DOSSIER: TOURISME A MILA : QUAND LE RÊVE CARESSE LA REALITE

Par Chérif Abdedaïm, le 1 er septembre 2016

Faire de la wilaya de Mila une destination touristique nationale, voire même internationale demeure l’un des objectifs des pouvoirs publics. Car, si la wilaya de Mila est généralement connue pour sa vocation agricole, il n’en demeure pas moins qu’elle constitue également une véritable mine de potentialités touristiques. Des filons historiques intercédant, l’exploitation des atouts touristiques, à elle seule, pourrait éventuellement générer de nouvelles richesses à même de propulser la wilaya au rang d’un développement durable.

Aussi, la valorisation des potentialités naturelle, culturelle et historique de la wilaya et leur mise en service au profit du secteur touristique demeurent-elles l’aboutissement maturé d’un long processus de recherches, d’enquêtes, d’études, d’expertises et de consultations; résultat d’un brain storming et d’une large concertation menée avec les acteurs nationaux et locaux publics et privés. L’enjeu est donc l’appropriation du SDAT « 2025 »(Schéma directeur d’aménagement touristique) à tous les stades de son évolution (élaboration, mise en œuvre, suivi) par les acteurs et les opérateurs centraux et locaux du tourisme aux différents échelons (cadres hôteliers, restaurateurs, voyagistes, guides, opérateurs, associations).

Ceci dit, entre forces, faiblesses, opportunités, encadrement et organisation ; avec ses richesses naturelles et patrimoniales, la wilaya de Mila se trouve-t-elle aujourd’hui dans l’impérieuse obligation de conjuguer un rêve collectif au présent d’une réalité qui devrait évoluer vers un futur meilleur. En vérité, que nous offre le terrain ? Question à laquelle nous tenterons de répondre à travers, enquête et interviews.

Un melting pot de rêve

Située au cœur de six wilaya (Jijel, Skikda, Batna,Oum El Bouaghi, Constantine et Sétif), estampillée par une succession de civilisations (Numide, Romaine, Byzantine, musulmane, etc), Mila demeure parmi ces wilaya cosmopolites, disposant d’un riche potentiel naturel et patrimoniale. Des atouts donc à valoriser pour se hisser au rang des grandes destinations touristiques.

En matière de ressources naturelles, elle couve des espaces montagneux (pas mois d’une dizaine de dejbels variant entre 1200m et 1600m d’altitude), un réseau hydrographique dense alimentant toute la région (Oued Endja, Oued Rhumel, Oued Kébir), et un patrimoine forestier avoisinant les 33.394 hectares (soit 10% de la superficie totale de la wilaya) ; de quoi faire rêver les puristes.

En outre, Milev ou la cité aux mille sources peut s’enorgueillir notamment de posséder un territoire parsemé de sources thermales qui font le bonheur des curistes. Outre les Cascades de Tamda, non loin de la petite agglomération d’Ahmed Rachedi (dans la daïra de Oued Endja), les bains romains de Pompanius, (dans la commune d’Oued Athmania), les puits romains d’Aghlad (dans la commune de M’chira, daïra de Teleghma), un ensemble de onze sources thermales vient compléter ce cocktail hydrographique, en sus de la construction du barrage Beni Haroun. Ce barrage, d’une capacité de stockage de 960 millions de mètres cubes, et d’une hauteur de 120 mètres, est le plus grand et le plus important ouvrage hydraulique d’Algérie.

Ayant bénéficié, d’une zone d’expansion touristique de 1000 hectares pour la réalisation de plusieurs projets, ce site demeure un atout majeur dans le développement de plusieurs types de tourismes. Les sites attenants le barrage se caractérisent par un profil idéal pour recevoir des infrastructures hôtelières et de restauration gastronomique de qualité.

Dans cette perspective, divers axes touristiques attractifs peuvent y être développés, notamment dans le domaine du tourisme de plaisance: planche à voile, ski nautique, chasse, pêche, équitation, vélo, etc. Les collines boisées et les grandes étendues verdoyantes qui caractérisent ces sites, permettent évidement d’organiser des circuits techniques (Randonnées pédestres et équestres), nécessaires au développement du tourisme écologique et de loisirs. Le lac et autres plans d’eau, à l’instar de la retenue d’Oued Athmania et des autres zones humides, favorisent également la promotion d’une politique de développement de la pêche continentale. Le tourisme relatif à la pêche sportive pourrait être concrétisé pour attirer les nombreux amateurs de cette activité, y compris sur le plan international.

