ENTRETIEN : Abderrahmane Kadid, wali de Mila, à La Nouvelle République : « Le processus de développement se doit d’être une traduction fidèle des préoccupations des citoyens »

clip_image001Depuis son installation à la tête de la wilaya de Mila, Abderrahmane Kadid, a insufflé une dynamique palpable de par l’instauration d’une nouvelle culture communicative pour laquelle il ne cesse de lutter. Le développement local étant à la base de tous les programmes présidentiels, où en est la wilaya de Mila ? Indicateurs de développement économique, objectifs, priorités, et autres questions autour du développement auxquelles La Nouvelle République a cherché réponse auprès de monsieur Abderrahmane Kadid, lisons-le :

LNR/ Monsieur le wali, quelle évaluation faites-vous actuellement en matière de développement local au niveau de la wilaya de Mila ? (Indicateurs de développement socio-économiques)

La wilaya de Mila connait depuis des années de grands efforts de développement, qui se sont traduits par la concrétisation de plusieurs projets et ouvrages de grande envergure, et ayant permis un bond qualitatif et une amélioration sensible dans tous les secteurs.

Cette évolution est surtout le résultat de la mise en œuvre des différents programmes de son Excellence Monsieur le président de la République qui ont donné à la dynamique de développement la dimension souhaitée.

En effet, ces programmes ont permis de prendre en charge les différents déficits et mettre fin au sous équipement auquel la wilaya a été confrontée. Cela peut-être illustré à travers l’amélioration des différents ratios et indicateurs parmi lesquels il y a lieu de citer :

-Le taux de raccordement au réseau d’AEP est passé de 53% en 1999 à 74 % en 2010.

-Le taux de raccordement au réseau d’assainissement est passé de 64% en 1999 à 81% en 2010.

-Le taux de raccordement en électricité est passé de 84% en 1999 à 97% en 2010.

-Le taux de raccordement en gaz naturel est passé de 19% en 1999 à 65% en 2010.

-Le taux d’occupation par classe est passé de :

*46 élèves/classe e, 1999 à 29 élèves/classe pour le cycle primaire.

*41 élèves/classe en 1999 à 39 élèves/classe pour le cycle moyen.

*45 élèves/classe en 1999 à 40élèves/classe pour le cycle secondaire.

-Le taux de couverture sanitaire est passé d’un lit d’hôpital pour 997 malades à 01 lit pour 708 malades.

Il est clair, donc, que les différents programmes ont été d’un impact positif certain sur tous les secteurs ; ce qui appelle à plus de mobilisation pour améliorer les résultats obtenus.

LNR/Quelles sont vos priorités et vos objectifs en matière de développement pour le quinquennal en cours ?

Le processus de développement au niveau de la wilaya se doit d’être une traduction fidèle des préoccupations des citoyens.

Dans ce cadre, les actions inscrites ont toujours fait l’objet d’une large concertation avec les représentants des citoyens, notamment les élus locaux et le mouvement associatif, qui sont partie prenante dans l’élaboration des différents programmes.

Par ailleurs, l’amélioration des indicateurs de développement au niveau de la wilaya demeure l’un des objectifs principaux.

Aussi, l’action de la wilaya au titre du quinquennal 2010-2014 obéit à une démarche méthodique et consciente. Elle vise notamment la consolidation de la vocation agricole et rurale de la wilaya et la relance des principaux secteurs à savoir :

-L’allègement de la demande sur le logement, tous segments confondus, ressentie notamment au niveau des grandes villes de la wilaya, avec comme objectif le passage au deçà de la moyenne de 5 habitants/logement.

-L’amélioration du taux de raccordement des citoyens en AEP pour atteindre 80% au lieu du taux actuel qui est de 72%, et une dotation quotidienne de 150L/J/H au lieu de l’actuelle qui est seulement de 111L/J/H.

Dans ce cadre, la généralisation de l’approvisionnement des citoyens à partir du barrage de Beni Haroun à toutes les communes (actuellement 16 communes desservies par l’apport de ce complexe) demeure une priorité pour une meilleure satisfaction des besoins.

-L’amélioration du taux de raccordement au réseau d’assainissement pour atteindre 86% au lieu du taux actuel qui est de 81%.

-L’amélioration des conditions de scolarité dans les différents cycles pour atteindre :

*20élèves/classe au titre du primaire.

*36 élèves/classe au titre des cycles moyen et secondaire.

En plus, l’extension de la capacité d’accueil du centre universitaire à 8000 places pédagogiques et 8000 lits d’hébergement s’inscrit comme objectif permettant à cette structure de jouer pleinement son rôle de pôle de rayonnement scientifique et culturel.

