Par Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 29 janvier 2013
«TUEZ L’ARBITRE ! », ME SOLILOQUE CETTE VOIX SOURDE D’UN SUPPORTER OUTRÉ PAR L’ARBITRAGE. «MAIS NON, MON AMI, CE N’EST PAS L’ARBITRE QU’IL FAUT TUER MAIS BEL ET BIEN CET ÉTAT D’ESPRIT DONT ON N’ARRIVE PLUS À SE DÉBARRASSER», LUI AI-JE RÉTORQUÉ. OUI, MESSIEURS, EN PROCÉDANT À UNE REVUE DE PRESSE, ON S’APERÇOIT QUE LA VAGUE GÉNÉRALE DES OPINIONS N’A PAS CHANGÉ, ET CE, AU MÊME TITRE QUE NOTRE FOOTBALL. JE PARLE BIEN ENTENDU DU FOOTBALL AFRICAIN.
Pour ce qui est de notre équipe, beaucoup reste à dire et à faire quant à la manière de jouer ; toutefois, ce que l’on ne peut admettre, ce sont ces coups bas qu’on n’a jamais cessé d’encaisser en catimini à chaque fois qu’il s’agit d’un grand événement footballistique. Souvenons-nous du match contre l’Egypte où l’arbitre tunisien, un certain Benacer, a attisé les haines nationales et failli provoquer une guerre par son arbitrage maison. Rebelote avec un certain Koffi Kodjia qui, en refusant un but à notre équipe face au Rwanda, avait également fait renaître le phénix haineux de ses cendres comme en témoignent les événements du Caire et d’Oum Dormame. Lors de cette CAN, notre équipe a perdu face aux Tunisiens. Ces dernier ayant opté pour la prudence ont su géré le match et l’emporter sans le moindre effort. Convenons-en. Mais ce qui chiffonne dans cette rencontre, c’est ce penalty non sifflé en faveur des Fennecs. Si cela avait été fait, la rencontre aurait pris une autre tournure et sans doute le résultat aussi. Dans ce contexte, Raouraoua aurait, selon certaines sources, protesté auprès de la commission d’arbitrage. Idem contre le Togo. Les observateurs de tous bords s’accordent à souligner que trois penalties ont été refusés aux Algériens. Trois opportunités qui auraient également renversé la vapeur footballistique. C’est à se demander si l’arbitre n’était pas ivre. Eh oui, quand on fait preuve de cécité à trois reprises, la consultation d’un ophtalmologue s’impose, non ? Mais, comme le hasard ne fait pas parfois bien les choses, on se souvient subitement que le président de la commission d’arbitrage de la CAF est un Tunisien. Alors ? C’est à se demander sur quel critère ont été basés les choix des arbitres. Une victoire de l’Algérie face au Togo aurait amoindri les chances tunisiennes pour un passage au second tour. «Que va faire maintenant la commission d’arbitrage de la CAF face à ces fautes qui ont faussé les résultats ?» me demande un ami. «Faut pas rêver mon gars, on est en Afrique !» lui ai-je répondu. Minimiser ce «crime» arbitral, c’est encourager la médiocrité africaine sur la scène footballistique mondiale. Et pourtant, on semble admettre cet état de fait au moment où l’on devait le dénoncer. Des arbitres de quartier pour une compétition de niveau mondial ! Pauvre Afrique, toi qui est déjà accusée de tous les maux ! Un match de foot passe et des leçons doivent être retenues. Alors, ne tuons pas l’arbitre, mais plutôt sa mauvaise foi.
Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 29 janvier 2013