Dans cette optique, les pouvoirs publics ont déjà inscrit de nombreux projets ayant pour objectif la promotion et le développement des activités de sport nautique. C’est dans ce cadre qu’une plage artificielle, une école et une base de sport nautique verront le jour prochainement à Grarem Gouga, sur les berges du lac du barrage de Béni Haroun.

A cela, se mêlent sites et vestiges historiques pour constituer cette synergie nourricière d’un tourisme culturel et cultuel. Dans ce contexte, la wilaya dispose de 6 sites classés au patrimoine national : le vieux Mila, Aïn El Bled (à Mila) vieille de 17 siècles, elle est l’unique fontaine au monde qui continue à couler depuis l’époque romaine à nos jours, le palais de l’Agha et la Prison rouge (à Ferdjioua), Mechta Larbi , ( avec 2 sites à Chelghoum Laïd ). A rappeler également que c’est à Chelghoum Laïd prés d’une ancienne halte ferroviaire que le crâne de ce que l’on appelle «l’homo Sapien de Mechta-El Arbi» a été découvert, en 1912. Il se trouve actuellement dans le musée de l’Etat de Massachussetts, aux USA.

Dans le domaine cultuel, la mosquée Sidi Ghanem(à Mila)-site en voie de réhabilitation- constitue le premier lieu de prière musulman édifié en Algérie et le second édifice religieux de l’Islam, construit au Maghreb, après celui de Kairouan en Tunisie. Aussi, faut-il citer les zaouïa El Hamlaouiya (implantée à Oued Seguen) et celle de Bencheikh El Hocine (à Sidi Khelifa), fondées respectivement aux 15ème et 16ème siècles.

Prévalence d’une dissonance

Que nous offre la réalité ? De part, les quelques infos recueillies dans le cadre de notre enquête, le premier constat qui s’impose est que cette panoplie de richesses souffre d’une sous exploitation dans le cadre d’une politique cohérente à même de relever les défis compétitifs, et ce, en tant que valeurs économique ( moteur pour l’économie locale, augmentation des revenus des populations locales), socio-démographique ( création d’emplois, favorisation d’une attitude plus dynamique et de bien être des individus suite aux voyages et aux échanges faits avec les populations locales, échanges culturels), ou encore, physique et écologique (création des possibilités d’entretien du patrimoine existant, création d’un environnement agréable, développement des structures d’accueil, sensibilisation de l’opinion publique à l’environnement).

Pour s’en convaincre, il suffit de passer en revue quelques indicateurs.

Au niveau de la direction du tourisme, plusieurs projets sont à l’ordre du jour en attendant l’achèvement des différentes études de délimitation et de classement des 8 Zones d’expansion touristique dont le taux de réalisation avoisine les 20%, ainsi que la mise à niveau du secteur avec la mise en œuvre du Schéma directeur d’aménagement touristique de la wilaya qui, pour l’instant, n’est qu’à 70% de réalisation.

Pour l’heure, on mise énormément sur la modernisation et l’exploitation des 11 stations thermales qui drainent un nombre significatif de visiteurs (337690, en 2015 et 186007, en 2016). Ces structures, dont la plupart étaient exploitées de façon traditionnelle, devraient imminemment faire l’objet d’une modernisation, selon Aïssa Boulouednine, chargé de la gestion régulière au niveau de la direction du tourisme à Mila.

En matière d’investissements touristiques privés, 7 hôtels sont en activité, 13 projets en cours de réalisation, (dont 10 hôtels, 2 stations thermales, et un parc d’attraction) alors que 8 autres projets (5 hôtels, 2 stations thermales, un complexe touristique scientifique thermal) sont en attente de lancement. Avec ces réalisations, la capacité d’accueil globale avoisinerait les 2483 lits.

