Le Conseil de Presse du Québec manque de courage Lettre ouverte au CPQ

Par Serge Charbonneau, le 4 février dernier (2014),

une plainte contre la Société Radio-Canada était déposée au Conseil de Presse du Québec.

Le 28 février dernier,

le Conseil de Presse du Québec nous avisait de l’irrecevabilité de notre plainte.

Voici la réponse au Conseil de Presse du Québec

suite à son avis d’irrecevabilité.

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Pour bien comprendre la plainte ainsi que cette réponse, il est important et même essentiel de lire la principale pièce à conviction soit le Rapport s’intitulant:

« A Report into the credibility of certain evidence with regard to Torture and Execution of Persons Incarcerated by the current Syrian regime »

Un rapport de 31 pages en anglais, facile et rapide à lire (plusieurs pages sans beaucoup de texte et comportant quelques photos).

Le rapport est disponible ici:

http://static.guim.co.uk/ni/1390226674736/syria-report-execution-tort.pdf

Une analyse complète en français est disponible ici:

http://tinyurl.com/krjhjpd

Il est aussi essentiel de voir la présentation de ce rapport qu’a faite la Société Radio-Canada.

au bulletin de nouvelles télé (à 13 m. 30 sec.du début)

http://www.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/6985508

Ainsi que sur internet:

« Des preuves de torture et d’exécutions de masse de détenus en Syrie »

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2014/01/20/007-syrie-rapport-torture-meurtres.shtml

« Les protagonistes du conflit syrien pourraient être traduits devant la CPI »

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2014/01/24/012-syrie-onu-cour-penale-internationale.shtml

L’avis d’irrecevabilité du CPQ est disponible au bas en téléchargement (fichier pdf).

Le texte de la plainte est en Post Scriptum de la réponse qui suit:

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Le Conseil de Presse du Québec manque de courage.

Lettre ouverte au CPQ.

Au Conseil de Presse du Québec

À son Secrétaire général, M. Guy Amyot

C’est avec désolation que je prends connaissance de votre avis d’irrecevabilité concernant la plainte faite contre Radio-Canada. Nous constatons un manque de courage du CPQ pour dénoncer cette présentation contraire à la plus élémentaire des déontologies journalistiques.

Vous avez écarté délibérément les deux faits qui vous ont été clairement exposés.

Soit

1- Le rapport [1]

2- La présentation de ce rapport [2] comme étant la révélation de preuves irréfutables [3] contre le gouvernement syrien de Bachar al-Assad.

Il ne s’agit pas d’allégations, ni de présomptions, il s’agit de faits tangibles, irréfutables et indéniables.

Malgré que ce rapport ne comporte absolument aucune preuve contre le gouvernement Assad, la Société Radio-Canada l’a présenté comme tel.

Radio-Canada, à l’instar de tous les médias occidentaux de masse, a présenté ce rapport avec une émotion bien sentie de dégoût comme si celui-ci présentait des preuves irréfutables de l’implication du gouvernement Assad dans l’assassinat de 12 000 détenus.

Et pourtant, le rapport ne présente pas la moindre preuve.

Le Conseil de Presse du Québec, au lieu de s’attarder au rapport frauduleux ainsi qu’au travail journalistique absent, préfère mettre en doute ma crédibilité.

Vous dites, M. Amyot que « Selon moi», il n’y a aucune preuve dans ledit rapport démontrant la culpabilité du gouvernement syrien.

Ce n’est pas «selon moi», Monsieur, il n’y a effectivement aucune preuve contre le gouvernement Assad dans ce rapport.

Peut-on dire que « selon moi », la neige est blanche ou que «selon moi» lorsque le mercure descend sous 0°C l’eau se transforme en glace ou encore que «selon moi», il n’y a « aucune preuve » dans ledit rapport ?  Ce n’est pas «selon moi», Monsieur. Il n’y a bel et bien aucune preuve dans ce rapport contre le gouvernement Assad, c’est un fait tout comme la neige est blanche et que l’eau gèle sous les 0°C.

L’absence de preuve contre le gouvernement Assad est un fait indéniable et tout aussi irréfutable que la neige est blanche ou que l’eau se transforme en glace sous 0°C.

Si ce rapport recèle la moindre preuve contre le gouvernement syrien, je vous prie de bien vouloir nous préciser la page et l’endroit.

Ce rapport dit se baser sur 55 000 photos incriminantes. Cependant absolument aucune photo ne démontre la moindre preuve concernant l’implication du gouvernement syrien dans ces cas de torture et d’assassinat.

