Par Chérif Abdedaïm, le 11 février 2014
Trop d’événements importants ont marqué ce mois de janvier 2014. Du Caire à Damas, en passant par Beyrouth, ce sont toujours les éternels commanditaires qui ont brillé, encore une fois, par leurs coups fourrés alors que les masses arabes persistent dans leur attente du père Noël.
Egypte : début janvier, le « procès » du président Morsi reprend après une « pause » de deux mois, mais la junte ordonne aussitôt un nouvel ajournement jusqu’au 1er février, « pour cause d’intempéries ». Il est vrai que le « réchauffement climatique » donne du fil à retordre aux Egyptiens.
D’un autre côté, le fait qu’un « procès » illégal contre le chef de l’Etat se déroule en même temps que la farce du « référendum constitutionnel » prévu pour les 14 et 15 janvier, n’a rien de très idéal et pourrait gêner les opérations de fraude. D’autant que les manifestations contre la dictature n’ont jamais cessé – malgré les intempéries. Rien que le vendredi 3 janvier, au moins 19 protestataires ont été tués.
Le 16 janvier, sans surprise, le référendum constitutionnel a été une « victoire éclatante » pour le régime. La campagne pour le « non » étant interdite et les opposants, considérés comme des « terroristes », arrêtés par centaines ou tués (onze morts les 14 et 15 janvier), c’est le contraire qui aurait été étonnant.
Quant à la presse fait état de 98 % de « oui » mais ne mentionne pas le taux de participation. Ainsi, la nouvelle constitution, rédigée par une commission d’où les partis religieux étaient exclus, renforce le pouvoir de l’armée et soumet les civils aux tribunaux militaires. C’était déjà une pratique courante ; elle se trouve à présent officialisée. Comme le signale un article d’Alex Lantier (wsws), la participation a été très basse, pas plus de 28 %. Les putschistes ont reçu l’appui de l’ancien dictateur Moubarak qui, depuis son lit d’hôpital, a appelé à voter « oui » : commentaire superflu… Prochaine étape : « élection » d’Al-Sissi à la présidence.
Le lendemain, le journal Al-Ahram (Les Pyramides), favorable à la junte comme tous les médias égyptiens, publie ce qu’il est convenu d’appeler les résultats complets du référendum. Selon ce canard, sur 52,7 millions d’électeurs inscrits, 20,3 millions seraient allés voter, soit 38,5 %. Sur ces 20,3 millions, 19,54 millions auraient dit « oui » à la constitution, soit 97.7 %. A l’exception du nombre d’inscrits qui semble réaliste, tous ces chiffres sentent la fraude à plein nez. D’autant plus qu’aucun partisan du « non » n’était toléré dans les bureaux de vote où les faussaires avaient les mains libres. Sous Morsi, par contre, tous les partis étaient admis.
Si l’on considère que l’ensemble des 33 (ou 34) millions de pro-Sissi soi-disant mobilisés en juin-juillet ont approuvé la nouvelle constitution (ce qui était vraiment la moindre des choses), on aboutit à un pourcentage de 162,5 % (ou 167,5 %) des suffrages exprimés. Voilà qui a quand même plus de panache que les 95 ou 98 ou 100 % dont il était question la veille.
Bien sûr, les sommets suggérés par la fameuse courbe de popularité du Pinochet égyptien n’ont pas tout à fait été atteints, et c’est bien dommage. Mais on se rattrapera certainement à la prochaine occasion…
Cela dit, le 24 janvier 2014, la scène égyptienne est secouée par une série de quatre attentats terroristes au Caire, contre le siège de la « Sécurité », un poste de police, la gare centrale et un cinéma. Il y a une dizaine de morts et 70 blessés. Comme d’habitude, la junte accuse les Frères musulmans… qui démentent formellement et condamnent.
Pour le troisième anniversaire de la « révolution » anti-Moubarak, la Confrérie annonce des manifestations pacifiques – bien entendu interdites par la dictature. Deux manifestants ont déjà été tués en province.
