. Abdedaïm, le lecteur survole sans embûches et sans ambages un essai poético-philosophique, conçu sans verbosité ni verbiage, retraçant surtout les différents états d’âme et d’esprit apparus au gré des aléas du temps et de l’existence. Aussi beaux, aussi limpides et expressifs, les poèmes du Bouquet entaché le sont tous. Il t’invitent, ils t’attirent, ils te bercent et t’envoûtent au point de ne plus pouvoir se détourner jusqu’à épuisement du contenu.

Un régal, en fait, un voyage ensorcelant et fortement captivant ! D’abord par son dandysme, attendri ou grinçant, ensuite par les libertés de sa syntaxe et sa façon de déguingander le vers.

A quand la paix ? Espèce abusé ?

par d’impromptus chants, tant

méprisés

par des mots, hypocritement,

enflammés

et le sourire d’un égarement exhumé.

…/…

Perfidie, orgueil, médisance et

méchanceté,

Indifférence, insouciance, négligence

et légèreté,

Feront naufrage dans l’océan de

vérité

…/…

Quand l’être, enfin épuisé, jugera-t-il

Ses actes rebelles et téméraires ?

Quand l’être, enfin désabusé,

signera-t-il

le pacte de la paix, sur terre ?

Se demande l’auteur dans un long poème, parlant tour à tour de l’espoir, de la tristesse, de la douleur, du voyage, de la vérité, de l’innocence, de l’amitié, du rêve, de l’art… Clôturant le bouquet, des maximes d’une sagesse indéniable et indélébile viennent mettre un point final à une aventure palpitante. . Un recueil à lire et à relire ! “Un univers de vers est un hiver continuellement vert.” “Essayer de comprendre serait sagesse. Préjuger serait une dramatique délicatesse”.

A. M’haïmoud

***

Le Bouquet entaché,

un recueil de poésie de Chérif Abdedaïm

Après son retentissant essai philosophique Aux portes de la méditation (Editions Casbah, Alger, 2004) le poète, musicien et journaliste distingué, Chérif Abdedaïm, vient de réussir un autre coup d’éclat avec le Bouquet entaché, un recueil de poésie et maximes paru aux éditions GEB.

L’ouvrage de 146 pages, dont la dernière partie est réservée à une soixantaine de maximes, décline comme une envolée lyrique enrobée d’un style simple et chatoyant. L’auteur nous entraîne dans les trois quarts de son bouquin dans les fins fonds de l’homme, de la communauté, du pays pour nous dépeindre des thèmes d’actualité et qui traitent de paix, d’amour, de tolérance, d’espoir, d’amitié et d’innocence. Comme il évoque dans un langage un tant soit peu imagé des sujets ayant trait aux tourments de la vie, à la tristesse, à la tempête, à l’errance et à la douleur.

Chérif Abdedaïm habille savamment certains de ses poèmes de peintures thématiques comme pour mettre un doux bémol au squelette des mots.

La limpidité du vocable et la consonance musicale de la rime forcent le lecteur à dévorer assidûment le contenu du recueil.

La cinquantaine entamée, il séjourne dès l’âge de 20 ans, trois années en France (Bordeaux) où il perfectionne sa pratique des arts plastiques.

A la fois brillant violoniste et luthiste, il troque à partir des années 1990 le « Malouf » contre le « Châabi », un art auquel il voue une passion sacerdotale.

La présence du feu Cheickh Mahboub Stambouli à ses côtés lui permit de se lancer en plus dans la composition des qacidas.

Un recueil de poésie populaire (Melhoune) du même auteur paraîtra prochainement.

De paix, le poète a dit :

Dans le miroir de l’histoire se reflète le temps

D’une lumière médusée, d’une connaissance méprisée

Et que de défauts en vertu,

Et combien d’images, vilement tordues.

Images démentielles de folie, érigées

En armes consciemment dirigées.

Enveloppées par de bouillants caprices,

Lugubre logique et faux sacrifices,

Que le chagrin amasse et entasse

Dans des tombes aux feux de glace.

A.B.( Le jeune indépendant, du 12 mars 2006)

AUTRES PUBLICATIONS

Soutien à Guy-André Kieffer( 14 avril 2006, par Nadie):

