Chronique: Embourbement politique

Par Chérif Abdedaïm, le 6 septembre 2014

La philosophie empruntée par les dirigeants occidentaux au nom de la lutte contre le terrorisme ou la soi-disant instauration de la démocratie dans le monde, n’est autre qu’une pure farce dont les desseins sournois ne cessent de se dévoiler au grand jour.

Ce qui se passe dans le monde arabe, en Ukraine, en Afghanistan n’est que le parfait exemple de cette politique prédatrice dont les plus grands bénéficiaires sont les multinationales et les barons de la finance mondiale qui, dans les coulisses orientent les décisions politiques.

Cela dit, le Tsunami provoqué par les « révolutions arabes », a donné lieu à de nouvelles mutations dans le monde arabe. Les islamistes radicaux, canalisés et encouragés en catimini par les Occidentaux, demeurent les chevaux de batailles pour mieux asseoir ce » désordre » au nom duquel on prétend instaurer un Nouvel Ordre Mondial.

Au grand désarroi des populations arabes qui croyaient « jouer » à la révolution, l’heure du désenchantement a mis un terme aux rêves vendus  à la criée par les médias Occidentaux à l’opinion arabe.

« Qui dit mieux ? ». Et pourtant, les conséquences de cette déstabilisation n’ont provoqué qu’une situation anarchique  et la montée en puissance de l’Etat islamique (EIIL) qui a proclamé le califat couvrant l’Irak et la Syrie. Dans ces deux cas, les Occidentaux en général, et les Américains en particulier, portent une lourde responsabilité dans le déclenchement de ces crises Pour les Etats-Unis, les échecs sont patents : l’Irak et la Syrie sont à feu et à sang, l’Afghanistan tombera dans l’anarchie après leur départ à la fin de l’année et ils sont obligés de retirer leurs personnels de Libye (l’ONU aussi). Parallèlement, le problème de Ghaza redouble d’intensité, l’Egypte et la Tunisie courent à leur ruine économique, l’Ukraine est déstabilisée pour une longue période, etc. 

L’idéologie « droit de l’hommiste » à la mode est considérée comme porteuse car sa philosophie est simple : elle partage le monde entre deux camps, celui du bien (les démocraties) et celui du mal (tous les autres Etats).

Depuis le déclenchement de la « Guerre contre le terrorisme » suite aux attentats du 11 septembre 2001, Washingtonen a fait son credo. Les Etats-Unis, où le phénomène religieux est intimement lié à la politique, se sont donnés pour « mission » quasi divine de porter la bonne parole de par le monde de manière à en chasser les « méchants dictateurs », peu recommandables, mais pas moins que certains despotes moyen-orientaux considérés comme leurs « alliés » – pour imposer la « démocratie ».

Sur un autre plan, ces Occidentaux « réformateurs » se trouvent aujourd’hui face un dilemme.

Eux qui ont entretenu des  relations discrètes, mais bien vivantes, avec les différents mouvements djihadistes, comme avec d’autres mouvements d’émancipation, semblent aujourd’hui embourbés dans une politique à base de contradiction, dans la mesure où ce seront ces mêmes terroristes, soutenus ici et combattus là, qui deviendront leur spectre de demain.

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