Que se passe-t-il réellement sur le terrain en Syrie?

Par Robert Bibeau, 6 décembre 2013

ROBERT BIBEAU :

Mère Agnès Mariam de la Croix, religieuse catholique Melkite, âgée de 61 ans, est  supérieure du Monastère St-Jacques de Qara en Syrie. La religieuse est l’initiatrice du mouvement syrien MUSSALAHA (“Réconciliation”) qui se consacre à la promotion de la paix, à la protection des populations civiles et à la négociation de cessez-le-feu entre les belligérants. La vie de Mère Agnès est menacée et sa voiture a été attaquée en Syrie; elle  est meurtrie par les étrangers qui ne veulent pas la paix dans ce pays.

La mère Agnès Mariam était à Montréal le mardi le 3 décembre 2013. Elle a donné une conférence au Centre Libanais, rue Port-Royal, devant près de 300 montréalais d’origines syriennes, libanaises, égyptiennes et canadiennes.

Il est important de savoir que des pressions gouvernementales canadiennes et de la part de groupuscules montréalais ont entraîné l’annulation de toutes les réservations de salles et de rencontres, ce qui a forcé les organisateurs canadiens de la tournée nationale à se  réorganiser à la dernière minute. Les médias «mainstream», à la solde des riches, comme la chaîne Radio-Canada (soi-disant neutre et impartiale), ont boudé l’ambassadrice de la paix sous prétexte qu’elle dénonce les Monarchies du Golfe et la Turquie et les puissances étrangères qui financent les mercenaires djihadistes exfiltrés  qui sévissent dans sa patrie.

«Je demande à la communauté internationale de bien vouloir observer d’un regard compatissant les rebelles et les non-rebelles qui disent : nous en avons assez ! Nous voulons déposer les armes !», a-t-elle supplié. La militante pour la paix plaide pour une solution syrienne aux problèmes Syriens. Et pour cette raison, elle demande que cessent toutes les interventions étrangères dans son pays…ce qui ne fait pas l’affaire des fomenteurs de guerre, évidemment.

Sœur Agnès arrivait directement du front syrien. Elle nous a informé que les contingents de mercenaires qui se font appeler les Bataillons d’Allah sont des groupes de bandits qui n’ont rien à voir avec la religion islamique. Ils seraient 2 000 groupuscules armés, dirigés par autant de Seigneurs de guerre assassins qui kidnappent des gens, exigent rançons, taxent les provisions au passage des barrages et assassinent sans procès chaque jour des centaines de citoyens qui fuient leurs exactions. Ils sont en guerre entre eux et contre le gouvernement syrien également. La Syrie vit dans un chaos indescriptible.

L’un de ces chefs de guerre, financé par l’Arabie Saoudite, est un repris de justice libéré de prison au Liban et nommé commandant d’une troupe de 6 000 brigands. Un autre a proclamé l’éphémère Califat islamiste de Day Raz Zawr que l’armée arabe de Syrie a libéré de l’occupation des flibustiers récemment.

Quand les «révoltés» «libèrent» une région, des centaines de milliers d’habitants refusant d’être embrigadés de force quittent leur foyer et prennent le chemin de l’exil. Ils sont 1,500 000 réfugiés syriens installés dans des camps de fortune dans les pays limitrophes de la Syrie et ils demandent que les pirates quittent leur patrie qu’ils souhaitent réintégrée.

Cette guerre civile sanguinaire a déjà provoqué 120 000 morts et 1,500 000 réfugiés, et 5 millions de déplacés. Environ 7 millions de citoyens syriens attendent des secours directs pour se nourrir, se vêtir et se loger. Pourtant, il suffirait simplement que les puissances étrangères cessent d’armer, d’entraîner et de payer les milliers de mercenaires exfiltrés des pays étrangers pour que la paix revienne.

L’organisme syrien MUSSALAHA (“Réconciliation”) qu’elle dirige appelle à la miséricorde et au pardon pour les «révoltés» qui souhaitent déposer les armes et mettre fin au combat. Les militants de MUSSALAHA demandent au gouvernement syrien d’accueillir ses ex-insurgés qui déposent les armes, de ne pas les punir, de leur pardonner et de ne pas sévir. Déjà des centaines d’insurgés syriens ont bénéficié de la protection de son organisme pour réintégrer leur communauté d’origine.

Le gouvernement légal et légitime de la Syrie doit respecter ses engagements et accorder le pardon et l’immunité aux révoltés syriens qui déposent les armes et réintègrent la communauté civile et leurs foyers (quand ils seront reconstruits, évidemment).

Pendant que nos politiciens et nos médias à la solde briment sœur Agnès et s’opposent au rétablissement de la paix en Syrie réconciliée, les combats meurtriers font rage en Syrie sacrifiée :  http://cherif.eljazeir.com/2013/12/02/combats-froces-en-syrie/

Bonne continuation de mission de paix en Amérique, Mère Agnès Mariam, et bravo pour votre courage exemplaire.

robertbibeau@hotmail.com

Présentation de  Mère Agnès Mariam de Syrie : http://www.mondialisation.ca/author/agn-s-mariam-de-la-croix

http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/que-se-passe-t-il-reellement-sur-le-terrain-en-syrie/

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