Action coup de poing dans les studios de France 3 Aquitaine

" Il y a ceux qui vivent et ceux qui se donnent la mort, ceux qui suivent et ceux qui ne craignent le sort, les humbles convives et ceux qu’on jette dehors, ceux qui ont raison et ceux qui ont tort, il y a ceux qui cachent leurs mots, ceux qui les mâchent, ceux qui les lâchent et ceux qui les crachent. Comme il y a ceux qui jettent leur mots, ceux qui les répètent, ceux qui les rejettent et ceux qui les projettent » …………. Chérif Abdedaïm Une promenade au gré des aléas de la vie, Cet extrait de poésie est un cadeau pour la famille de Guy-André Kieffer, et ses amie-e-s qui ne l’oublient pas et aussi pour les jeunes en lutte pour que l’avenir leur soit un peu meilleur. Un mince filet de voix qui voyage depuis l’Iton juqu’à la lointaine côte ivoirienne en passant par Bordeaux et sa Gironde. Il faut souvent CRIER dans le vide et les murs ne parlent plus ni ne réfléchissent l’image d’un disparu. Les étudiants, les lycéens, les jeunes avec ou sans travail sont bien seuls dans leurs luttes, la classe adulte les délaisse, ils crient dans le désert, tout comme la famille,les enfants et les amis du Journaliste disparu. IL FAUT SAVOIR AGIR, CRIER ! SANS CELA L’HOMME N’EST PLUS VIVANT, il ne faut pas robotiser L’espèce humaine. Une toute petite cloche sonne, sonne au lointain dans la vallée, c’est pour ceux qui luttent en ce moment bien seuls et aussi pour la Mémoire de Guy André KIEFFER, ceux qui vivent sont ceux qui luttent, ceux dont le coeur est bon et le CRI de Munch a été volé, mais cela n’empêchera pas la recherche de la Vérité, les cris sont dans les visages et les coeurs, alors ESPOIR ET COURAGE

* * *

André Linck (01 janvier 2007 ) :

Croire au-delà de l’en-deçà

Chérif Abdedaïm, poète, nous explique que le franchissement du seuil est, en fait, un affranchissement. Quand et où, qu’importe, au fond, puisque l’éternité les « dissout » hors du temps des choses ayant formes, poids et mouvements. À quoi servent les repères de la Raison dans l’infini et l’éternité ? Il n’y a qu’à franchir la Porte, celle qui, de la naissance à la mort, nous fait passer de Charybde en Scylla. Cette Grâce a nom Vie . ( A.Linck )

" La porte est celle qui éternise l’accès à l’infini. Ce n’est qu’après l’affranchissement de son seuil que se célèbre la solennité des hôtes.

L’œil ne voit plus. Aveugle ? Non !Dans sa plénitude, il déplore son passé, le moment où ses yeux croyaient voir. L’infinité de faisceaux dévoile ses secrets. Le Moi n’a plus raison d’être. Absorbé par son état extatique, il n’a plus besoin de ce qu’il croyait effleurer, sentir, entendre, voir ou déguster. La chair dissipée, n’a plus d’emprise. Car, dans son dégel, le Moi s’est dissout dans l’infini.

Le “quand” et le “où” se dessèchent de leurs repères.

C’est la lumière dans son essence."[1]

Le poète nous explique que le franchissement du seuil est, en fait, un affranchissement : il suggère, par là, qu’enfin, par delà la mort, nous sommes délivrés de la vie. Plus précisément de ce « Je » dans les entrelacs duquel nous nous perdons à la poursuite d’une réalisation en deçà, alors qu’elle ne se trouve qu’au-delà du seuil fatidique. Ainsi nous serons reçus par ceux qui nous précédèrent, comme si le point de départ n’était qu’un point d’arrivée, condamnés à une immobilité froide, décevante pour certains, illuminatrice pour d’autres.

"L’œil ne voit plus. Aveugle ? Non !"

Car si nous pensions voir, donc connaître, nous demeurerions dans l’erreur, cette erreur, attachée comme une glu, à notre peau :

"Le Moi […] n’a plus besoin de ce qu’il croyait effleurer, sentir, entendre, voir ou déguster."

Que lui est-il arrivé pour qu’il abandonne ses certitudes de vivant, pour que, dans l’extase, il quitte déjà ce monde, en marche vers l’éternité de l’être ? Serait-ce que, par un coup heureux du hasard, il aurait été touché par la Grâce de la foi ? Qu’au-delà de cette porte, qu’il appelle Raison, il découvre le « quand » et le « où » pour lesquels il n’est pas besoin de preuves ? Quand et où, qu’importe, au fond, puisque l’éternité les « dissout » hors du temps des choses ayant formes, poids et mouvements.

À quoi servent les repères de la Raison dans l’infini et l’éternité ? Mais à quoi donc, en fait, est-il nécessaire de vivre si c’est pour mourir ? Simplement pour qu’il y ait une porte à franchir, un chemin à parcourir, une trace, un sillon, un peu de sa propre lumière, l’espace d’un instant, qui étendent l’infini et l’éternité. Il n’y a rien à expliquer ni à modifier. Pourquoi d’ailleurs ? Il n’y a qu’à franchir la Porte, celle qui, de la naissance à la mort, nous fait passer de Charybde en Scylla.

Cette Grâce a nom Vie.

