De nouveaux projets, de nouveaux mécanismes pour insuffler une nouvelle dynamique au secteur de l’investissement, tel demeure l’objectif actuel au niveau de la wilaya de Mila qui, en sus de sa vocation agricole et ses ressources hydriques avec notamment le barrage Beni Haroun, tient à occuper une place majeure dans le développement national.
Ainsi, de nouveaux projets présentant des opportunités d’investissement, seront concrétisés dans un proche avenir.
Création d’un port sec
De par sa situation géographique, la wilaya de Mila occupe une place économique stratégique. Limitrophe de cinq wilaya, et en particulier Jijel, avec ses opportunités économiques- zone franche de Bellara et port de Djen Djen- la wilaya de Mila a été choisie récemment pour l’implantation d’un port sec. Ce projet qui pour l’instant demeure à l’état embryonnaire, se situe au niveau de Koudiat El Gamh, aux abords de la RN5, entre Oued El Athménia et Chelghoum Laïd. Le choix du site a été motivé, d’une part, par sa situation sur un terrain rocailleux se prêtant à ce genre d’activité, et d’autre part, par sa proximité de l’autoroute Est-Ouest et de la voie ferrée (à Téleghma)
Autrement dit, il va constituer un prolongement du port de Djen Djen d’où la prise en charge de sa réalisation par l’EPDD (entreprise portuaire de Djen Djen). De ce fait, il permettra de désengorger le port de Jijel et rapprochera en même temps l’administration portuaire de ses clients au niveau des wilaya de Constantine, Mila, Batna, Oum El Bouaghi et Sétif.
Sur le plan infrastructurel, ce nouveau port sera doté de tous les services portuaires: douanes, banque, et autres infrastructures d’accompagnement. Ce qui de facto va propulser la dynamique de l’emploi, que ce soit sur le direct ou indirect, et ce, par la création de milliers de postes dans cette wilaya.
Une nouvelle zone industrielle à Boukerrana
Doté déjà d’un tissu industriel assez important au niveau de sa zone d’activité, de 210 ha et 113 opérateurs, la daïra de Chelghoum Laïd (Mila) bénéficiera prochainement d’une zone industrielle à Boukerrana. Ce nouveau site d’une superficie de 220 ha, abritera uniquement des activités industrielles différemment de la zone d’activité où se mêlent : industrie, artisanats, et autres prestations.
De ce fait, elle présentera beaucoup d’opportunités d’investissement en matière d’agro-alimentaire, d’industrie du plastique, de matériaux de constructions, etc. Dans ce dernier registre, signalons également que la wilaya de Mila renferme différents gisements en matière d’agrégats : marbre de décoration (travertin) et autre, liège, etc. Des potentialités qui, en fait, demeurent sous-exploitées.
Cela dit, ce nouveau projet, prévu déjà depuis 2006, vient de renaître avec les dernières dispositions prises par le Conseil des ministres du 22 février dernier.
A cette occasion, il était question de retenir 30 zones industrielles à l’échelle nationale ; mais finalement ce nombre a été revu à la hausse avec notamment la création 36 nouvelles zones.
Pour en revenir à celle de Boukerrana, elle sera réalisée par l’Agence Nationale d’intermédiation et de régulation foncière (ANIRF) de Constantine, et ce, conformément à la décision de la 51ème session du Conseil National de l’investissement, du 19 avril 2011, portant réalisation de nouvelles Zones Industrielles-localisation et mode de financement.
Guichet unique et fond d’investissement
Dans la perspective de cette nouvelle politique en matière d’investissement, signalons également la décentralisation des guichets uniques d’investissement (G.U.D). Ces guichets qui, vont être généralisés sur tout le territoire national, visent à faciliter les démarches aux différents investisseurs dans la mesure où ils renfermeront tous les services concernés : douanes, CNRC, impôts etc. Au niveau de la wilaya de Mila, 10 bureaux ont été affectés par la wilaya à cette nouvelle institution qui devrait entamer ses services dans un proche avenir
En outre, et afin de libérer l’initiative locale, un fond d’investissement de wilaya BADR/GRE sera également lancé prochainement. Cet organisme national financé à hauteur de 70% de capitaux BADR et de 30% de la CNEP/banque, entre avec un taux de 46% dans le capital des PME. En d’autres termes, et contrairement au financement classique, ce fond accepte de partager les risques encourus par les investisseurs.
Pour rappel, la wilaya de Mila renferme actuellement près de 6283 PME avec un total de 28063 postes d’emploi. Compte tenu de ce nombre important, et en vu d’assurer la pérennité de ces PME, un programme de mise à niveau a été lancé au mois de janvier dernier. A cet effet, les différents secteurs ont été saisis, et l’on enregistre déjà l’adhésion de certaines PME.
Dans cet ordre d’idées, Yazid Gouah, directeur de l’industrie, de la PME et de la promotion de l’investissement à Mila, souligne : « Nous devons élaborer une stratégie d’investissement au niveau de notre wilaya selon nos potentialités, rationaliser le foncier avec des études de faisabilité, et privilégier la concertation qui demeure un facteur majeur pour la réussite de tout projet ».
Chérif AbdedaïmSamedi