Si «selon le Conseil de Presse du Québec» et «selon vous», M. Amyot, il y a une preuve «dans ce rapport», veuillez nous la noter clairement.

De plus, vous sous-entendez que je ne considère pas que ce rapport soit d’un intérêt public. Mais Monsieur, c’est tout le contraire.

Dans mon document de présentation, je dis:

«Il est impératif que tous les citoyens prennent connaissance de ce rapport.

Monsieur, il est trop facile de dire que «Le simple fait qu’un média rapporte les conclusions d’un rapport n’implique pas qu’il en partage les conclusions.»

Vous insinuez donc que les journalistes sont en droit de répéter un flagrant mensonge et que nous ne pouvons les accuser de véhiculer des faussetés parce que diffuser un mensonge n’indiquerait pas qu’il le partage !

C’est un peu trop simple, Monsieur.

Ce rapport dit qu’il se base sur 55 000 photos démontrant la culpabilité du gouvernement Assad dans la torture et l’assassinat de 12 000 prisonniers.

55 000 photos, ce n’est pas rien. Notez-nous une seule de ces photos dans ce rapport démontrant une preuve. Il n’y en a aucune, Monsieur. Qu’on n’ait pas réussi à mettre la moindre photo incriminant le gouvernement Assad démontre qu’il s’agit en fait de 55 000 mensonges.

Vous dites que le rapport a été rédigé par «des personnes crédibles» !

Colin Powell [4] et toute l’administration Bush [5] étaient-ils des personnes « crédibles » lorsqu’ils nous mentaient au sujet des armes de destruction massive d’Irak ?

Ceux qui ont découvert et amené devant le Congrès américain la jeune fille disant être une infirmière [6] ayant vu des soldats irakiens jeter au sol des nourrissons sortis de leur couveuse étaient-ils des gens crédibles [7] ?

Vous nous dites que les journalistes doivent avoir une confiance AVEUGLE lorsqu’il s’agit de gens considérés comme étant « crédibles » !

Si quelqu’un de « crédible » dit à un journaliste qu’il buvait son verre d’eau bien liquide après que celui-ci eut reposé pendant des heures dans une pièce où la température était sous les 0°C, nous devons diffuser son exploit sans le remettre en question, sans étudier à fond les faits ?

Est-ce que la nouvelle déontologie journalistique consiste à répéter ce que disent les gens considérés comme étant « crédibles » sans analyser et confronter leurs dires aux faits, à la réalité et à la simple logique ? Le journaliste est-il devenu un perroquet sans cerveau pouvant répéter n’importe qu’elle absurdité ?

L’attitude du CPQ est inacceptable.

Le CPQ s’associe à ces 55 000 mensonges véhiculés dans ce rapport.

Si une seule de ces photos avait clairement démontré la culpabilité du gouvernement syrien, elle aurait été mise dans le rapport.

Aucune photo de ces gens torturés ne démontre qui est le coupable de ces tortures.

Cesdites preuves sont du même type que le mensonge des armes de destruction massive de Saddam [8] et du même type que ces nourrissons jetés sur le sol par les soldats irakiens [9]; ce sont des mensonges.

Radio-Canada, à l’instar des autres grands médias occidentaux, a délibérément diffusé de la propagande visant à faire condamner dans l’opinion publique le gouvernement syrien.

Le Conseil de Presse du Québec en refusant d’étudier les faits irréfutables, s’associe donc à ce mouvement de propagande.

Cette attitude est incompréhensible et nous sommes en droit de nous demander vos motivations.

Salutations,

Serge Charbonneau

Québec

P.S.: Plainte envoyée au Conseil de Presse du Québec le 4 février 2014

Au Conseil de Presse du Québec,

Bonjour,

Je désire porter à votre attention la diffusion de propagande par la Société Radio-Canada.

Radio-Canada a failli à sa tâche de bien informer les citoyens canadiens.

J’estime que le droit du public à une information véritable a été lésé ce qui a pu faire en sorte d’orienter le jugement populaire vers une avenue bien spécifique.

En d’autres mots, j’estime que Radio-Canada n’a pas informé son public, mais l’a volontairement induit en erreur pour bien orienter son jugement. J’estime que Radio-Canada s’est livrée à de la propagande et a omis de transmettre une information claire, journalistique et intelligente à son auditoire.

Je porte plainte contre Radio-Canada pour propagande flagrante.