Le lendemain,, tandis que la place Tahrir reste réservée aux « 98 % » de claqueurs recrutés par la junte, des manifestations contre le régime ont lieu un peu partout dans le pays. On compte une cinquantaine de morts, Frères musulmans et autres opposants, y compris des partisans du Mouvement du 6 avril. Ce mouvement fondé par les services américains avait pourtant soutenu le putsch d’Al-Sissi. Les marionnettes du « printemps arabe » ne sont plus ce qu’elles étaient, ou alors on a oublié leur petit bakchich…
Le 26 janvier, avec un certain retard, le portail juif francophone, JForum.fr, nous apprend que c’est le Juif israélo-américain Noah Feldman qui était à l’origine de la constitution des Frères musulmans, adoptée par référendum en décembre 2012, mais soi-disant horriblement islamiste et nécessitant un putsch militaire six mois plus tard.
Comme le précise le site en question, Feldman est également le « père spirituel » du projet de constitution tunisienne de 2014. Il a rempli la même « mission » en Afghanistan et en Irak, deux pays envahis, occupés et ravagés par sa seconde patrie pour le compte de la première.
Peut-être nous révélera-t-on dans quelques années que Feldman a aussi rédigé la constitu-sion des putschistes égyptiens…
Mais comme l’actualité évolue, le ridicule ne tue pas. Eh oui, le général Al-Sissi a été promu maréchal (ou plutôt : il s’est promu lui-même). Les enfants des écoles apprennent déjà le nouvel hymne : « Al Sissi sauveur de l’Egypte… » On va bientôt leur distribuer des chocolats à l’effigie du nouveau maître…
L’état-major militaire (qui dépend d’Al-Sissi) conjure le Maréchal de « céder à la demande du peuple » (98 %) et d’être candidat à la présidentielle.
Le bruit court que l’homme fort du Caire, qui est âgé de 59 ans et n’a plus beaucoup de temps à perdre, va bientôt se faire construire une pyramide ; elle dépassera en taille et en splendeur tout ce que l’Egypte a connu jusqu’ici.
Le 28 janvier, c’est l’ouverture d’un deuxième « procès » Morsi, pour évasion (en janvier 2011) de la prison de Wadi Natroun où l’avait jeté le dictateur Moubarak. Pour éviter toute « mauvaise surprise » et empêcher que les personnes présentes dans la salle n’entendent les déclarations gênantes du président, on l’a enfermé dans une cage de verre insonorisée. Les autres dirigeants de la Confrérie, également « jugés », se trouvent dans une cage de verre séparée.
Le premier « procès », ouvert le 4 novembre 2013, a pour objet la mort de manifestants en décembre 2012. Un troisième, dont la date a été fixée au 16 février, doit avoir lieu pour « espionnage au profit du Hamas », et un quatrième (date inconnue) pour « insultes à magistrats ».
On voit que la junte criminelle et les juges de l’ancien régime qui lui servent de paravent, s’acharnent contre le premier et dernier président égyptien démocratiquement élu.
Toujours le 28 janvier, au Caire, un inconnu circulant à moto tue un général qui dirigeait le service technique du ministère de l’Intérieur. Inutile de préciser que les Frères musulmans sont aussitôt accusés.
Pendant ce temps dans une contrée, pas lointaine du fief des pharaons, en l’occurrence, le Liban, le Directeur du Centre New Orient News (Liban), Ghaleb Kandil nous dévoile les dessous des attentats du 27 décembre 2013. Dans un article daté du 2 janvier, intitulé « le 14-Mars veut réaliser les objectifs des assassins de Mohammad Chatah », le journaliste explique que « L’assassinat s’inscrit dans le cadre d’une série de tentatives visant à provoquer la discorde interne et un embrasement général de la situation au Liban, à travers les rounds d’affrontements à Tripoli, les attaques suicides et explosions de voitures piégées itinérantes et les assassinats. Ces activités criminelles et terroristes sont l’œuvre des groupes takfiristes et le fruit d’efforts combinés israélo-saoudiens, destinés à pousser le Liban dans un immense incendie. La première conséquence de l’assassinat est l’exacerbation des tensions sectaires dans le pays, plus particulièrement à Tripoli, la ville natale du défunt. Toutes les tentatives précédentes de faire monter la tension, par le biais des attentats et des autres crimes, dans la banlieue sud de