Peut-être le monde est-il mieux perçu par les poètes que par les savants…

André Linck (01 janvier 2007 )

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[1] Chérif Abdedaïm – Aux Portes de la Méditation, Page 18 – Casbah Éditions – Alger – 2004

* * * André Linck (01 janvier 2007 ):

Création

Il laisse aller son inspiration comme s’il tenait un pinceau : les mots lui servent de couleurs. Il dessine les formes qui s’imbriquent en substituant leurs esquisses : ainsi les nuages effilochent dans le ciel leurs contours fluides. Des réminiscences orientent sa pensée en un monde de rêve, comme il sied à tout poète. Un rêve qui sous-tend notre réalité.

(André Linck) 27 janvier 2007

Création

Exquises fleurs de l’histoire,

Nourricières de nobles espoirs,

Par leur magie et leurs rites

Insolites.

Entre le coucher et l’aurore,

Des rayons aux pignons d’or.

Entre le déclin et l’apogée,

D’un ton juste effarouché.

Dans leur tumulte intérieur,

Séductions aux fines rondeurs.

Simples murmures, profonds, bleutés,

Cristal, safran, blanc velouté.

Étoiles perdues dans leur symbiose,

Aines rassurées, magie des choses.

Vifs virtuoses, poèmes ou proses.

De brocarts blancs et magnifiés,

De précieuses pierres, marbre de bonté.

Vallées, de musc et d’ambre inondées.

Dans un mystère aux limbes atroces,

Ultime oubli et vie féroce.

Torrents furieux en abondance,

Un trône en flamme, odeur d’encens.

Un foisonnement de lignes recherchées,

Un entrelacs d’œillets perchés.

Sur un bosquet de bambou fin,

Entre rubis, de folie, pleins.

Dans un jardin vert délicieux,

Vêtu d’habits forts somptueux.

Une transcendance à “l ‘enchanté”,

Dans les secrets de la clarté.

Enjolivant les hommes sages,

De clairvoyantes et profondes images.

Telle une brûlure dans sa froideur,

Par sa tendresse effleure les cœurs.

Doux sentiments dans leur candeur.

Ornés de perles ressuscitées,

Des chœurs subtils font rêvasser.

Œuvres d’un futur dans le passé.

Une gamme superbe.

Jubilation !

D’un art fécond d’innovations.

Assaut de signes et de symboles,

Dans un écrin de prouesses folles.

Soleil levant aux rayons saints,

Naufrage tendre et délices du destin.

Gracieuse place dans l’océan

D’un printemps vert, de création.

Chérif Abdedaïm, Le Bouquet entaché – GEB éditions – Constantine, 2004 – page 110

* * *

Musique

Le Soir d’Algérie, ( 10/10/2006 ) :

Une animation nocturne étoffée

Sous le haut patronage du wali de Mila, la Direction de la culture, sous la houlette de l’inépuisable Ali Taïbi, a récidivé cette année encore, en proposant au public milévien, un programme alléchant, pour meubler les soirées ramadhanesques, d’habitude moroses. Un programme musico-théâtral bien étoffé qui s’étalera jusqu’à Leïlat el qadr (27e jour). Ainsi, de la première soirée qui a débutée le mercredi 27 septembre et qui a vu l’entrée en scène de l’association andalouse locale En-Nour, dirigée par le maître du malouf, Mounir Bentiar, à la dernière qui coïncidera avec Leïlat el qadr et qui sera, elle, animée par le chanteur Zineddine Bouadbellah et sa troupe des Aïssaoua de Constantine, le public milévien a bien été gâté et le sera davantage avec, respectivement, des représentations théâtrales, œuvres de la coopérative Masrah el kaoun (Alger), Nsalou ouala mansalouche, le 30 septembre ; du TRC de Constantine Aïssa Tsunami, le 2 et 8 octobre ; du Théâtre régional de Batna, L’empereur, le 4 octobre ; du Théâtre régional de Annaba, Djaïah, Kebih oua Madjnoun, le 11 octobre et enfin, Aïla hamela du Théâtre régional de Béjaïa, le 18 octobre. Les soirées musicales, quant à elles, verront passer sur scène des têtes d’affiche bien connues du grand public dont les maîtres du chaâbi et de l’andalou, Chaou Abdelkader, Sid Ali Driss, Abdelkader Bendaâmache, Mourad Djaâfri, Abdelmadjid Meskoud, Kamel Bourdib, Ayadi Khadidja et Cherif Abdedaïm. Ces soirées seront organisées sous le thème “Les journées du chaâbi”. Le lieu du déroulement de ce programme, malheureusement, reste le point noir de cette belle initiative des responsables de la culture, car la salle Milève ne se prête nullement à ce genre d’événement. En attendant la réception de ce chef-d’œuvre qu’est la maison de la culture de Mila, qui est en voie d’achèvement, les amateurs de l’art et de la culture peuvent bien continuer à prendre leur mal en patience… pour pouvoir enfin évoluer dans un cadre meilleur.

A. M’haïmoud

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