En dépit de ces réalisations, le domaine touristique demeure l’un des créneaux les moins prisés, si l’on se réfère aux statistiques enregistrées par l’ANDI (Agence nationale de développement de l’investissement) de Mila, entre 2002 et 2015. Les tendances des porteurs de projets tendent beaucoup plus vers le transport (604 projets sur les 1139 enregistrés au niveau de la wilaya, avec une moyenne de 1898 postes d’emploi), le bâtiment (258 projets, 3062 postes d’emploi) et l’industrie(75 projets, 4841postes d’emploi), alors que le tourisme arrive en dernière catégorie (avec 6 projets, 203postes d’emploi).

Même tendance traduite par les chiffres qui nous ont été fournis par l’ANSEJ. La plupart des jeunes investissent dans l’agriculture (57 projets pour le premier semestre 2016), les services (29 projets) ou encore l’industrie (19 projets).

Œuvrer dans le sens d’une promotion du produit touristique efficiente, passe nécessairement par la mise en place d’une stratégie de promotion et de communication. Pour cela, la définition des outils de communication et de promotion et des moyens à mettre en œuvre demeure primordiale.

Dans cette perspective le SDAT « 2025 » définit sept principes fondateurs incontournables :

-Une culture, un état d’esprit, et ce, par le choix d’une posture offensive, durable de conquête de marchés sur plusieurs années, et la mise en image et en marché pour « ’ communiquer et vendre ».

-Des engagements qui se traduisent d’une part, par une animation et une coordination cohérente et permanente de tout le plan Marketing ; d’autre part, par une mobilisation des moyens de communication modernes : financiers, humains et techniques, et enfin, par une exigence de professionnalisation et de qualité.

-Des instruments en recourant à l’animation multimédia : films, CD-ROM, Page Internet, écrans vidéos, espaces audiovisuel,…

-Des espaces de communication avec notamment l’adoption d’une posture d’observation et de veille stratégique, et ce par la mise en place d’un pôle d’excellence remplissant cinq fonctions : accueil, information, espaces-boutiques, expositions, espace –images.

-Une démarche partenariale active au plan local en favorisant la connexion des politiques sectorielles et en structurant et fidélisant les partenariats avec les professionnels.

-Un suivi en faire de la veille un outil de pilotage et un baromètre pour : mesurer, comparer, anticiper et réagir.

Conformément aux données que nous offre la réalité du terrain, il y a lieu de relever une criante dissonance. Le terrain révèle d’énormes déficiences en matière de qualité des prestations, et ce, que ce soit au niveau de la promotion du produit touristiques ou de la formation. Selon les propos de Aïssa Boulouednine : « Les 5 associations activant dans le domaine touristique au niveau de la wilaya de Mila, ne jouent pas leurs rôles. Sur les 17 agences touristiques que compte la wilaya, aucune ne semble s’intéresser au tourisme local… Il n’y a aucune coordination avec le secteur. Récemment, sur instruction du wali de Mila, Madani Fouatih Abderrahmane, ces opérateurs ont été sommés de procéder à l’habillage de leurs véhicules avec le logo de la wilaya ainsi que les images de certains sites touristiques. A cet effet, les représentants des agences seront convoqués incessamment. Pour notre part, nous avons procédé à la mise en place de 8 panneaux publicitaires à travers certaines communes et un panneau électronique au niveau du chef lieu de wilaya. En matière de formation, hormis celles dispensées au niveau du centre de formation professionnel de Mila, dans les domaines de la restauration des collectivités, des techniques d’accueil et d’orientation, aucune autre formation n’est prévue pour l’instant. »

Patrimoine archéologique : entre contraintes et priorités

Outre ses richesses naturelles citées précédemment, la wilaya recèle également un patrimoine matériel et immatériel exceptionnels. Sites et vestiges historiques et archéologiques (sites Néolithiques, Puniques, Numides, Romains, Byzantins, Musulmans…), une diversité culturelle que ce soit sur le plan lyrique, artisanal ou autres, à faire valoir et prévaloir dans le cadre du tourisme culturel.

Disposer d’un tel patrimoine est une chose, le mettre en valeur en est une autre. Telle est la problématique sur laquelle s’est focalisée notre interview avec Djamel, Youcef Berihi, Directeur de la culture au niveau de la wilaya de Mila.