Beyrouth et à Tripoli, n’avaient pas conduit au point de rupture(…) le 14-Mars a rapidement saisi les objectifs politiques de l’assassinat, qui vise, avant tout, à creuser le fossé politique dans le pays. Cette coalition s’est donc empressée de torpiller toute tentative de former un gouvernement d’union nationale, seul capable de jouer le rôle de soupape de sécurité, et a misé sur l’exploitation politique du sang de Mohammad Chatah pour pousser à la confrontation dans un pays sans gouvernement, au seuil d’une élection présidentielle qui s’annonce difficile. En agissant ainsi, le 14-Mars ne fait qu’exécuter les ordres de son parrain régional, l’Arabie saoudite, qui a saboté, ces huit derniers mois, tous les efforts pour la formation d’un nouveau gouvernement. Le 14-Mars a haussé la barre de ses conditions en exigeant non seulement un gouvernement sans le Hezbollah, un des principaux acteurs politiques et populaires du pays, mais en réclamant que les portefeuilles de sécurité lui soient confiés… »
Le pourrissement dû au virus inoculé par Riad au Proche et Moyen-Orient ne serait donc qu’un secret de polichinelle. D’ailleurs, comme le souligne ce journaliste, « La décision saoudienne de pousser la situation vers l’explosion est claire dans le ton des communiqués de Saad Hariri et du 14-Mars. La question qui se pose est celle de savoir quelles seront les prochaines mesures d’escalade que va prendre le 14-Mars, après avoir placé le Liban au bord du gouffre. »
Toujours le 2 janvier, nouvel attentat terroriste à Beyrouth, dans une rue commerçante de Haret Hreik, dans la banlieue sud chiite. Il y a au moins quatre morts et une soixantaine de blessés. Saad ou plutôt « Saoud « Hariri justifie implicitement l’attentat (et bien évidemment les prochains) en déclarant que la cause en est l’engagement du Hezbollah en Syrie.
Après l’accusation de la Syrie dans l’assassinat de Rafic Hariri voilà donc la trouvaille d’un nouveau bouc-émissaire à abattre : le Hezbollah.
Et puisqu’on parle de Rafic Hariri, le 16 janvier, à la Haye, c’est l’ouverture de la première séance publique du Tribunal Spécial pour le Liban (TSL). Le « TSL » (en réalité « tribunal » sioniste contre le Liban) a été créé par les assassins américano-israéliens de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Il fonctionne avec la complicité du fils de la victime, le Saoudien Saad Hariri, et a pour but de faire condamner le Hezbollah et/ou la Syrie de Bachar Al-Assad. Comme le souligne le journaliste Eric Follah (Comité Valmy) dans un article paru dans le journal allemand Der Spiegel, « la majorité des libanais pensent que les Israéliens sont à blâmer dans l’assassinat de Rafic Hariri. Dans ce contexte, ajoute également le journaliste Ghaleb Kandil, dans un artcile intitulé TSL : fiasco juridique, accusation politique : « Le TSL a ressassé lors des audiences d’ouverture du procès son accusation politique, enveloppée d’explications techniques sur l’unique échafaudage de cette affaire : la présumée preuve circonstancielle des liaisons téléphoniques, supposée être le résultat de neuf ans d’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, et qui a coûté, jusqu’à présent, un quart de milliard de dollars(…) le plus grave sont les révélations du quotidien israélien Yediot Aharonot sur l’origine de toutes ces informations techniques. Selon le journal, elles ont été remises aux enquêteurs internationaux par les services de renseignements israéliens, c’est-à-dire par la partie qui a le plus intérêt à faire accuser des membres du Hezbollah d’être responsables de l’assassinat de Hariri… »
Dans cette atmosphère, la vague des attentats semble bien lancée puisque le 21 janvier, un autre attentat terroriste a eu lieu à Haret Hreik, dans la banlieue sud chiite de Beyrouth, à quelques mètres de l’endroit où avait eu lieu l’attaque du 2 janvier. Bilan provisoire : cinq morts.
A qui profite ce nouveau crime ? La réponse nous est donnée par le journaliste Scarlett Haddad (L’Orient Le jour) dans un article intitulé « Les objectifs de Daech au Liban ». Pour rappel, Daech est le nom arabe de l’organisation terroriste EIIL – Emirat islamique d’Irak et du Levant, de création saoudo-qatarie.
