Par Chérif Abdedaïm,lundi 21 janvier 2013
Que faudrait-il faire face à des terroristes sans foi ni loi ? Bien évidemment, on doit riposter. N’était-ce pas et n’est-ce pas encore la devise appliquée jusqu’à présent partout dans le monde ? Les français, américains et consorts ont toujours défendu cette thèse même lorsqu’il s’agissait de faux terroristes, à savoir des groupes armés qu’ils ont eux-mêmes créés ou manipulés pour justifier leur bellicisme
en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie, etc. Maintenant, avec l’affaire des otages d’In Amenas, on assiste à une nouvelle rhétorique. Autrement dit, on souhaitait d’abord négocier avec les terroristes avant de lancer l’assaut. On souhaitait également une
large concertation avant le coup de grâce ; comme si l’Algérie était l’un de ces pays immatures et qui avaient ce besoin pressant d’être assistés.
On voulait notamment saisir cette opportunité pour fourrer son nez dans les affaires algériennes et on feignait d’oublier qu’on avait affaire à un pays souverain aguerri à ce genre de lutte et capable de défendre sa souveraineté. Londres et consorts ont également oublié qu’un certain premier novembre 1954, l’Algérie avait affronté une puissance coloniale renforcée par les troupes otanesques et qu’elle avait relevé le défi jusqu’à l’indépendance finale. Le Japon avait demandé l’arrêt immédiat des opérations en cours au nom de la sauvegarde de ses ressortissants. Cameron qui « regrette » que l’Algérie ait pris l’initiative de prendre le taureau par les cornes a oublié notamment que dans plusieurs cas similaires les prises d’otages ont été sanglantes. Dans ce cas, on n’avait pas critiqué l’intervention des forces de l’ordre, bien au contraire on en avait fait l’éloge.
Et pourtant, tout le monde s’accorde à ce qu’on ne négocie pas avec les terroristes. Alors, pourquoi donc se lamenter sur cette intervention rapide et unilatérale des algériens ? Washington a proposé l’aide de ses forces spéciales pour venir à bout des terroristes mais Alger a décliné l’offre. Paris, n’a fait qu’apprécier
du bout des lèvres ; alors que Londres a regretté. En voulant s’immiscer dans les prises de décisions algériennes, les Occidentaux ne cherchent-ils pas à internationaliser l’affaire ?
Une « aide » qui porterait atteinte à la compétence de nos forces de sécurité, on n’en veut pas.
Dans ce sens, on a également critiqué le manque d’informations sur l’affaire comme si les autorités algériennes se devaient d’ameuter tout le quartier sur chaque pas entamé par les forces de sécurité.
Et pourtant, ce que ces occidentaux auraient dus mettre au devant de la scène ; d’une part, le succès de nos forces qui ont pu libérer un nombre impressionnant d’otages ; d’autres part, tout ce petit monde aurait dû également s’interroger sur la composition cosmopolite de cette « multinationale » terroriste, et, enfin éclairer l’opinion sur les
vrais maîtres du jeu, c’est-à-dire ceux qui tirent les ficelles et cherchent, en fait, à faire exploser coûte que coûte la poudrière sahélienne.
Alors, pas de panique ! L’Algérie est un pays souverain.
Chérif Abdedaïm