L’Eurl Grouz, située à Oued Athménia est entrée en production en 2003. En quatre années d’activité les résultats réalisés sont encourageants d’après monsieur Abdennacer Benhacine, gérant, et son équipe. En matière laitière nous renvoyons nos fidèles lecteurs à nos articles publiés dans le numéro zéro. Ainsi, dans le présent numéro, notre travail a été consacré à la filière fromagère.
Sur ce plan, toujours aussi ambitieux, Grouz lait compte passer à la vitesse supérieure et devenir un groupe industriel. Pour cela, les projets ne manquent pas. En premier lieu, une nouvelle unité de production de fromage de type pâte molle (camembert) est en fin de réalisation au moment où la prospection, en vue de son équipement conformément au cahier des charges, est en cours. Cette unité viendra renforcer la première qui produit déjà le beurre, le fromage sec et la crème fraîche. Une production de qualité à base de lait cru qui trouve un large écho sur le marché.
Dans beaucoup de cas, le fromage sec Grouz est rare à trouver, car, les quantités produites sont déjà
happées par les grandes surfaces à travers les wilayas
d’Alger, Constantine et Ouargla. Vouloir
satisfaire le marché national avec une capacité de
production de 58%, est chose impossible selon
l’équipe de Grouz. En d’autre terme, le
seuil de transformation/jour dépend de la quantité de
lait cru collectée. A titre d’exemple, en
matière de beurre l’unité est capable de
produire en moyenne 1000kg/jour, en réalité elle
n’en produit que 200kg/jour. Idem en matière de
fromage et de crème fraîche. D’une capacité de
production respective de 500kg/jour et 2000
litres/jour, l’unité arrive quotidiennement à
une de production de 200kg de fromage sec et 200
litres de crème fraîche. Cette situation ne pourrait
s’améliorer qu’avec la hausse de la
production laitière. Actuellement, on dénombre environ
500 éleveurs et 26 centres de collecte.
En perspective fromagère, monsieur Benhacine
envisage également de créer une nouvelle unité de
production de fromage de chèvre.
Parallèlement à cette activité, une nouvelle
unité de fabrication d’aliments de bétail est
entrée en production en 2007. Conçue dans le cadre
d’un prolongement de la chaîne de fabrication de
pâte mole (camembert), l’idée est de fabriquer
une nourriture de qualité pour l’obtention
d’un lait de qualité. Car, le camembert est un
produit sensible soumis à des impératifs aussi
délicats les uns que les autres. Actuellement, cette
unité implantée à la ZAC de Oued El Athménia atteint
une production quotidienne d’aliments de bétail
de 15tonnes/jours.
Ces investissements pertinemment réfléchis ont permis
la création de 12 postes d’emploi directs
(janvier 2003) et 50 indirects. En fin d’année
2003, on dénombre 17 postes d’emploi directs,
soit une progression de 40%. Un chiffre qui, selon les
prévisions de l’équipe Grouz, atteindra les 50
postes emplois directs avec l’entrée en
production de la nouvelle unité de camembert.
Par ailleurs, ces ambitions affichées se
heurtent notamment aux contraintes du foncier
agricole, en dépit des requêtes adressées aux
autorités. Pour cause, un projet de transformation de
200 mille litres de lait/jour, a été abandonné. Le
projet en question nécessite une aire de stockage
considérable étant donné que ce type de lait qui se
conserve 3 à 4 mois, nécessite en moyenne une
temporisation de 5 jours avant sa commercialisation.
Une production de cinq jours atteindrait un million de
bouteilles. « Où va-t-on les stocker ? »
s’interrogent les membres de l’équipe.
Et pourtant, la société a bénéficié d’un
diagnostic dans le cadre du programme MEDA 1 de la
mise à niveau de PME/PMI algérienne, initié par la
commission européenne et géré par Euro-développement.
Elle a entamé la mise en application des
recommandations et se prépare pour le MEDA 2. Inscrite
également dans le projet MEDINA relatif au programme
de développement économique et à l’accroissement
de la compétitivité des PME agro-alimentaire du
pourtour méditerranée. Un programme basé sur
l’innovation et le transfert technologique, et
qui s’achève en juins 2008. Parmi les
partenaires étrangers, on retrouve l’Italie, la
France, l’Espagne, la Tunisie et le Maroc, en
sus du partenaire national l’institut de la
nutrition, de l’alimentation et des technologies
agro-alimentaires de l’Université Mentouri, de
Constantine.
En dernier ressort, la bonne volonté planifiée
saurait-elle trouver échos auprès des pouvoirs publics
auxquels monsieur Benhacine lance un défi
d’approvisionner toute la wilaya de Mila en lait
de vache en échange de 3 à 4 hectares pour
l’élevage de vaches laitières ? L’avenir
nous le dira…