Bush veut leurrer le monde et, même ses propres compatriotes, avec son étalon succès en Irak. Jamais on n’avait vu un aussi mauvais élève fière de son échec. Preuve à l’appui, le dernier rapport du conseil national faisant état de résultats insatisfaisants. (Quel euphémisme !).
Mais, Bush défie tout le monde : les sénateurs, les chercheurs et même les soldats qui ont vécu le génocide sur le terrain.
Pour le professeur Michael Schwartz professeur de sociologie à l’université d’État de New York, Stony Brook, le nombre de victimes du carnage Bushiste en Irak est estimé à plus de 10000 par mois au cours des 3 premières années. Un chiffre accru depuis le renforcement des opérations ordonnées par Bush. L’étude du Lancet concluait qu’en 2006, « 600 000 irakiens étaient morts de mort violente directement attribuable aux opérations militaires en Irak. Répartis sur les 39 premiers mois de la guerre en Irak, cela équivaut à une moyenne d’environ 15 000 morts par mois. »
Une étude notamment validée par des chercheurs réputés dont Juan Cole, un des principaux experts états-uniens sur le Moyen-Orient, qui résuma la conclusion de l’étude de manière abrupte mais correcte : « La mésaventure US en Irak a tué [en un peu plus que trois ans] deux fois plus de civils que le nombre de personnes assassinées par Saddam en 25 ans ». (Crime de guerre record !!! Et le jugement ? Double pendaison ? Légitimité ? Au nom de quel droit ? Guerre sainte ? Chasse aux terroristes ? Ou celle de l’or noir ? Le monde doit y répondre au lieu d’occulter la réalité !!!)
Sur le terrain :
Des soldats racontent à l’hebdomadaire de gauche américain The Nation l’haleine de chien d’une guerre « rarement vue à la télévision ou dans les comptes-rendus des journaux ».
« Tout ce carnage, ces civils déchiquetés, tous ces corps déchiquetés que j’ai vus… J’ai commencé à me demander mais pourquoi ? Je suppose que, lorsque j’étais là-bas, l’attitude générale était de se dire : “un Irakien mort est juste un Irakien mort de plus” », raconte Jeff Englehart, de la 3e brigade de la 1ère division d’infanterie, dans les colonnes de l’hebdomadaire en question. « Il est grand temps de reconnaître que les forces américaines tuent régulièrement des civils irakiens », dénonce le même journal.
Décrivant les raids menés entre minuit et cinq heures du matin dans les maisons d’Irakiens apeurés, un autre témoin, le sergent Timothy Westphal raconte : « Je me souviens m’être dit qu’on apportait la terreur chez d’autres sous couvert du drapeau américain. »
Une moutarde que bush fuit évidemment à coups de ramages optimistes : « La bataille en Irak peut être gagnée. La plupart des Américains veulent voir deux choses en Irak : ils veulent voir nos forces victorieuses et ils veulent voir nos soldats commencer à rentrer. Nous pouvons faire les deux, et nous allons le faire. Changer les conditions en Irak est difficile, et cela peut être fait. La meilleure façon de ramener ces hommes et femmes de valeur à la maison est de s’assurer que l’envoi de renforts est un succès".
Quel succès ? Celui d’un échec d’une invasion consommée d’avance ? Celui d’avoir battu le record de criminalité applaudie ? Ou celui de vouloir cacher le soleil avec un tamis ?
Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République (juillet 2007)