Dans ce sens, dira notre interlocuteur: « l’apport du tourisme culturel n’est plus à démontrer. Pour cela, il suffit de lorgner vers la Tunisie, le Maroc ou encore l’Egypte qui fait de l’égyptologie son cheval de bataille».

Selon le listing des biens culturels immobiliers dressé par la direction de la culture de Mila, en référence aux fouilles de l’historien Steven Grease, datant de 1911, la wilaya renferme près de 232 sites archéologiques dont la majorité sont enfouis sous terre à travers les 32 communes qui la compose. Ce potentiel offre plusieurs opportunités au tourisme culturel. « Le valoriser, consiste, d’abord, à l’inventorier par le biais de la commission de wilaya des biens culturels, et ce, avant d’établir la carte archéologique de la wilaya ; tâche à laquelle nous nous attelons actuellement et qui n’est pas sans contrainte dans la mesure où plusieurs sites se trouvent sur des terrains privés. » ajoutera notre interlocuteur.

De ce fait, « la solution envisagée, demeure le règlement des litiges à l’amiable, à l’instar du cas de la muraille byzantine de Mila, qui a été récemment réglé par Madani Foutaih Abderrahmane, wali de Mila, en accord avec le propriétaire du terrain qui a accepté de céder quelques mètres en vue de la protection du site. » nous confie notre Djamel Youcef Berihi, avant de poursuivre : « dans les cas récalcitrants, les pouvoirs publics se doivent de recourir à la mise en œuvre de la loi 98/04 qui est très claire en matière de protection et expropriation concernant le patrimoine culturel dans les domaines publics et privés. Pour son application, on est obligé de traiter les situations, cas par cas ».

Ceci dit, la valorisation de ce riche patrimoine nécessite également l’intervention d’institutions spécialisées, sous la coupe du Ministère de la culture, dans la mesure où ce sont elles qui possèdent les compétences requises en matière de classements des différents sites. Un travail qui se fait sur le long terme et non de simples projets conditionnés par des délais de réalisation, nous explique notre interlocuteur.

Pour l’heure, les efforts sont concentrés sur la vieille ville de Mila, dont le plan de sauvegarde a été lancé, et la 3ème phase de l’étude achevée. Dans cette optique, des travaux d’urgence programmés pour 2017 débuteront avec la restauration de la Mosquée Sidi Ghanem.

Pour rappel, cette cité millénaire, classée officiellement comme patrimoine national en 1992, s’étend sur une superficie de 7,20 hectares et abrite pas moins de 267 familles. Outre ses vielles maisons, le visiteur peut notamment découvrir les vestiges des maisons de beys, ainsi, que les restes des zaouïas Rahmania, Sidi Azzouz et Sidi Saâdoune, ou encore El Markez (la Place) Zenket Lehouanet (rue des Commerces), Zenket El Hammam, (rue du Bain maure), etc.

Pour ce qui est second volet, relatif au patrimoine immatériel, le directeur de la culture de Mila estime que sa valorisation et sa rentabilisation figurent parmi les priorités de son secteur, et ce, conformément aux récentes instructions ministérielles concernant l’ouverture du champ culturel aux investisseurs privés. Faire de la culture l’un des leviers du développement local et national nécessite une stratégie claire en matière de gestion des différentes ressources et la créativité serait de mise. Dans un tel contexte, soulignons que la wilaya de Mila est située au centre de six wilaya. De ce fait, elle renferme une diversité culturelle que compte exploiter le premier responsable du secteur.

A ce sujet, dira notre interlocuteur : « Nous envisageons de créer des événements culturels et cultuels, exemples les Oua’da, différents festivals adaptés aux us et coutumes des différentes régions de la wilaya.  A titre d’exemple, la daïra de Tadjenant renferme une vallée de quatre ou cinq hectares, ce qui constitue un lieu propice à la création d’un festival de la fantazia qui pourrait avoir une portée nationale, voire même internationale. Organiser un pareil événement c’est promouvoir le produit local, chant, art culinaire, artisanat, etc ; ce qui peut également drainer un nombre important de touristes. A cet effet, la promotion de ce type de tourisme doit notamment impliquer plusieurs secteurs : ex : le tourisme, la culture, le religieux, les collectivités locales, les citoyens, etc. Pour cela, l’inter-sectorialité doit se concrétiser sur le terrain. Il faut donc créer cette dynamique (c’est notre objectif) et sortir du concept festif dans la culture même si le spectacle est un aspect de la culture. »

Pour conclure

Entre rêve et ambitions, la réalité actuelle se caractérise par un énorme décalage entre attente et réalité dans lequel ce melting pot touristique demeure inopportunément aux antipodes des modestes performances réalisées à ce jour.

