REPORTAGE Mila : Entre constats et nouvelles perspectives

Par Chérif Abdedaïm, le 12 septembre 2015

Au moment  où le monde subit de profondes mutations, politiques, économiques, financières et sociales, et l’Algérie ne pouvant aucunement échapper à la règle, le citoyen algérien, les médias, la classe politique et la société civile sont en droit de s’interroger sur les impacts de ces crises sur notre pays et son développement futur.

NOUVELLES ORIENTATIONS POLITIQUES

Face à cette situation,  de nouvelles mesures sont été adoptées par le gouvernement en vue d’atténuer l’impact de la crise économique qui s’annonce à l’horizon.  Parmi les dossiers inscrits au registre de la rentrée politique nationale cette année, la rencontre entre le gouvernement et les walis qui a eu lieu fin août dernier. A cette occasion, le Premier ministre Abdelmalek Sellal avait mis l’accent  sur l’union et la cohésion qui président à l’action du gouvernement sous une seule autorité, celle du Président de la République, pour créer de nouvelles opportunités de développement de l’économie  nationale et favoriser l’ouverture sur l’investissement. Cette rencontre avait notamment permis   de faire le point sur l’achèvement des projets existants avec un plan établi pour chaque wilaya.

Autrement dit, il s’agit d’examiner les voies et moyens de mise en place du processus de création d’une industrie nationale orientée vers l’exploitation des richesses et potentialités que recèle le pays et dont le but est d’assurer l’émergence d’une économie réellement productive, compétitive et diversifiée.

« La réalisation de cette entreprise passe par l’investissement dans le savoir et l’intelligence, dans les énergies renouvelables, les ressources alternatives que notre pays recèle en abondance. » avait souligné le Chef de l’Etat, dans son message du 20 août dernier à l’occasion de la journée nationale du moudjahid. Ceci interpelle également l’ensemble des citoyens, à la différence de leurs obédiences et appartenances politiques, à  consolider  l’espoir et la confiance en soi afin de pouvoir appréhender positivement les difficultés économiques qui se posent aujourd’hui et de se projeter ensemble, forts du génie de nos jeunes savants, chercheurs et créateurs, de l’ère du pétrole à l’ère des technologies de pointe.

Ainsi, « Des actions de rationalisation sont et seront menées pour mieux maitriser les dépenses de l’Etat et elles seront étendues aux collectivités locales dont nous attendons la même discipline dans l’allocation et l’utilisation des deniers publics » avait souligné le Premier ministre.

Dans ce sens, cette nouvelle vision basée sur la gouvernance locale vise en substance la promotion de l’investissement, le développement des ressources locales et la création de nouvelles richesses parallèlement au développement d’une démocratie participative. Un défi que doivent relever  également les walis et les élus locaux qui demeurent la clé de voûte dans cette nouvelle démarche.

Face à ces nouveaux enjeux, et au vu des progrès déjà enregistrés, quelles perspectives pour la wilaya de Mila ?

CONSTATS

En matière de développement, le premier constat que l’on pourrait faire  au terme du quinquennal 2010-2014, c’est que des progrès notoires ont été réalisés grâce à une démarche méthodique et consciente visant notamment la consolidation de la vocation agricole et rurale de la wilaya et la relance des principaux secteurs.

Mila, connue pour sa vocation agricole, avec ses 13 daïras et ses 32 communes, est en mesure de relever ce défi dans le cadre du vaste programme de développement local dont les réalisations,  à ce jour, prouvent incontestablement que la wilaya  poursuit inlassablement un processus de modernisation tous azimuts. En deux décennies, la wilaya de Mila s’est complètement transformé au rythme des différents plans quinquennaux de développement initiés par le président de la République.

Aussi, l’exploitation des deux atouts essentiels dont dispose cette wilaya, en l’occurrence l’agriculture et le tourisme, contribue-t-elle, en complément des autres potentialités, à la réussite de la nouvelle politique gouvernementale, et ce, par la promotion de l’investissement et la création de nouvelles richesses.

Pratiquement, tous les indicateurs de développement, enregistrés à l’heure actuelle, traduisent la nette croissance que connaît cette wilaya par la profonde mutation de son tissu urbain et ses structures de base.