Lors de la présentation d’un rapport de dits « experts », des inexactitudes flagrantes ont été émises. Entre autres, ce rapport fut présenté comme livrant des preuves de l’implication du gouvernement syrien dans des cas de torture et d’assassinats de prisonniers. Absolument aucune «preuve» dans ce sens n’est livrée par ledit rapport.

Radio-Canada, par son attitude, a aussi clairement démontré son manque de neutralité concernant le dossier syrien. Radio-Canada condamne clairement le gouvernement Assad et ferme les yeux sur les nombreux attentats et nombreuses atrocités commis par ces rebelles qui terrorisent depuis trois ans la population syrienne. L’information qui nous est transmise n’est pas du tout impartiale. La présentation de ce rapport le démontre clairement «une fois de plus».

La population canadienne a droit à une information «complète» et «neutre» pour bien évaluer la situation.

Que d’autres organismes de presse importants aient fait le même délit ne justifie en rien le comportement inadmissible des professionnels de l’information de la Société Radio-Canada. Le document joint décrit clairement la situation concernant les autres médias.

Après avoir soumis ma plainte à l’Ombudsman de Radio-Canada sans résultat valable, je resoumets donc ma plainte au Conseil de Presse du Québec.

J’offre à ce Conseil, ce tribunal d’Honneur, suffisamment d’éléments pour nous prouver que la déontologie journalistique a encore un sens, et ce, particulièrement en ce qui a trait aux dossiers internationaux.

Depuis quelques années la guerre prévaut dans plusieurs Pays et des gens voient leur Pays et leur vie saccagée à jamais. De plus en plus, le Canada participe activement à ces guerres. Notre gouvernement dépense des fortunes en matériels militaires pour aller tuer à l’étranger. Radio-Canada semble avoir reçu pour mission d’aiguiller le jugement des Canadiens pour que ceux-ci ne contestent pas ces choix très contestables et inhumains. Nos casques bleus canadiens se sont transformés en soldats belliqueux ayant pour mission non plus de préserver la Paix, mais bien de tuer. Les Canadiens ne réagissent pas, et pour cause, ils sont de plus en plus mal informés.

Une mauvaise information, une information partiale et idéologiquement orientée, rend la démocratie caduque. La démocratie a un besoin vital d’une saine information.

Je demande donc au Conseil de Presse du Québec de bien juger la plainte pour en arriver à un verdict moral sérieux afin d’épauler les journalistes sûrement honnêtes, mais obligés, par nous ne savons quoi, à piétiner ainsi leur éthique journalistique la plus élémentaire.

Le détail de ma plainte est contenu dans le dossier joint (fichier word «Radio Canada plainte propagande au cpq.doc »)

Merci,

Serge Charbonneau

Québec

veliserdi@hotmail.com

N.B. : Tous les fichiers courriels de communication avec l’Ombudsman de RC ainsi que ses réponses et celle du directeur de l’information de la SRC, M. Pierre Champoux sont disponible en téléchargement ici:

http://www.legrandsoir.info/radio-canada-delit-de-propagande.html

aussi ici:

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/radio-canada-delit-de-propagande-147313

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[1] Le rapport

http://static.guim.co.uk/ni/1390226674736/syria-report-execution-tort.pdf

[2] Le bulletin de nouvelles (à 13 m. 30 sec.du début)

http://www.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/6985508

[3] « Des preuves de torture et d’exécutions de masse de détenus en Syrie »

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2014/01/20/007-syrie-rapport-torture-meurtres.shtml

« Les protagonistes du conflit syrien pourraient être traduits devant la CPI »

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/International/2014/01/24/012-syrie-onu-cour-penale-internationale.shtml

[4] Les éprouvettes de Collin Powell à l’ONU

http://reflets.info/on-aimerait-tant-pouvoir-croire-les-democraties/

[5] L’administration Bush a menti 935 fois

http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/173203/935-fois

[6] Témoignage devant le Congrès américain

http://www.youtube.com/watch?v=LmfVs3WaE9Y

[7] Affaire des couveuses au Koweït

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_couveuses_au_Kowe%C3%AFt

[8] L’incroyable histoire du mensonge qui a permis la guerre en Irak

http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20130308.OBS1260/l-incroyable-histoire-du-mensonge-qui-a-permis-la-guerre-en-irak.html

[9] Affaire des couveuses au Koweït – guerre du Golf 1990

http://www.youtube.com/watch?v=ZbnyAIjh0aE

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