Culture : Nouvel essai de Chérif Abdedaim Constantine, la saga des beys, un pan de notre histoire ressuscité

 

Doucement, mais sûrement et silencieusement, notre ami et confrère Chérif Abdedaïm se fraye un chemin dans la «saga» des grands noms à retenir dans le giron des auteurs et écrivains contemporains de langue française en Algérie. Présent, cette fois-ci, au 20e Sila qui se déroule à Alger, pour une vente-dédicacée de son nouvel ouvrage Constantine, la saga des beys qui vient d’être édité et mis sur le marché par l’Anep à l’occasion, justement, de la tenue de cette 20e édition du Salon du livre, Chérif Abdedaïm ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
Ainsi donc et après avoir publié Aux portes de la méditation, par Casbah Editions, en 2004, Le Bouquet entaché, Geb éditions, en 2006, Abdelhafid Boussouf, un révolutionnaire aux pas de velours, aux éditions Anep, en 2009 et La contrée désolée, éditions Imprimerie El Ahram, Abdelkader Dehil, en 2013, Chérif Abdedaïm qui est, pour rappel, chroniqueur à la Nouvelle République, écrivain, poète et artiste polyvalent, nous replonge, dans son nouveau livre, dans l’un des nombreux et tumultueux pans de l’histoire de la ville des Ponts, dont la création remonterait à il y a 3 000 ans, à l’époque d’Ad (antérieurement au prophète Ibrahim El Khalil), une cité qui a vu passer toutes les civilisations du pourtour méditerranéen, en l’occurrence Phéniciens, Berbères, Numides, Romains, Vandales, Byzantins, Arabes et Turcs, avant de connaître la colonisation française. La saga des beys s’apparente à une fenêtre ouverte sur le Vieux Rocher, afin d’illuminer une époque agitée et diversement considérée et appréciée par les uns et les autres. Quatre siècles (du XVIe au XIXe) d’édification ou de lutte pour le pouvoir au sein des différents protagonistes ? C’est selon ! Ce retour vers un passé tumultueux n’incite-t-il pas à une meilleure appréhension de notre quotidien et de notre avenir ? Ne sonne-t-il pas comme un rappel à l’ordre, à savoir qu’«une lutte pour le pouvoir au détriment du développement d’un pays sacrifie l’essentiel à l’accessoire, la satisfaction d’intérêts immédiats à des objectifs futurs».
Constantine, la saga des beys est un ouvrage, succulent, de 234 pages, bien référencié et constitué de 4 chapitres, à savoir : «De l’organisation générale», «De l’organisation beylicale», «De l’établissement turc à Constantine» et enfin «La saga des beys», 46 au total, allant de Ramdane Tchulak Bey à El Hadj Ahmed Ben Mohamed Chérif Bey en passant par une lignée d’autres dont Salah Bey Ben Mostefa. Il contient également sept annexes complémentaires, relatant chronologiquement des données et des informations très utiles pour une meilleure compréhension de ce pan de l’histoire. Dans l’annexe 1, l’auteur nous renseigne sur les rangs et les grades des grands fonctionnaires du gouvernement ou makhzen, à commencer par le khalifa, puis le caïd dar, le kheznadji, l’agha ed deira, le bach kateb, etc., toute une panoplie de titres et grades des préposés au makhzen. L’annexe 2 nous relate le nombre et les positions des noubas, au total 22 sefra et 333 hommes. Dans l’annexe 3, on trouve la liste des principaux caïds ou grands chefs de tribus de la province de Constantine. L’annexe 4 porte la liste des 46 beys qui se sont succédé de 1567 (Ramdane Tchulak Bey) à 1848 (El Hadj Ahmed Bey Ben Mohamed Chérif Bey). L’annexe 5 comporte la liste des pachas, aghas et deys d’Alger. L’annexe 6 est le contenu de la lettre d’Ahmed Pacha à Ali Bey. Enfin, l’annexe 7 a trait à un document de Bresnier, à propos de l’établissement turc à Constantine, notifié en date du 1er décembre 1616, correspondant à dhoul qîda de l’an 1025 de l’Hégire. Un livre agréable à lire, bien documenté, riche en évènements historiques et civilisationnels du règne de l’empire ottoman sur le Maghreb. A consulter absolument !
Abdelmadjid M’haimoud , Le Soir d’Algérie du 4 novembre 2015

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