– L’amélioration du cadre de vie des citoyens, moyennant la mise en œuvre d’un important programme de viabilisation, afin de résorber les déficits enregistrés dans ce domaine et répondre aux besoins générés par l’extension rapide des différents centres urbains, avec multiplication des espaces verts et des espaces de détente.

– L’amélioration de la prise en charge sanitaire à travers la réalisation de nouvelles infrastructures.

– L’amélioration des conditions de prise en charge de la frange juvénile et la pratique sportive, au niveau de la wilaya, à travers la réalisation de plusieurs infrastructures culturelles, sportives et de jeunesse.

– La relance de l’investissement privé par la création de nouveaux espaces fonciers, tels que la nouvelle zone industrielle de Chelghoum Laïd et la mise en œuvre de mesures incitatives en direction des investisseurs potentiels ; ainsi que la réalisation d’infrastructures de loisirs, sportives et de tourisme (parcs d’attraction, aquacole, piscines, espaces de détente, hôtels, restaurants, port de plaisance…).

– Une bonne gouvernance et une meilleure gestion de la cité.

– La formation et le recyclage des cadres des collectivités locales à travers une mise à niveau, à l’instar des pays développés, dans le cadre de la lutte contre la bureaucratie sous toutes ses formes, la prise en charge effective des préoccupations des citoyens, l’écoute réelle de leur doléances et la participation de la société civile dans la gestion de la cité.

– Une meilleure communication et une plus grande ouverture sur les médias.

– Une plus grande rigueur dans la gestion des deniers publics moyennant la transparence, le respect de la loi et la redynamisation des projets de développement.

Telles sont les principales priorités de la wilaya, au titre du quinquennal 2010-2014, qui touchent pratiquement tous les secteurs, et dont la mise en œuvre permettra la prise en charge des préoccupations et l’amélioration des indicateurs de développement de la wilaya.

LNR/Depuis votre installation vous avez été un fervent partisan de la communication. Sachant que la bonne circulation de l’information est indispensable dans un territoire en développement, qu’en est-il de la formation des différents acteurs impliqués dans ce processus, compte tenu que celle-ci demeure un enjeu décisif pour la réussite des différents projets ?

Il s’agit là d’un sujet qui revêt un caractère primordial dans la réussite de tout processus de développement. En effet, la communication permet à l’Administration de consolider ses relations avec les administrés, moyennant une maîtrise des préoccupations effectives et une facilité dans la transmission de ses messages.

C’est dans ce sens que plusieurs mesures tendant à mieux communiquer avec les citoyens ont été prises, parmi lesquelles il ya lieu de citer :

-La réception des citoyens à tous les niveaux et l’examen minutieux de leurs requêtes, tant écrites que verbales.

-L’installation des cellules de communications et d’écoute au niveau de toutes les administrations de la wilaya pour une meilleure prise en charge de la relation avec le citoyen. Les structures ayant cette mission à charge ont été renforcées par les éléments les plus appliqués.

-Une plus grande ouverture vers les espaces médiatiques et l’instauration de bonnes relations avec la presse, dans le sens d’une meilleure synergie entre l’administration, la presse et le citoyen.

-L’exploitation rationnelle de tous les espaces de communication disponibles, notamment la radio, la presse écrite, le site électronique ouvert, l’affichage…afin d’informer les citoyens des efforts déployés par l’Etat pour prendre en charge leurs préoccupations et recevoir éventuellement toutes leurs doléances.

Ces actions citées, juste à titre d’exemple, sont renforcées, chaque fois que possible, pour atteindre les meilleurs résultats.

Quant au volet formation, pour le moment, les journées d’étude et d’information constituent le cadre approprié devant améliorer la performance des acteurs chargés du volet communication. A ce titre, il y a lieu de citer les journées de formation organisées au profit des cellules d’écoute et de communication, ainsi que les journées d’étude, sur le rôle de l’information et de la communication dans le développement local, qui ont été animées par des spécialistes en la matière.

Il demeure entendu que beaucoup d’efforts restent à accomplir quant à la communication et la formation des acteurs impliqués dans cette dynamique.

 

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Abderrahmane Kadid, wali de Mila

LNR/ Selon les experts, le développement local se caractérise comme la mise en œuvre le plus souvent mais pas exclusivement, dans un cadre de coopération intercommunal, d’un projet global associant les aspects économiques, sociaux, culturels du développement, généralement initié par les élus locaux. De par vos contacts avec les différents responsables, pensez-vous que cette vision est assez assimilée par ces derniers ou serait-il nécessaire de procéder à une  «  mise à niveau » des représentations pour aboutir à une conception commune ?

