CHRONIQUE D’UNE PENDAISON ANNONCEE

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Englués dans le bourbier Irakien, les américains envoient des "écrans de fumée" pour camoufler le désastre, politique, économique et militaire ambiant. On provoque débats ou polémiques sur de "petits" problèmes pour faire oublier le seul et vrai: Comment s’en sortir ? Et peut être surtout, quels sont les résultats concrets de leur intervention ? Qui peut sérieusement penser que le gouvernement irakien agit sans le consentement US ? Sans les

GI’s, ce gouvernement ne tiendrait pas une semaine. La persistance de « l’Empire » à vouloir imposer sa volonté, par tous les moyens, dans le monde, va être encore vaincue.

Un bien pour le monde, de tristes jours en perspective pour les irakiens. Depuis la pendaison de Saddam, les langues de vipères occidentales à vocation juive ne cessent d’éjecter leur intox. de par les différents canaux. Alors, même mort Saddam n’échappe pas aux viles insultes. Qualifié de tous les maux, l’homme ne leur a pas donné l’occasion de jouir davantage. La haine de l’arabe, nourrie et soutenue, a voulu en finir avec un homme qui aurait pu nous éclairer sur les soubassements de ce crime organisé sous la houlette Bushiste. Un exécution prononcée par un tribunal de pacotille et on n’en parle plus.

Ainsi, il n’y a pas de mots assez durs pour condamner la barbarie des néo-conservateurs américains à qui la mise à feu et à sang injustement de l’Irak, un pays illustre, membre de l’ONU, n’a pas suffi. Ils ont tenu à pendre, comme un vulgaire voleur de chevaux, son président, dont le seul tort est d’avoir cherché à moderniser tous azimuts la Mésopotamie et de la doter de la technologie moderne, ce dont l’Etat sioniste prenait ombrage…et, suite à la malvenue invasion irakienne du Koweït. La liquidation de l’Irak bâathiste ne sert que les intérêts de l’Iran, puissance régionale montante, des Etats-Unis assoiffés de pétrole à vil prix. L’exécution de Saddam Hussein, après une parodie de jugement et surtout la date délibérément choisie pour sa liquidation -le 1er jour de l’Aïd Al Adha, alors que près de trois

millions de musulmans sont en prière sur le mont Arafat- est à considérer comme un discrédit à toutes les valeurs humaines du monde. C’est une insulte de Bush à tous les musulmans et un acte indigne de ses auteurs, ces croisés du troisième millénaire. Si Saddam avait été renversé de l’intérieur par une frange du peuple irakien et « châtié » (par elle ), on peut, à la rigueur, l’admettre. Mais, ce forfait a été accompli par les forces d’occupation du pays du Tigre et de l’Euphrate, et cela en violation flagrante de toutes les lois internationales. Du reste, on ne cesse de se demander qui de Saddam et de Bush mérite, en réalité, la corde. Celui qui est accusé, lors d’une mascarade de procès, d’avoir liquidé 148 villageois chiites, de connivence avec l’ennemi iranien, qui ont attenté à sa vie lors d’un de ses déplacements, ou du cow-boy George W.Bush. Celui-ci, par vengeance suite aux événements du 11-Septembre, a déjà causé la perte d’un million deux cent mille Irakiens et la destruction totale de l’infrastructure

d’un pays à la civilisation six fois millénaire. Saddam est innocent de toutes les accusations

américaines. Il n’a jamais appartenu à Al-Qaï da, n’a jamais fomenté de coup contre les Etats-Unis et n’a jamais disposé d’ADM. C’est l’histoire du loup et de l’agneau. Tu es plus faible, tu meurs ! Quant au prétexte que Saddam est un dictateur, qui, parmi les décideurs de la

planète, ne l’a pas été à un moment ou à un autre de l’exercice de son pouvoir ? Les Néron,

ça pullule et pollue partout et ce n’est pas pour cela qu’on les exécute à tout bout de champ. Pour sauvegarder leurs intérêts stratégiques et pétroliers, les USA ont l’habitude de s’accommoder même du diable. Cette tragique fin si précipitée et si médiatisée de l’ancien «

raïs », le détenu le plus célèbre de la planète, entre dans la nouvelle stratégie que le réactionnaire conservateur locataire de la Maison-Blanche tente de charpenter de toutes pièces afin de colmater, autant que faire se peut, les brèches de son dispositif militaire lamentable en Irak et faire taire un tant soit peu la virulente opposition démocrate pour sa piètre politique dévastatrice, aux retombées internationales si négatives sur l’image de marque des Etats-Unis. Aveuglé comme il l’est toujours, Bush n’a pas mesuré le tort qu’il vient de causer aux nombreux leaders arabes et musulmans qui ne peuvent, à quelques exceptions, condamner l’exécution de leur confrère Saddam Hussein, de crainte du courroux de l’Oncle Sam. Ainsi, les décideurs arabes viscéralement proaméricains risquent-ils fort de s’attirer, un jour ou l’autre, les foudres de leurs peuples respectifs qui voient toujours dans l’ex-raïs un authentique nationaliste et jihadiste anti-israélien qui n’a guère cessé de prêcher la lutte armée contre les occupants anglo-américains ? N’a-t-il pas été supplicié alors qu’il appelait courageusement à l’unité de toutes les composantes de l’Irak et à la victoire du monde arabe… ? Détenteur de moult secrets dérangeants pour plus d’une grande puissance et d’un Etat

limitrophe ou voisin à l’Irak, on l’a vite fait taire et pour toujours. Saddam parti en grand

martyr, son exemple devrait préoccuper tous ses condisciples, particulièrement ceux du Golfe et du Moyen-Orient. Au passé, il leur a rendu de multiples et inestimables services dont, entre autres, d’avoir réussi à stopper la marche victorieuse du chiisme iranien de l’irréductible Khomeiny qui avait le vent en poupe. Mais, il a été infiniment mal récompensé par tous… jusqu’à la potence injustifiée sans que personne ne prenne sa défense. Et sans la résistance héroïque des sunnites bâathistes, des fidèles inconditionnels de Saddam Hussein, les « néo-cons » auraient été vainqueurs au pays du Tigre.

