Chronique : L’amnésie d’un criminel de guerre

Par Chérif Abdedaïm, le 13  décembre 2012

65 ans après le plan de partage adopté par la SDN, et la  reconnaissance d’Israël, voila enfin  la Palestine qui décroche un premier quitus vers une reconnaissance internationale, et ce, en attendant la réalisation du troisième objectif : un Etat palestinien fiable et viable dans ses frontières de 1967. Bon gré  mal gré, ceux qui s’y sont opposés doivent se ronger les ongles car tôt ou tard les oueds révèlent leurs pierres.

Ainsi, après son statut d’ « observateur permanent » cette seconde consécration d’Etat observateur a été adoptée à l’issu d’un vote historique à l’Assemblée générale de l’ONU, malgré l’opposition des Etats-Unis et d’Israël. Le vote de cette résolution a été acquis à une majorité confortable mais pas écrasante de 138 voix pour, 9 contre et 41 abstentions.

Même si cette nouvelle stature expose l’Autorité palestinienne à des représailles financières américaines et israéliennes, il n’en demeure pas moins qu’elle donne aux Palestiniens accès à des agences de l’ONU et des traités internationaux et constitue une victoire diplomatique majeure. Aussi, vient-elle fausser les calculs des sionistes et de leurs partisans.

Dans ce contexte, l’ambassadrice américaine Susan Rice n’a pas caché sa furie devant ce résultat qu’elle a confirmé de « contre-productif » pensant qu’il créerait des« obstacles » à la paix. Mais ce qui inquiète beaucoup plus les  sionistes et leurs alliés inconditionnels, c’est la possibilité qu’auraient désormais les Palestiniens de rejoindre la Cour pénale internationale et d’y porter plainte contre Israël.

Pour sa part, le Premier sinistre sioniste Benjamin Netanyahu a dénoncé jeudi soir le discours « diffamatoire et venimeux du président palestinien Mahmoud Abbas, dans lequel il a demandé à l’Assemblée générale de l’ONU d’octroyer à la Palestine le statut d’Etat observateur à l’ONU.
Le monde a regardé un discours diffamatoire et venimeux rempli de propagande fallacieuse contre l’armée israélienne et les citoyens d’Israël. Quelqu’un qui veut la paix ne parle pas comme cela, a indiqué un communiqué de son bureau.

De quelle paix pourrait parler les sionistes et les américains ? Alors pour répondre à ce sinistre, il nous semble opportun de lui rappeler de quel côté se trouve le discours « venimeux ». A ce propos, nous ferons une rétrospective sur les propos « hideux », « haineux » et sataniques des idéologues sionistes.

A commencer par les propos de Menahem Volfovitz Begin, qui avait déclaré à la Conférence des chefs militaires, le 28 octobre 1956 : « Vous, habitants d’Israël, ne devez pas vous amollir ou vous laissez attendrir, vous ne devez pas avoir de compassion pour eux jusqu’à ce que nous ayons détruit la prétendue culture arabe, sur les ruines desquelles nous édifierons notre propre civilisation. »

Plus franc encore, le plus grand criminel sioniste David Ben-Gourion( cité par Noam Chomsky  dans son livre  « Le Sionisme et les Palestiniens » se référant à un discours de 1938 : « Ne nous cachons pas la vérité…. Politiquement nous sommes les agresseurs et ils se défendent. Ce pays est le leur, parce qu’ils y habitent, alors que nous venons nous y installer et de leur point de vue nous voulons les chasser de leur propre pays. Derrière le terrorisme (des Arabes) il y a un mouvement qui bien que primitif n’est pas dénué d’idéalisme et d’auto-sacrifice. ». Autres propos de cet idéologue raciste « Nous devons expulser les arabes et prendre leur place »( (David Ben Gourion, futur premier ministre d’Israël,1937, "Ben Gurion and the Palestine Arabs", Oxford University Press, 1985.)

« Nous devons tuer tous les palestiniens à moins qu’ils ne soient résignés à vivre en tant qu’esclaves » avait martelé à son tour, Président Heilbrun, du comité pour la réélection du général Shlomo Lehat, maire de Tel-Aviv, en octobre 1987.

« Nous devons utiliser la terreur, les assassinats, l’intimidation, la confiscation des terres et l’arrêt de tous les programmes sociaux afin de débarrasser la Galilée de sa population arabe ».(Israël Koenig, "The Koenig Memorandum", soumis au premier ministre israélien en avril 1976.)

« La seule solution est Eretz Israel (Grand Israël), ou au moins Eretz Israel Ouest (toutes les terres à l’ouest du Jourdain), sans les arabes. Il n’y a pas de place pour un compromis sur ce point. Nous ne devons pas laisser un seul village, pas une seule tribu ».( Joseph Weitz, Directeur du Fond National Juif, l’agence sioniste chargée d’acquérir les terres de Palestine)

« Tuer n’est pas un crime si les victimes ne sont pas juives».( Le rabbin sioniste Yitzhak Ginsburg, Jerusalem Post, 19 juin 1989.)