Cette question est d’une dimension liée aux notions de décentralisation et de déconcentration qui consacrent aux collectivités territoriales le statut d’espaces de démocratie locale et de représentation de l’Etat. Ces notions sont clairement définies au titre des attributions des élus locaux.

Par conséquent, il ne faut pas, à mon sens, situer la coopération intercommunale en dehors des dispositions législatives en vigueur ; surtout que l’ancienne loi (90-08 du 7 avril 1990), relative à la Commune, avait limité cette forme de coopération à la création des établissements publics intercommunaux et les commissions intercommunales.

En revanche, la nouvelle loi (11-10 du 22 juin 2011), relative à la Commune, donne à l’intercommunalité une nouvelle définition qui fera l’objet de plus de clarification par voie réglementaire.

Il reste à préciser qu’au niveau déconcentré, la daïra et la wilaya peuvent initier toute action de nature à valoriser les éventuelles richesses économiques et sociales communes entre plusieurs collectivités, en tenant compte des notions d’aménagement du territoire, notamment  les prescriptions des instruments d’urbanisme, du plan d’aménagement de la wilaya, et des schémas régional et national d’aménagement du territoire.

Aussi, je reste convaincu que l’intercommunalité, qui connaitra une meilleure mise en œuvre au titre des années à venir, est une forme assez développée de partenariat et de solidarité entre les collectivités.

Force est de constater que le niveau des élus locaux, en dépit de leur engagement et de leur volonté, est au deçà des attentes de la population en matière de coopération intercommunale dans les domaines socio-économiques.

Il est certain que l’avenir est prometteur, dès lors que le niveau des élus s’améliore d’année en année.

LNR/Au niveau communal, on constate notamment, une tendance à la bureaucratisation des fonctions au détriment des missions communales et des missions de développement, une maîtrise insuffisante des leviers de développement (tel que le manque de formation), une absence de perspectives stratégiques au profit des questions d’urgence ou de court terme. Quelles seraient d’après-vous les mesures à prendre pour mettre un terme à ces carences ?

La « bureaucratisation des fonctions » est une sorte de fuite des problèmes effectifs posés au quotidien au niveau des Collectivités territoriales et auxquels il faut faire face avec toute la célérité et l’engagement requis.

Toutefois, si ce constat est valable pour plusieurs responsables des communes de la wilaya, il n’en n’est pas de même pour d’autres qui affichent relativement une meilleure présence sur le terrain et qui parviennent à assurer la stabilité des communes qu’ils gèrent.

Le niveau de formation et d’expérience jouent un rôle déterminant dans la réussite de l’action des élus, et c’est dans ce contexte que s’inscrivent les différents cycles de formation initiés au profit des élus communaux, soit par les services du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, soit par les services de la wilaya.

Ces séminaires qui portent sur des thèmes directement liés à la gestion communale ont permis une meilleure compréhension, de la part de l’élu, des missions qui lui sont confiées en tant que représentant de l’Etat et de la Commune, loin de tout acte qui cache des intérêts partisans ou personnels et qui sont souvent à l’origine des dysfonctionnements enregistrés au niveau de certaines collectivités et des atteintes à l’ordre perpétrés par des personnes généralement manipulées.

Par ailleurs, la structure de l’Administration Communale est inévitable pour donner aux assemblées une meilleure assise, leur permettant d’atteindre les objectifs tracés, pas uniquement dans le domaine du développement mais dans tous les domaines.

Aussi, la dotation de l’Administration Communale en personnel d’encadrement ayant la qualification requise, s’inscrit parmi les priorités. Il y a lieu de rappeler à ce titre, les actions du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales, tendant à recruter les ingénieurs en génie civile et architecture au profit des communes, qui s’ajoutent aux efforts d’emploi déployés au titre des budgets locaux.

La dynamique de formation des fonctionnaires et des élus est engagée et demeure incontournable en raison de son importance pour le développement.

LNR/Un projet de développement local est une démarche collective nécessitant la mise en synergie de tous les acteurs du territoire (élus, entreprises, associations, institutions, travailleurs, société civile, etc …).

Ce que nous constatons actuellement, c’est d’une part le désengagement du citoyen ; et d’autre part, une certaine autarcie de la part des élus, alors que leur premier rôle consiste à être à l’écoute de ceux-ci et à tenir compte de leurs avis afin de ne pas aller à contre-courant de leur volonté et occasionner par là même certains conflits. Quels seraient d’après-vous les mécanismes nécessaires à la création d’une synergie entre ces différents acteurs ? (En d’autres termes comment les mobiliser afin de donner une cohérence d’ensemble aux différents objectifs poursuivis et permettre aux différentes initiatives de se concrétiser sans les étouffer par des velléités planificatrices ?)

