Chronique: Comme au temps du Ku Klux Klan

Par Chérif Abdedaïm, le 16 décembre 2014

Les violences policières qui ont coûté la vie récemment à deux jeunes membre de la communauté noire des Etats Unis (dont un enfant de douze ans) ont été à l’origine de nombreuses manifestations de protestation aux Etats Unis, et même ailleurs, ainsi que de nombreux commentaires dans la presse.

L’affaire la plus significative reste pourtant celle de Ferguson, une petite ville du Missouri qui s’est retrouvée en état de siège avec l’intervention de la Garde Nationale, c’est-à-dire de l’armée.

Ces événements sont les plus médiatisés de toute une série de violences policières qui correspondent à de nouvelles formes d’action policière apparues depuis le 11 septembre 2001 et la militarisation croissante des forces police.

C’est que la lutte contre le terrorisme se fait aussi sur le front intérieur et entre naturellement en résonance avec les lignes de fracture propres aux Etats Unis, c’est-à-dire les questions de classe et celles de race, les deux étant évidemment liées.

Tous ces aspects du problème de l’action policière sont généralement bien notés par les observateurs, même s’ils manquent le plus souvent d’insister sur cette particularité de la guerre globale contre le terrorisme qu’est l’implication de l’existence d’un ennemi intérieur. Cet ennemi intérieur qui n’est pas clairement désigné est logiquement le Musulman, le problème étant cependant que le Musulman est bien souvent une abstraction aux Etats Unis. Ce qui n’est pas le cas des Afro-Américains autour desquels persistent les tensions que l’on sait.

L’Afro-Américain est donc un des visages de l’ennemi intérieur contre lequel les forces de police se sont préparées avec l’aide de spécialistes en la matière.

Des spécialistes qui ne sont autres que les services de sécurité, police et armée, de l’entité sioniste pour qui le Palestinien est l’ennemi sans droits et par définition hors-la-loi. Les pauvres et les Afro-Américains ont en quelque sorte vocation à être traités comme des Palestiniens, sinon on ne voit pas bien en quoi l’expérience de la police et de l’armée de l’entité sioniste pourrait être d’une quelconque utilité à un pays qui traite tous ses citoyens sur un pied d’égalité.

Il est somme toute logique que cette coopération policière à tonalité coloniale se fasse avec le parrainage actif de l’Anti-Defamation League, une importante association sioniste qui, comme son équivalent français (la LICRA) est supposée lutter contre l’intolérance et la xénophobie.

Il est par contre étonnant que des initiatives privées puissent être amenées à définit des contenus de formation des forces de l’ordre et, par contre coup, des aspects de la politique sécuritaire d’une nation.

D’après un ancien capitaine de la police de Philadelphie les flics sont les mercenaires des corporations. « C’est une organisation oppressive maintenant contrôlée par 1% de l’Amérique corporatrice. Celle-ci utilise les forces de l’ordre et de police comme leurs mercenaires », a dit Lewis au cours d’une récente interview.

« Dans des temps si « divisifs », il est important pour les gens de comprendre que ceci n’est pas un problème de blancs contre noirs, mais de bleu contre tout le monde », écrit le journaliste d’enquête Jay Syrmopoulos. « Lorsqu’un ancien flic a la volonté d’aller au-delà de la « fine ligne bleue » pour tenter d’aider les gens à se réveiller à la réalité de l’état policier américain, le moins que l’on puisse faire est de l’aider à diffuser ce message très important et à partager ses mots de sagesse dans l’espoir d’éveiller toujours plus de monde. »

Cela dit, ne cachons pas le soleil avec un tamis, car, les événements, que ce soit à Ferguson ou ailleurs aux états unis, ne peuvent se comprendre que si on a connaissance de qui dirige vraiment ce pays.

On a, en apparence, le président, son gouvernement et le congrès, mais en réalité ces instances sont là pour la façade. En réalité, il y a un « gouvernement de l’ombre » qui dirige en sous mains le pays. Ces individus font partie de l’oligarchie subversive mondiale et ont pour doctrine sociale celle enseignée par Léo Strauss. Cet homme était une sorte de philosophe, mais, si l’on peut employer cette expression, un philosophe nihiliste. Bien sûr, rien à voir avec la véritable philosophie dont nous rappellerons le sens étymologique : amour (philo) de la sagesse (sophie). En ce sens on devrait plutôt le qualifier « d’anti philosophe ».