« L’extension, en cours de week-end, du bombardement des localités de la Békaa a montré que la situation à la frontière entre la Syrie et le Liban est en train de passer à une nouvelle phase, encore plus complexe que la précédente. Des sources militaires autorisées précisent que les villages qui ont été bombardés au cours du week-end étaient Boueida (dont les habitants sont chiites), Kasr (dont les habitants sont chiites), Laboué (dont les habitants sont chiites), Ersal (dont les habitants sont sunnites), Ras-Baalbek (dont les habitants sont chrétiens) et Fakiha (dont les habitants sont mélangés). Ce qui signifie, d’une part, qu’aucune communauté n’a été épargnée et, d’autre part, que ceux qui ont lancé les obus veulent en réalité créer une discorde confessionnelle entre les différentes composantes de la société libanaise, et de la population de la Békaa en particulier(…) d’autant que, selon le film des développements, les incidents ont commencé par l’explosion d’une voiture piégée en plein centre du chef-lieu de Hermel, suivie le lendemain d’un bombardement intensif de Ersal, qui a fait plusieurs morts. On voulait ainsi faire croire aux habitants sunnites que les chiites voulaient se venger de l’explosion de la veille. Le surlendemain, ce fut au tour des villages chrétiens et mixtes d’être pris pour cible pour que la discorde soit généralisée. Les mêmes sources militaires affirment catégoriquement que les bombardements proviennent de la région située au nord-est de Ersal et qui forme un jurd (région montagneuse) que se partagent le Liban et la Syrie. Même si certaines parties à Ersal, selon des sources, ont tenté de manipuler les débris des obus pour faire croire qu’ils avaient une autre origine, la preuve irréfutable a été faite au sujet de leur provenance. Or, le jurd de Ersal, qui s’étend jusque dans le territoire syrien et englobe les localités de Yabroud et de Douma dans le Qalamoun et le rif de Damas, est un fief de l’opposition syrienne dans ses factions les plus extrémistes, Daech et le Front Al-Nosra(…) le Liban doit s’attendre à traverser des jours difficiles et il se peut que les obus sur la Békaa du Nord deviennent une actualité régulière, un peu comme Tripoli et ses axes… »
En terme de statistiques, l’UNHCR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés), avance qu’il y a à présent au Liban 890.000 réfugiés syriens officiellement enregistrés, pour une population « régulière » de 4,5 millions d’habitants. Près d’un demi-million de Syriens seraient en attente d’enregistrement. On imagine les problèmes soulevés par cet afflux massif.
Côté syrien, la préparation de Genève 2 a soulevé moult questionnements. Dans un article du journaliste Thierry Meyssan, on retiendra que « l’opposition armée laïque » (« ASL – Armée syrienne libre » ou « coalition ») n’existe pas et n’a jamais existé que sur le papier. Les groupes terroristes se combattent entre eux, soutenus par l’Arabie Saoudite (Front islamique), le Qatar (Al-Nosra) et la Turquie (EIIL – Emirat islamique d’Irak et du Levant). L’EIIL, faute de succès en Syrie, est allé récemment semer la terreur en Irak (à Ramadi et Falloudja). L’armée nationale syrienne aurait progressé (elle progresse depuis trois ans).
Derrière les trois pays agresseurs (Arabie, Qatar, Turquie) se profilent bien entendu Washington et Tel Aviv, aidés de leurs vassaux otano-européens. C’est là que se décide en fin de compte la poursuite ou l’arrêt de la guerre en Syrie. La Russie, elle, ne fait pas le poids et n’a d’ailleurs nullement l’intention de peser dans la balance. L’Iran, dont le propre sort est en suspens, ne participera probablement pas à la conférence, car les Américains (c’est-à-dire les sionistes israéliens) s’y opposent.
A moins que Moscou ne fasse pression sur Assad pour qu’il capitule, on ne voit pas sur quoi pourrait déboucher Genève 2. L’article parle de « reconstruction » – sans doute comme en Irak, en Afghanistan, en Libye, etc…
Et nous y voilà. La conférence dite de « Genève » 2 s’ouvre à plus de 60 km de là, à l’autre bout du lac Léman.
38 pays ou organisations participent à cette conférence : Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine, Canada, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Norvège, Suède, Espagne, Italie, Suisse, Turquie, Arabie Saoudite, Egypte, Emirats Arabes Unis, Jordanie, Koweït, Liban, Irak, Indonésie, Algérie, Maroc, Oman, Qatar, Afrique du Sud, Brésil, Mexique, Inde, Japon, Union Européenne, Ligue Arabe, Conférence Islamique.
Côté syrien, on a invité le gouvernement légal et légitime de Damas, mais en lui mettant des bâtons dans les roues. Egalement présent : un groupe fantoche baptisé « opposition » ou « coalition nationale syrienne », qui ne représente que lui-même, c’est-à-dire rien – pas même les terroristes qui sévissent en Syrie.