Tout à fait…tout projet de développement ne peut échapper à une démarche collective exploitant toutes les énergies en les mobilisant autour de la concrétisation des objectifs assignés.

En d’autres termes, il faut convaincre tous les acteurs concernés par le processus de développement, de la justesse de la démarche collective et les mettre exclusivement au service de la Collectivité ; ce qui nous renvoie au rôle de la communication dans la mobilisation des ressources existantes. En effet, grâce à un discours simple, compréhensif et surtout sincère…et des pratiques respectueuses d’autrui et de la réglementation, on peut réussir la mobilisation escomptée.

Cela se conjugue à une organisation administrative efficace, basée sur des concepts scientifiques, techniques et objectifs favorisant l’émergence des compétences.

Quant à l’adhésion populaire, elle ne peut être qu’évidente, surtout que le citoyen ne peut, en aucun cas, décliner les initiatives constructives d’intérêt général.

Au début de l’action administrative, il peut y avoir des réticences, voire des formes de résistance au changement, cependant, le citoyen finira par adhérer pleinement à l’action, une fois convaincu de sa continuité et sa justesse.

Je me suis attelé, depuis ma nomination à Mila, à restaurer la confiance du citoyen envers l’Administration. Pour cela, nous devons montrer en faisant preuve d’honnêteté et d’intégrité, surtout, que l’autorité de l’Etat est avant tout morale.

Il convient de noter avec satisfaction que les citoyens de la wilaya de Mila ont repris confiance et montrent des dispositions intéressantes à s’engager pour l’intérêt général avec les pouvoirs publics.

Par ailleurs, le citoyen doit aussi, faut-il le rappeler, s’acquitter de ses devoirs. Il a certes des droits qu’il doit revendiquer dans un cadre organisé, mais il ne doit pas oublier qu’il fait partie intégrante de la pyramide de l’Etat.

LNR/Dans un passé récent vous avez installé un conseil consultatif au niveau des différentes APC. Peut-on avoir des précisions sur son rôle et une brève évaluation des premières actions engagées ?

Le conseil consultatif est une association régie par les dispositions de la loi n°90-31 du 04 décembre 1990 relative aux associations. Il découle de l’élection d’un président et des membres, parmi les présidents de toutes les associations agréées au niveau de la commune ou de toute personne indépendante n’activant pas dans une association.

C’est généralement une démarche permettant une meilleure communication avec l’environnement et une meilleure structuration de la société civile et du mouvement associatif.

Sans s’ingérer dans les prérogatives des assemblées, les conseils consultatifs constituent des supports à l’action de l’organe délibérant communal et une force de proposition à plus d’un titre, surtout en matière de développement qui constitue la préoccupation majeure des citoyens.

Donc, le conseil est un cadre de concertation avec les élus locaux. Pour cela, j’espère que cet organe travaillera pour l’intérêt général et ne sera pas un conseil d’opportunistes et d’affairistes dont le seul objectif est l’intérêt personnel.

En réalité, la création des conseils consultatifs communaux se voit comme une traduction d’une conviction personnelle, que l’Administration se met au service du citoyen et qu’elle doit s’ouvrir davantage sur ses préoccupations.

Cette conviction est d’ailleurs consolidée par les nouvelles dispositions législatives relatives à la commune, ayant donné à la participation citoyenne une définition plus claire, surtout qu’elles ont qualifié la commune de cadre institutionnel d’exercice de la démocratie au niveau local et de gestion de proximité. Elle prend toute mesure pour informer les citoyens des affaires les concernant et les consulter sur les choix des priorités d’aménagement et, devant lesquels, l’assemblée peut même présenter des exposés sur ses activités.

Cette nouvelle approche se concrétise par la mise en place d’un encadrement adéquat des initiatives locales visant à intéresser et à inciter les citoyens à participer au règlement de leurs problèmes et à l’amélioration de leurs conditions de vie.

Il convient de préciser que l’opération d’installation des conseils consultatifs au niveau des communes tire à sa fin et qu’une journée d’étude sera organisée au profit des membres desdits conseils pour leur expliquer clairement leur rôle et leur permettre une meilleure contribution à l’action de développement au niveau des communes. Cette action sera suivie par l’installation d’un conseil consultatif de wilaya.

Pour évaluer ces conseils, il faut du recul. D’ici, l’année prochaine, je pourrai vous présenter un bilan.