Sa doctrine était simple, voire simpliste. Pour lui, le seul mode de gouvernance dans un pays, comme dans le monde est un système oligarchique. Il considérait que seule une minorité d’individus ultra riches, banquiers, financiers et dirigeants de multinationales sont à même de diriger. Le peuple n’a rien à dire et de toute façon, le peuple c’est la masse, donc inculte et incompétente. Elle se doit d’obéir à ses « maitres » qui savent mieux qu’elle ce qui lui convient.

Si ces oligarques étaient vraiment compétents et avaient le souci du bien être du peuple,; on pourrait dire, pourquoi pas ! Mais en réalité ces individus sont animés d’une cupidité insatiable et d’une soif de domination implacable. Le peuple n’est là que pour les servir et contribuer à leur enrichissement, ou pour les distraire dans leurs jeux du pouvoir. Si cela doit entrainer de la misère dans ce qu’elle a de plus abject, des morts nombreux, aucune importance, de toute façon, ils estiment qu’il y a trop de monde sur Terre et que nourrir tout ce monde gaspille des richesses dont ils veulent l’usage exclusif.

Ceci déjà est particulièrement grave, mais dans cette doctrine de Strauss, il y a la mentalité qui veut que pour se maintenir au pouvoir, l’oligarchie doit imposer un climat de tension permanent. Il faut qu’il y ait le conflit de tous contre tous, (en économie on appelle cela « la compétitivité »), la tension permanente. Si le peuple veut se nourrir, travailler, il lui faudra lutter pour cela. De sorte que l’on va instaurer un système qui obligera les gens à dépenser une énergie folle pour obtenir un emploi qui ne sera pas garanti et qui du jour au lendemain, selon la volonté de son employeur, pourra être remis en question sans aucune explication. Bien sûr, dans les entreprises, on va favoriser la délation, la « compétition » entre tous les salariés. Plus il y a de chaos, mieux ça vaut. Aux états unis, les afro américains tout particulièrement sont visés. Mais cette doctrine pour l’oligarchie veut s’étendre au monde entier.

Certains parlent d’ordre fasciste, mais c’est pire que cela. Le fascisme est par nature intolérant et hégémonique, mais si avec son système hégémonique et intolérant il arrive à établir une sorte de paix par la terreur, il s’en contente. Mais ici, dans cette doctrine la paix, même dans la terreur, n’est pas acceptée. Il faut qu’il y ait en permanence le conflit, la violence pour la violence. Peu importe si pour cela il faut faire mourir des centaines de millions de personnes dans le monde. De toute façon, il y a trop de monde sur Terre à leur point de vue. En plus, c’est tout un jeu pour ces oligarques, entre eux. Ils prennent un grand plaisir à « jouer » avec l’humanité. Ils provoqueront une guerre ici, leurs adversaires et amis essaieront de provoquer une résistance à cette guerre en lançant le cas échéant une autre guerre ou une sorte de conflit qui viendra contrarier les adversaires qui essaieront à leur tour de riposter. C’est un peu comme un jeu d’échec, sauf que c’est l’humanité qui est en jeu.

Bien sûr, si cette humanité, ou une fraction, dans un pays, ou un pays, ose se rebeller, il sera impitoyablement châtié, s’il le faut par la mort. Ces gens ont perdu tout sens de l’humain. Et chercher à les raisonner, faire appel à leur humanité est inutile, ils ne sont plus humains et considèrent les sentiments humains comme de la faiblesse. Par ruse, ils feront semblant, si les rapports de force sont en leur défaveur, d’aller dans le sens du règlement pacifique des conflits, mais c’est juste pour détourner l’attention afin de contourner « l’obstacle » et riposter de plus belle en s’assurant, cette fois-ci, que personne ne se mettra en travers de leur route.

Et si on suppose que par miracle, comme nous l’avons déjà expliqué, un pays, voire le monde entier arrive à vivre en paix et dans la concorde et la prospérité, cela sera considéré comme intolérable dans leur délire fou, ils n’hésiteront pas à provoquer l’annihilation totale de tout ce qui vit sur Terre. Eux-mêmes disparaitront aussi, mais ça vaut mieux que ne plus pouvoir diriger le monde. C’est vraiment la doctrine négationniste par excellence. Tout est tourné vers la destruction, la souffrance, le conflit et au final, le chaos.

Si l’on veut comprendre les événements dramatiques du monde, la cause profonde des conflits un peu partout, c’est là où il  faut aller les chercher.

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