Alors que des pays n’ayant strictement rien à voir avec la Syrie ont été conviés, l’Iran reste exclu sur ordre de la mafia sioniste. L’écrasante majorité des participants est hostile à Damas, tandis que les « alliés » russes et chinois du président Assad affichent leur « neutralité ». Etant donné qu’ils n’ont pas été en mesure (ou n’ont pas eu la volonté) d’imposer la présence de l’Iran à Montreux, on ne peut rien attendre d’eux pour aider Damas.
Cela va sans dire que tous les moyens de sabotage de cette présence du gouvernement syrien ont été utilisés en marge des apprences officielles. Ainsi, sous prétexte d’appliquer les « sanctions internationales », la France interdit à la délégation syrienne le survol de son territoire (nécessaire pour se poser à Genève) et la Grèce refuse de fournir du carburant à l’avion syrien qui attend depuis plusieurs heures sur le tarmac d’Athènes . (On peut se demander d’ailleurs ce que les Syriens allaient faire à Athènes).
(A suivre)
A point nommé pour l’ouverture de la conférence, les agresseurs lancent contre leur victime de nouvelles accusations de crimes de guerre soi-disant étayées par des photos bidon présentées par un cabinet d’avocats londoniens. C’est ce que nous dit un article intitulé « Accusations de Carter-Ruck contre la Syrie ». Ces avocats londoniens ou plutôt ces individus sont connus pour leur partialité, en particulier le sioniste David Crane, ancien responsable de la CIA, « qui dirige depuis le début de la guerre contre la Syrie un programme en vue de traduire Bachar Al-Assad devant une cour spéciale internationale ». On a l’impression que Genève 2 va servir de « tribunal anti-régime » pour mieux opérer la « transition » voulue par Genève 1…
A Montreux, Lakhdar Brahimi, émissaire de l’ONU pour la Syrie, s’efforce d’organiser une « rencontre bilatérale » entre la délégation du gouvernement de Damas et celle de « l’opposition » syrienne, mais sans contact direct.
Même si les clowns de « l’opposition » en avaient l’intention, ce qui n’est pas le cas, ils ne pourraient rien faire dans ce domaine, puisque personne sur le terrain ne leur obéit. S’ils acceptaient un cessez-le-feu, cela n’aurait pas la moindre incidence, étant donné que toutes les bandes armées qui ravagent la Syrie dépendent d’Al-Nosra, de l’EIIL ou du Front islamique, sur lesquels « l’opposition » de Montreux n’a aucune influence.
Les pays de l’OTAN et du Golfe, qui recrutent les terroristes, les arment et les financent, sont présents à la conférence, mais ce n’est évidemment pas pour rétablir la paix (pour cela, il suffirait qu’ils cessent de recruter, d’armer et de financer). Non, ils sont venus dans l’espoir d’obtenir par la « diplomatie » ce qu’ils n’ont pu obtenir par trois ans de guerre d’agression baptisée « guerre civile ». Et ils espèrent atteindre cet objectif avec l’aide de la Russie et de la Chine.
Tout cela pour le plus grand bien de leur maître à tous, Israël, qui ne participe pas à Genève 2 car il a pour principe de ne jamais négocier quoi que ce soit, et surtout pas directement. Les sionistes privilégient le lobbying lourd et systématique, la corruption active (avec l’argent des autres), les intrigues, les manipulations en coulisses et les guerres par procura-sion. Car cette guerre qui perdure en Syrie est bel et bien une guerre israélienne.
Dans ce rêve humide des stratèges de l’Etat voyou juif, comme le souligne un article (du site DebkaFile : US and Israeli buffer zones under Syrian control designed to contain al Qaeda advances), par USA interposés, les sionistes veulent mettre en place deux « zones tampons » en Syrie : la première au sud-ouest de Damas, contiguë au Golan occupé ; la seconde au sud de la capitale, le long de la frontière jordanienne. Ces deux zones seront « sous contrôle rebelle » et auront pour but – tenez-vous bien – de « contenir l’avance d’Al-Qaïda ». Parce que « Al-Qaïda » et les « rebelles », ce n’est pas la même chose, non, non…
Rien de nouveau, donc, à Tel Aviv, ils essaient depuis trois ans. Mais cette fois ils espèrent bien faire céder Poutine. Et si ça marche, ils pourront ensuite ériger des colonies juives dans ces deux zones, pour y accueillir les millions de Juifs chassés de France par l’antisémitisme quenellique de Dieudonné…
Chérif Abdedaïm