Alors bonjour les dégâts ! D’autres chefs d’Etat arabes, issus de cette région meurtrie, auraient, de toute évidence, connu un sort analogue à celui de Saddam Hussein. George W.Bush, le féroce –et l’appétit vient en mangeant !- ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin contre… les « dictateurs » proche-orientaux et à qui il veut imposer, par la force, son obsessionnelle « démocratie » inadaptée, selon les observateurs, au monde arabe et musulman. Après n’avoir fait qu’une bouchée de l’Afghanistan, n’a-t-il pas attaqué l’Irak où il s’est lamentablement embourbé, voire perdu la guerre. Autrement, il serait parti assiéger d’autres contrées et bafouer la dignité d’autres chefs d’Etat du Golfe.

Enfin, une vie est une vie, un mort est un mort. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise mort. Et qui, de Saddam ou de Bush, Sharon, Olmert et Blair, en a provoqué le plus ? Demain, jugera-t-on les Bush et les Blair ? Evidemment non ! Dans ces conditions, comment éviter que Saddam ne devienne un martyr aux yeux de ses fidèles ?

Chérif Abdedaïm

Jeudi 4 janvier 2007

 

Pendaison de Saddam Hussein : Une justice à deux vitesses

La pendaison de Saddam Husseïn a été différemment accueillie par le monde. Si beaucoup, par vengeance, haine et autres raisons, se sont réjouis de son exécution, d’autres, en revanche, se sont indignés. Considérant que le choix de l’heure fixé conjointement après consultations entre Américains et Irakiens, quelques heures avant la mise à exécution de la sentence, est une autre gifle au monde musulman à l’occasion de la célébration de l’Aïd El-Adha.

Réactions

Ainsi, et parmi les premiers qui se sont félicités de l’exécution de Saddam, le premier ministre irakien Nouri El-Maliki. Réaction somme toute normale quand on est sous la bénédiction des Américains qui considèrent, par la voix de leur Président, cette exécution comme «une étape importante sur le chemin de la démocratie en Irak». Pour sa part,la ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, considère que Saddam « «a payé». Pour l’illustrissime Bill O’Reilly, du Fox News, les «gens qui font du mal doivent faire face à leurs responsabilités».

La presse israélienne ne faisant pas l’exception a également donné libre cours à sa haine. Propos de toutes formes tels que : «justice a été faite». (Déclaration d’un haut responsable), «la fin d’un tyran sanguinaire». «bon débarras», «Saddam faisait partie de cette catégorie de criminels de guerre qui ont été jugés au procès de Nüremberg», distille le quotidien Yédiot Aharonot. «Son jour est venu, le monde sans Saddam», ajoute le Maariv. «Pour nous, il symbolisait le mal absolu». Cependant, tout ce beau monde, qui a acclamé cette mise à mort à

différents degrés, pour la plupart, arguant un châtiment mérité pour crime contre l’humanité.

serait-il prêt à appliquer le principe «tous les hommes sont égaux devant la loi» ? Dans ce

cas de figure, que dira cette même communauté internationale des crimes et de la barbarie sioniste et américano-anglaise ? La raison dicte que leurs auteurs doivent également être jugés à moins qu’ils fassent l’exception en appliquant la justice des vainqueurs ? Questionnement que semble poser également Abdel-Barri Atwan du quotidien El-Quds El-Arabi, publié à Londres : «L’opinion publique arabe se demande qui méritait d’être jugé et exécuté : Saddam

Hussein, qui a préservé l’unité de l’Irak, son identité arabe et musulmane et la coexistence de

ses différentes communautés, où ceux qui ont plongé ce pays dans cette guerre civile sanglante ?» Des manifestants au Bangladesh ont scandé : «Jugez Bush et Blair pour crimes contre l’humanité».

Une humiliation de plus …

Pour part, la rue arabo-musulmane ne s’est pas fait prier pour exprimer son indignation quant à la charge symbolique du moment de l’exécution de Saddam : au cours d’une fête sacrée pour les musulmans. Le choix de l’Aïd El-Adha, la fête de sacrifice, de pardon et au moment de la prière, ne peut être interprété que dans le sens de l’insulte et l’humiliation comme tiennent à l’exprimer les propos suivants : «Son exécution le jour de l’Aïd est une insulte pour

tous les musulmans.» « Les Américains veulent dire à tous les dirigeants arabes qui sont leurs valets qu’ils sont comme Saddam, rien d’autre que des moutons égorgés pour l’Aïd». Ainsi et après les différents scandales portant atteinte aux valeurs de l’Islam (livre de Salman Roshdi, les caricatures de la honte du journal danois, le «glissement» du papa et enfin l’exécution

d’un ex-chef d’Etat arabe et musulman à l’image d’un mouton sacrifié que pourrait-on attendre davantage ? En tout cas pas la démocratie promise par Bush et consorts ?

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