Par Chérif Abdedaïm, le 16 décembre 2014
Début décembre 2014, la majorité « de gauche » du parlement français vote la « reconnaissance » de l’Etat palestinien, par 339 voix contre 151, une décision non contraignante pour le gouvernement.
En apparence, les Palestiniens devraient jubiler dans la mesure où l’on commence à reconnaître leur « Etat ». Toutefois, les apparences sont souvent trompeuses. Selon le juif antisioniste Jacob Cohen, cette reconnaissance serait une arnaque et ce pour trois raisons : primo, les gouvernements occidentaux n’ont rien fait depuis l’invasion israélienne de 1967 alors que l’armée sioniste venait de s’emparer de ce qui restait de la Palestine et avait commencé immédiatement à « nettoyer » les environs de Jérusalem de leurs occupants arabes pour y installer les 1ers colons sionistes? Qu’ont fait ces gouvernements lorsque le régime sioniste a annexé juridiquement la partie palestinienne de Jérusalem en violation de toutes les résolutions internationales? Qu’ont fait ces gouvernements lorsque les hordes sionistes, 650 000 depuis 67, se sont répandues sur la Cisjordanie, détruisant des milliers de maisons et de villages pour s’y installer en conquérants, et réduisant à néant toute possibilité de solution pacifique à deux Etats qu’ils appellent hypocritement de leurs vœux?
Secundo, la stratégie de l’Occident, et donc de la France, colle à celle de l’Etat sioniste. Du moment qu’on n’a pas pu éliminer d’une façon ou d’une autre le nationalisme palestinien, qui gêne tout le monde et en particulier les dirigeants arabes, on allait l’apprivoiser, le corrompre, le vider de son sens. On fait semblant de négocier depuis 21 ans, mais il importe d’entretenir la comédie.
Tertio, il faut donner aux Palestiniens l’illusion d’une « victoire » symbolique pendant que de nouveaux colons juifs s’installent sur les terres volées. Par exemple faire admettre la Palestine à l’UNESCO ou lui accorder un strapontin à l’ONU. Mais le temps presse et le ton monte. Alors l’Europe, pour se dédouaner, pour faire durer la pièce, pour se donner des airs, et surtout pour donner encore un peu de temps à son allié sioniste de terminer le travail, c’est-à-dire avaler la Cisjordanie, a inventé un nouveau jeu, une manière de renvoyer aux calendes la création d’un vrai Etat palestinien. « Pour les socialistes, ça permet de soigner leur image auprès de la population musulmane. Une illustration ? Quand on reconnaît un Etat, la moindre des choses est d’y établir une ambassade. Or aucun pays qui a reconnu l’Etat de Palestine n’a osé franchir ce pas et subir les foudres de l’Etat sioniste. Mais alors, me direz-vous, pourquoi cette mobilisation hystérique d’Israël et du lobby judéo-sioniste contre la « reconnaissance » ? Ça fait partie de la comédie… », souligne Cohen.
En effet, quand on sait les stratégies sionistes qui ont de tout temps dupé l’opinion on ne peut qu’admettre ce point de vue.
La propagande et la manipulation sionistes ont de tut temps occupé une place toute particulière dans l’univers de la désinformation politico-médiatique. Leur mode de fonctionnement s’apparente un peu à celui d’une fusée à trois niveaux :
En premier lieu, la judéomanie ou accoutumance au « fait juif ». Ce qu’il est convenu d’appeler « la communauté juive » ne représente numériquement qu’une infime partie de la population des pays occidentaux : 2 % aux Etats-Unis, 1 % en France et au Canada, 0,5 % en Grande-Bretagne, 0,2 % en Allemagne, 0,1 % en Italie. Et encore, il est probable que ces chiffres – qui émanent des chefs autoproclamés de la communauté – ont été gonflés et exagérés à dessein. On peut donc proclamer ce qu’on voudra sans risque d’être contredit, si ce n’est par les « antisémites ».
Pourtant, en dépit de la place quantitativement marginale de la dite communauté, les médias ne désemplissent pas d’articles, d’enquêtes, d’interviews, de reportages, de documentaires, de contributions, de « débats », d’émissions régulières ou spéciales, de séries et de films consacrés au « fait juif » : traditions, coutumes, usages, folklore, fêtes, célébrations, souvenir, histoire et légendes (en l’occurrence, c’est la même chose). Le tout étant présenté – cela va de soi – sous un angle exclusivement positif, une autre approche étant par définition « antisémite ».
En second lieu, la sensibilisation à la souffrance juive. Qui dit souffrance, dit douleur, misère, chagrin, deuil, déchirement, cruauté, violence, torture, injustice, harcèlement, persécution, expropriation, expulsion, épuration ethnique. Là aussi, si dans un contexte donné, on nous montre des Juifs et des non-Juifs, des victimes et des bourreaux, il est évident que les Juifs seront toujours les victimes et les goyim les bourreaux. Imaginez un instant que la traite des Noirs ou la Nakba palestinienne accaparent ainsi l’attention des médias… (Si vous ignorez ce qu’est la Nakba, cela prouve que l’appareil de propagande sioniste fonctionne de manière efficace.)
Enfin, le culte de l’Holocauste. Inventé en 1978 (33 ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale) pour cacher le fait que les nazis et leurs complices tuèrent cinq fois plus de non-Juifs que de Juifs (30 millions contre 6 millions), le mot « Holocauste est devenu l’arme suprême dans l’arsenal de la propagande sioniste. Il transfigure la souffrance juive, l’idéalise, la sanctifie (holocauste = sacrifice par le feu), la rend unique, la protège de la concurrence, la met à l’abri de la recherche historique, du doute, de la critique. Il cimente le pouvoir culturel, médiatique, politique et judiciaire de ses créateurs. Il leur garantit la plus totale impunité – quelle que soit la gravité des crimes racistes qu’eux-mêmes commettent contre d’autres. Plus encore, il a pour effet de rendre ces crimes inexistants par définition.
Si les Noirs, les Palestiniens et les Amérindiens ne monopolisent pas l’attention des médias, c’est peut-être tout simplement parce que ces médias ne sont pas sous leur contrôle – pas plus que les centres de décision politiques, économiques et financiers du monde globalisé.
Ainsi, plus le mensonge est gros, mieux il passe.