LNR/ En matière d’évaluation, peut-on affirmer que ce processus (l’évaluation) est largement mis en œuvre pour pouvoir mesurer l’impact et la pertinence des stratégies actuelles (afin de capitaliser de l’expérience pour poursuivre et améliorer le redressement du territoire en développement) ou, le cas échéant, effectuer une remise en question sur les choix adoptés et corriger certaines erreurs?

L’évaluation est un acte inévitable pour mesurer l’impact de toute action de développement. Elle se fait à plusieurs niveaux et même au niveau de la tutelle.

L’évaluation se fait périodiquement tout au long du processus pour permettre, soit de maintenir la cadence et les mécanismes, soit d’apporter les modifications qui s’imposent afin de réaliser l’objectif escompté.

A la fin du processus, une évaluation globale est dressée par les parties concernées pour permettre, soit de capitaliser l’expérience, comme vous l’avez si bien dit, et valoriser les acquis, soit opter pour une autre variante assurant les meilleurs résultats possibles.

De toutes les façons, l’Administration dispose de suffisamment de paramètres d’évaluation permettant de mesurer l’impact de son action. L’exploitation des indicateurs de gestion est parfois édifiante, surtout, pour orienter le développement vers les secteurs connaissant les déficits les plus aigus.

Pour ma part, la réaction des citoyens constitue, parfois, un moyen crédible d’évaluation de l’impact des stratégies locales et même des performances des responsables. Aussi, je m’engage à sanctionner et à écarter tout responsable défaillant et cela sans état d’âme.

LNR/ Le barrage Beni Haroun constitue un atout stratégique, tant au niveau national que régional ; y-a-t-il des projets en vue pour la création d’une zone d’expansion touristique et autres structures pouvant insuffler une nouvelle dynamique à la wilaya?

Mila capitale de l’eau. Ce statut est attribué à la wilaya dès l’inauguration et la mise en service du barrage Beni Haroun par son Excellence Monsieur le Président de la République. L’impact de ce complexe ne se limite pas à la wilaya de Mila mais profite également aux wilayas limitrophes à savoir Batna, Constantine, Oum El Bouaghi, Khenchela et Jijel.

Cet important complexe, d’une capacité de 960 millions de m3, ouvre de nouveaux horizons au développement de la wilaya, car, il permet notamment :

-une meilleure satisfaction des besoins des citoyens de la wilaya, en AEP.

-la création d’un périmètre d’irrigation à partir de ce complexe d’une superficie de 8000 ha au niveau de la plaine de Téléghma.

-la formation d’un micro climat favorable à l’attraction de plusieurs espèces d’oiseaux migrateurs.

-le développement d’activités halieutiques orientées vers l’aquaculture.

-le développement d’activités de loisirs et de divertissement autour du plan d’eau.

Le développement des potentialités touristiques et de loisirs autour du barrage.

A ce titre, un avis d’appel à manifestation d’intérêt pour la réalisation de projets d’investissement en équipement touristique a été publié.

Cette procédure vise à intéresser les investisseurs susceptibles de réaliser des projets notamment : un port de plaisance dans les berges du barrage (bateaux électriques, voiles, avirons, Jet ski, etc), un téléphérique reliant Chigara-barrage Beni Haroun, un aquaparc dans la zone surplombant le barrage avec la création d’activités de services homogènes spécialisés en gastronomie moderne et traditionnelle, un petit motel, un complexe touristique, des ensembles des restauration, des piscines, des crèmeries, des activités de montagne, des aires de détentes et des esplanades de loisirs.

En outre, j’escompte organiser chaque 22 mars, date de la journée mondiale de l’eau, un festival. Il qui sera un hymne à l’eau avec des activités sportives, culturelles et de loisirs (galas, aviron, voile, compétition de pêche, concours du meilleur plat de poissons, expositions, journée d’étude sur l’eau, etc.

Toutes ces actions, qui s’inscrivent dans le cadre de la valorisation de la richesse locale, touchent non seulement le barrage Beni Haroun, mais aussi tous les sites susceptibles d’accueillir les investissements touristiques au niveau de la wilaya.

LNR/Un dernier mot…

Je voudrais féliciter toute l’équipe du quotidien La Nouvelle République » pour les efforts déployés pour une information de qualité. Je vous remercie de m’avoir offert la possibilité de m’adresser aux lecteurs que je salue au passage. Au plaisir de rencontrer d’autres journalistes de La Nouvelle République ; pourquoi pas à Mila pour un reportage qui fera découvrir notre séduisante et attachante wilaya.

Entretien réalisé par Chérif Abdedaïm La Nouvelle République du lundi 22 et mardi 23 août 2011

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