Dans ce contexte, quelques exemples suffisent. A commencer par le cadre de  vie des citoyens, avec notamment la mise en œuvre d’un important programme de viabilisation, afin de résorber les déficits enregistrés dans ce domaine et répondre aux besoins générés par l’extension rapide des différents centres urbains, avec la multiplication des espaces verts et des espaces de détente.

L’amélioration de la prise en charge sanitaire à travers la réalisation de nouvelles infrastructures.

L’amélioration des conditions de prise en charge de la frange juvénile et la pratique sportive, au niveau de la wilaya, à travers la réalisation de plusieurs infrastructures culturelles, sportives et de jeunesse.

La relance de l’investissement privé par la création de nouveaux espaces fonciers, tels que la nouvelle zone industrielle de Chelghoum Laïd et la mise en œuvre de mesures incitatives en direction des investisseurs potentiels ; ainsi que la réalisation d’infrastructures de loisirs, sportives et de tourisme (parcs d’attraction, aquacole, piscines, espaces de détente, hôtels, restaurants, port de plaisance…).

En matière de gestion et de communication, soulignons la réception des citoyens à tous les niveaux et l’examen minutieux de leurs requêtes, tant écrites que verbales ainsi que l’installation des cellules de communications et d’écoute au niveau de toutes les administrations de la wilaya pour une meilleure prise en charge de la relation avec le citoyen.

Une plus grande ouverture vers les espaces médiatiques et l’instauration de bonnes relations avec la presse, dans le sens d’une meilleure synergie entre l’administration, la presse et le citoyen.

Enfin, l’exploitation rationnelle de tous les espaces de communication disponibles, à l’image de la radio, la presse écrite, le site électronique ouvert, l’affichage…afin d’informer les citoyens des efforts déployés par l’Etat pour prendre en charge leurs préoccupations et recevoir éventuellement toutes leurs doléances.

LA PART DU CITOYEN

Malgré tous ces efforts, un autre constat s’impose. D’une part le désengagement du citoyen ; et d’autre part, l’autarcie affichée par certains élus, alors que leur premier rôle consiste à être à l’écoute des citoyens et à tenir compte de leurs avis afin de ne pas aller à contre-courant de leur volonté et occasionner par là même certains conflits. Dans ce sens, n’omettons pas de souligner également les efforts consentis pour  mobiliser ces différents acteurs afin de donner une cohérence d’ensemble aux différents objectifs poursuivis et permettre aux différentes initiatives de se concrétiser sans les étouffer par des velléités planificatrices.

Parmi les initiatives déjà entreprises dans cette optique, deux journées de formation animées par le  précédent wali de Mila,  Abderrahmane Kadid, ont déjà porté sur la démocratie participative qui demeure donc impérative pour promouvoir une citoyenneté active. A cette occasion, rappelons que le chef de l’exécutif avait souligné l’importance de la participation citoyenne  dans les différents domaines du développement local. L’urgence était de faire appel à une nouvelle politique basée sur un ensemble de procédures, d’instruments et dispositifs favorisant l’implication directe des citoyens dans la gestion des affaires publiques. Aussi,  le rôle des Conseils de concertation dans la réussite de cette nouvelle politique reste-t-il  indéniable dans la mesure où le citoyen doit prendre part de façon active aux processus décisionnels. Autrement dit, les citoyens ont  le droit  d’assister aux délibérations des assemblées communales ; comme ils peuvent  proposer dans un cadre de concertation, les projets qu’ils jugent prioritaires ; ce qui permet  leur intégration et leur participation au développement local.

Ainsi, le système politico-administratif  doit se doter de mécanismes de démocratie directe afin de mieux associer les citoyens, de mieux rendre des comptes dans la transparence qui, sans doute aucun, favoriserait un regain de confiance entre administration et citoyens. Condition sine qua non pour une redistribution de la responsabilité décisionnelle dans ses développements concrets.

Aussi, ressort-il des dernières instructions données aux walis lors de leur rencontre avec le gouvernement la promotion de la démocratie participative afin d’impulser une dynamique nouvelle au développement local.

Enfin, relever un tel défi requiert une démarche collective nécessitant la mise en synergie de tous les acteurs du territoire (élus, entreprises, associations, institutions, travailleurs, société civile, etc …).

http://www.lnr-dz.com/index.php?page=details&id=46053

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