L’air accablé, le nez coulant et noyé dans une marre de larmes, après son cuisant échec au poste de « députard », monsieur le Marre a daigné relever le défi de ne pas rater la déclaration à chaud. Questionné par le furet du quotidien local de la contrée désolée, il a révélé, enfin, le secret de sa stratégie défectueuse. Ecoutons-le :
-Monsieur le marre, après avoir échoué avec brio, quelles conclusions peut-on tirer ?
-A mon avis, les autres candidats ont triché.
-Pouvez-vous expliciter davantage ?
-Ils ont beaucoup d’argent. C’est ce qui leur a permis d’acheter le corps électoral.
-Et, vous ? N’aviez-vous pas eu l’occasion rêvée pour séduire vos mandants ?
-Que non ! sinon, je l’aurais saisie.
-Mais, si l’on se souvient bien, le premier jour de la hamla (campagne électorale) il y a eu une vraie hamla (crûe) qui aurait pu causer de graves dégâts. Où étiez-vous à ce moment là ?
-Ecoutez, j’ai laissé l’intérim à mon adjoint qui, lui aussi était dans une autre hamla. Donc, c’est à lui qu’incombe la responsabilité.
-Ah, oui. C’est vrai, puisque vous nous aviez raccroché au nez lorsqu’on avait évoqué la requête des citoyens.
-Bon, si vous continuez avec vos questions hors sujet, vous n’aurez pas le mot de la fin.
-Pardon, monsieur le Marre. Quel était votre rêve avant cette catastrophe ?
– Ce que j’aurais aimé, c’est de goûter une toute petite fraise de la « députarte ».
-Donc, si nous avons bien compris, votre souci est d’accéder au gâteau et non l’intérêt des citoyens ?
-………..
Ca y est, il a raccroché. Quelle fâcheuse habitude !
Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République du 20/05/07