« Chasser la population pauvre (les arabes) au-delà de la frontière en lui refusant du travail. Le processus d’expropriation et de déplacement des pauvres doit être mené discrètement et avec circonspection ». (Théodore Herzl, fondateur de l’Organisation sioniste mondiale, « Complete Diaries », note du 12 juin 1895.  La description par Rabin de la conquête de Lydda, après l’achèvement du plan Dalet : « Nous réduirons la population arabe à une communauté de coupeurs de bois et de serveurs ».(Uri Lubrani, conseiller spécial de Ben-Gourion aux Affaires Arabes, 1960. Tiré de "The Arabs in Israel" de Sabri Jiryas.) « C’est le devoir des leaders israéliens d’expliquer à l’opinion publique, clairement et courageusement, un certain nombre de faits qui ont été oubliés avec le temps. Le premier de ces faits, c’est qu’il n’y a pas de sionisme, de colonisation ou d’Etat juif, sans l’éviction des arabes et l’expropriation de leurs terres ». (Yoram Bar Poreht, Yediot Aahronot, 12 juillet 1972.) « La population doit se préparer à la guerre, mais il revient à l’armée israélienne de poursuivre le combat avec l’objectif ultime qui est la création de l’Empire israélien ».(Moshe Dayan, ministre israélien de la défense et des affaires étrangères, 12 février 1952 Radio Israel.)  « Des villages juifs ont été construits à la place des villages arabes. Vous ne connaissez pas le nom de ces villages et je ne vous le reproche pas, car les livres de géographie n’existent plus. Et non seulement les livres, mais les villages n’existent plus. Nahahal a remplacé Mahahul, le Kibbutz Gevat a remplacé Jubta, le Kibbutz Sarid a remplacé Hanifas et Kafr Yehoushua celle de tel Shaman. Il n’y a pas un seul endroit dans ce pays qui n’a pas une ancienne population arabe ». (Moshe Dayan, ministre israélien de la défense et des affaires étrangères, 12 février 1952 Radio Israel, reporté dans Haaretz, 4 avril 1969.)

Quand au déni d’existence : « Comment pourrions-nous rendre les territoires occupés ? Il n’y a personne à qui les rendre » « Il n’y a jamais rien eu de tel puisque les Palestiniens n’ont jamais existé ».( Golda Maier Premier Ministre Israélien, 15 juin 1969). Et la question des réfugiés ? « … si les gens s’habituent à cette donnée et que nous soyons réellement obligés d’accepter le retour des réfugiés, il pourrait être difficile pour nous, quand nous seront confrontés à des hordes de plaignants, de convaincre le monde qu’ils ne vivaient pas tous sur le territoire israélien. Quoi qu’il arrive, il serait souhaitable de réduire au minimum leur nombre … sinon ».(Arthur Lourie, responsable israélien, dans une lettre à Walter Eytan, directeur général du ministère des affaires étrangères israélien (ISA FM 2564/22). D’après Benny Morris, « Naissance du problème des réfugiés palestiniens 1947-49 »).

« La colonisation sioniste doit être exécutée contre la volonté de la population autochtone. C’est pourquoi cette colonisation doit continuer seulement sous la protection d’une puissance indépendante de la population locale, tel un mur de fer capable de résister à la pression de la population locale. Ceci est notre politique à l’égard des arabes. ». « Une réconciliation volontaire avec les Arabes est hors de question, que ce soit maintenant ou dans le futur. Si vous souhaitez coloniser un pays dans lequel une population vit déjà, vous devez fournir une armée pour le pays ou trouver quelque riche personne ou bienfaiteur qui vous en fournirait. Sinon, abandonnez la colonisation, parce que sans une force armée, qui rendrait physiquement impossible toute tentative de détruire ou d’empêcher cette colonisation, la colonisation sera impossible, pas difficile, pas dangereuse, mais IMPOSSIBLE. Le Sionisme est une aventure de colonisation et c’est pour cela qu’elle est dépendante d’une force armée » (Vladimir Jabotinsky, fondateur du sionisme révisioniste (précurseur du likoud), Le Mur de fer, 1923.) « A-t-on vu un seul peuple abandonner son territoire de sa propre volonté ? De la même façon, les arabes de Palestine n’abandonneront pas leur souveraineté sans l’usage de la violence ».( Vladimir Jabotinsky, fondateur et partisan des organisations terroristes sionistes, cité par Maxime Rodinson dans « Peuple juif ou problème juif » . « Si j’étais un leader arabe, je ne signerais jamais un accord avec Israël. C’est normal, nous avons pris leur pays. C’est vrai que Dieu nous l’a promis, mais en quoi cela les concerne ? Notre dieu n’est pas le leur. Il y a eu l’antisémitisme, les nazis, Hitler, Auschwitz, mais était-ce de leur faute ? Ils ne voient qu’une seule chose : nous avons volé leur pays. Pourquoi devraient-ils l’accepter ? » (David Ben Gurion, le premier ministre israélien, cité par Nahum Goldman dans le paradoxe juif). « Nous déclarons ouvertement que les arabes n’ont aucun droit de s’établir sur ne serait-ce un seul centimètre du Grand Israël …La force est l’unique chose qu’ils comprennent. Nous devons utiliser la force absolue jusqu’à ce que les palestiniens viennent ramper devant nous ». (Raphael Eitan, chef d’Etat-major des forces de la défense israéliennes. Gad Becker, Yediot Aharonot, 13 avril 1983, New York Times, le 14 avril 1983.) .« Chaque fois que nous faisons quelque chose, vous me dites que l’Amérique fera ceci ou fera cela …Je vais vous dire quelque chose de très clair : Ne vous préoccupez pas de la pression de l’Amérique sur Israël, nous, les juifs, contrôlons l’Amérique, et les américains le savent ». (Le premier ministre israélien Ariel Sharon, 3 octobre 2001, à Shimon Péres, cité sur la radio Kol Yisrael). « La carte actuelle de la Palestine a été dessinée sous le mandat britannique. Le peuple juif possède une autre carte que les jeunes et les adultes doivent s’efforcer de mener à bien : celle du Nil à l’Euphrate ». (David Ben Gourion, futur Premier Ministre d’Israël, 1937).

