Ferdjioua : Les Benani émerveillent le public

22082011(005) Programmée dans le cadre des festivités ramadhanesques par la wilaya de Mila, la soirée musicale, abritée  lundi soir par  la salle de la Maison de jeunes Tikoudane Mesbah, a été à la mesure de l’attente du public présent. A ce rendez-vous, l’illustre Hamdi Benani a répondu, comme à son habitude, sans ménager aucun effort, en dépit d’un public assez restreint par rapport à la capacité de la salle.

benani père et fils

Les Benani, père et fils

« La chanson andalouse doit évoluer à l’instar de l’évolution humaine », nous déclare-t-il dans une courte conversation d’avant spectacle. Dans la foulée, le cheikh déplore la sous médiatisation de ce genre musical qui risque de perdre son public. Ainsi, « l’information, toutes catégories confondues, doit contribuer à la pérennisation de notre patrimoine. », nous lance-t-il avant de monter sur scène.

En prélude, le Cheikh a donné le ton avec une partie du Bacheraf Mirze, avant de laisser libre cours à son inspiration avec notamment un répertoire varié. D’un mode à l’autre l’atmosphère s’échauffait pour s’estomper dans des acclamations presque ininterrompues.

Considéré comme l’un des novateurs dans le domaine, le cheikh a brisé les tabous pour offrir à son public une progression qui part d’un mode pour aboutir sur un autre. Cela se comprend en milieu connaisseur. Qui saurait être indifférent aux mélodies du mode Rhaoui (Sahli dans le châabi), avec notamment la fameuse valse « bellah ya hamami », et autres, pour enfin clôturer avec le mode Mezmoum (Lâayoun lahbara et lakaïtou habibi).

Cela dit, le Cheikh Hamdi, en expert averti, n’a pas omis également d’enchanter son public avec le mode Zidane. Ce mode qui, d’habitude exprime la tristesse, a retrouvé son sourire dans la voix de Hamdi avec notamment la chanson Mendjat fourgatou fi bali. Reprise parfois par une chorale très disciplinée, une instrumentation rigoureuse dans l’exécution, des arrêts, des reprises, bref, l’art d’interpréter tout simplement sans fioritures. D’où la beauté des mélodies interprétées, en dépit d’une sonorisation amoindrie par rapport à l’événement.

kamel benani

Kamel Benani

Suite à cela, le maître, fervent partisan de la formation des jeunes, passe le micro à son fils Kamel. Un jeune, à l’avenir également prometteur, que le père forge progressivement. La jeune star que le public Ferdjioui découvrira pour la première fois, a également émerveillé par une sa voix aussi limpide tant au niveau des basses que des aigües. Aisé dans son interprétation, le jeune Kamel, quant à lui, a démontré qu’il était le digne héritier de son père. Dans une errance modale habile, il a fournit un Istikhbar qui a provoqué à maintes reprises les ovations du public. En complément du répertoire de son « maître », il a brillé par quelques madih Aïssaoui, avant de s’éclipser devant le « retour du père » qui a clôturé la soirée sous des applaudissements chaleureux.

 

Enfin, si la troupe et le public ont parfaitement joué leur rôle, on ne peut passer sous silence l’absence de ceux qui sont censés accueillir la délégation. Remarque qui va dans le sens du développement de cette culture d’intercommunalité, bien sûr. Autrement dit, si la Direction de la Culture avait décentralisé ces spectacles pour faire profiter tous les citoyens de la wilaya, il n’en demeure pas moins qu’au niveau local aucun relai n’a été pris pour compléter ces efforts. Est-ce là l’objectif du développement culturel ? Cela me rappelle, enfin, un fameux adage bien de chez nous : « Organisez ma fête en mon absence ! »

Chérif Abdedaïm

(La Nouvelle République, août 2011)

PHOTO AVEC BENANI 2

Hamdi Benani et Chérif Abdedaïm

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