A ce sujet, nous avons donné la parole à un professionnel du secteur ayant souhaité garder l’anonymat. N.A, gérant d’une d’agence touristique et de voyage, cite quelques facteurs : « Pour ce qui est des facteurs qui entravent la promotion interne, notons en premier lieu, la faiblesse du service au niveau des hôtels, le rapport qualité prix est en deçà de la norme. Cette faiblesse qui s’explique par le manque de professionnalisme flagrant dans nos hôtels est due essentiellement au faible niveau de la formation des ressources humaines  dans nos instituts que ce soit à Boussaada, Tizi Ouzou ou l’Aurassi.

Sur un autre plan, la cherté des prix. A titre d’exemple, un circuit touristique de 8 jours et 7 nuits dans le Sud dans un hôtel 3 étoiles peut avoisiner les 70.000 DA en demi pension, alors qu’avec ce même tarif, on peut passer 10 nuitées en hôtel 3 étoiles à Hammamat Yasmine (Tunisie) en haute saison et pratiquement deux semaines en basse saison.

Pour ce qui est des agences de voyages agréées en Algérie, elles disposent d’un marché de 6 à 7 millions d’algériens qui partent annuellement à l’étranger dans le cadre des séjours de détente. Celles-ci trouvent beaucoup de facilités dans le montage d’un produit touristique à l’international (offre de prix attractive pour clientèle individuelle et groupe, gratuité pour l’accompagnateur, etc.)».

Ainsi, de la formation à la mise à niveau de toute la chaîne touristique, l’offre touristique ne pourrait se faire que de façon itérative et coordonnée. A ce sujet, le SDAT « 2015 » est assez clair: «  les activités du tourisme, transversales par excellence, se situent à la croisée de plusieurs secteurs, et bénéficient directement des retombées des différents programmes à la faveur de la réalisation des grandes infrastructures et des grands projets, notamment de transport (autoroutier, ferroviaire, etc ), d’hydraulique, d’énergie et des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ». A cela, faudrait-il également ajouter le rôle des autres acteurs : agences de voyages, restaurateurs, hôteliers, ainsi que les représentants de la société civile ».

Autrement dit, le développement d’une industrie touristique nécessite inexorablement l’implication de tous les acteurs concernés et ne serait aucunement l’apanage du secteur du tourisme à lui seul. Cela constitue l’un des principaux enjeux de la mise en tourisme. A titre d’exemple,  dans le secteur de l’emploi, en employant une forte intensité de main-d’œuvre, le tourisme génère, outre des emplois directs, des emplois indirects et représente un moyen efficace d’insertion d’un grand nombre de jeunes chômeurs dans la vie sociale et professionnelle. A ce titre, il contribue, à fixer les populations et à limiter les migrations et les exodes de population. Comme il constitue, enfin, une importante opportunité pour l’impulsion d’une nouvelle dynamique économique au niveau de la wilaya de Mila. 

A travers ce tour d’horizon, et de part les témoignages recueillis auprès de certains professionnels du tourisme, une nouvelle culture devrait s’implanter à travers les acteurs et opérateurs publics du tourisme au même titre qu’un effort réel de cohérence et de coordination intersectorielle, voire même inter-régionale.

Aussi, la réalité touristique actuelle, caractérisée par un mode de gouvernance plus formaliste que professionnel, devrait-elle inexorablement faire place à une nouvelle politique touristique se hissant au niveau des enjeux réels de l’action promotionnelle avec notamment l’accompagnement des différents acteurs par une communication graduelle et adaptée à la structuration de l’offre et des services.

Pour cela, faudrait-il garder l’espoir qu’un jour le rêve se conjugue à la réalité ?

Chérif Abdedaïm:

http://lnr-dz.com/index.php?page=details&id=57305

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