En 1899, Davis Triestsch écrit à Herzl : « Je vous suggère de venir pour le programme de « Grande Palestine » avant qu’il ne soit trop tard. Le « Programme de Bâle » doit contenir le mot « Grande Palestine » ou "Palestine et ses pays voisins" autrement cela n’a pas de sens. Vous ne pouvez pas amener 10 millions de Juifs dans un pays de 25’000 km2 ». « Nous repousserons les Arabes de Palestine et de la Jordanie occidentale jusque dans le désert stérile. Nous édifierons notre Etat sur les deux rives du Jourdain et cet Etat s’étendra loin des limites actuelles de Palestine. ».« Le Pays d’Israël tout entier dans ses frontières naturelles : de la Méditerranée à l’ouest au désert syrien à l’est, du mont Hermon au nord à la mer Rouge au sud, constitue le Foyer National juif. »( Zeev Vladimir Jabotinsky, Poaléi Sion, 1920.). « La préparation à la guerre est imminente, mais il est de la responsabilité de l’armée israélienne de continuer à se battre pour atteindre le point ultime, celui de la création d’un Empire Israélien » (Moshe Dayan (Ministre israélien de la défense et des affaires étrangère, 12 février 1952). « La menace palestinienne est invisible comme un cancer (…). Il y a toutes sortes de solutions aux manifestations cancéreuses. Certains diront qu’il est nécessaire d’amputer les organes [atteints]. Pour le moment j’applique la chimiothérapie ». (Moché "Bougui" Yaalon, chef d’état major israélien. Interview du 30 août 2002 au quotidien Haaretz repris par Le Monde 3 septembre 2002.). « Les Palestiniens » seront écrasés comme des sauterelles … leurs têtes éclatés contre les rochers et les murs ». (Yitzhak Shamir, premier ministre israélien, 1er avril 1988.). « Lorsque nous aurons colonisé le pays, il ne restera plus aux Arabes que de tourner en rond comme des cafards drogués dans une bouteille ».(Raphael Eitan, chef d’Etat major des forces de défense israéliennes (Tsahal), New york Times, 14 avril 1983.). « La seule solution est Eretz Israël [Grand Israël] ou au moins Eretz Israël Ouest (toutes les terres à l’ouest du Jourdain), sans les Arabes. Il n’y a pas d’espace pour un compromis sur ce point. Nous ne devons pas laisser un seul village, une seule tribu ». (Joseph Weitz, Directeur du Fond National Juif, l’agence sioniste chargée d’acquérir les terres de Palestine, Circa 194. Machover Israca, 5 janvier 1973). « Il y a une énorme différence entre nous (les juifs), et nos ennemis. Pas seulement dans la capacité, mais dans la morale, la culture, le caractère sacré de la vie et la conscience. Ils sont nos voisins ici, mais c’est comme si à quelques centaines de mètres, il y avait un peuple qui n’appartenait pas à notre continent, à notre monde, qui appartenait véritablement à une autre galaxie ».( Président israélien Moshe Katsav, Jerusalem Post, 10 mai 2001.)

Enfin pour couronner le tout, rappelons également à Netanyahu ses propres propos, à moins qu’il souffre d’amnésie, lorsqu’il avait déclaré au moment où il était député au ministère des Affaires étrangère :  : « Israël aurait dû exploiter la répression des manifestations en Chine lorsque l’attention du monde s’est focalisée sur ce pays, pour mettre à exécution des expulsions massives parmi les arabes des territoires ».(Benyamin Netanyahu, s’exprimant devant des étudiants à l’université de Bar Ilan, tiré du journal israélien « Hotam », du 24 novembre 1989.)

Chérif Abdedaïm

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