MILITARISATION DE LA RÉPRESSION DES OUVRIERS

Par Robert Bibeau, le 28 août 2014

Le quotidien écrit : «Racisme et militarisation: la face cachée de la police américaine». Ici le choix éditorial est de mettre l’accent sur l’aspect «raciste» de la répression que la police de la classe capitaliste monopoliste impose à toute la classe ouvrière américaine (rappelez-vous que les classes sociales ça n’existent plus pour le grand capital).  Depuis que le petit bourgeois Martin Luther King a «nobélisé» la lutte antiraciste aux É.-U. – les médias à la solde ont non seulement l’autorisation, mais le devoir, de toujours présenter la répression de la machine d’État comme une répression raciste, condamnable non dans son essence, mais dans sa forme et dans les moyens utilisés pour réprimer.  Plus loin, le quotidien se prononcera contre l’usage «excessif de la brutalité policière». Ceci indique qu’il est permis aux mères Térésa de pleurer sur les cadavres des victimes de l’État policier, mais pas de dévoiler les fondements de cette répression, ni de renverser l’État-policier, source de toute ces oppressions. Enfin, pour ce qui est de l’aspect «caché» de la répression sauvage qui telle une chape de plomb écrase les épaules des travailleurs américains depuis des décennies – il faut vraiment être planqué à Paris pour «découvrir ce secret  de polichinelle». Quotidiennement, le salarié américain voit cette répression sauvage au coin de la rue, dans un stationnement, et au Télé Journal de fin de soirée, repris en boucle, non pas pour l’informer, mais pour le terroriser. Ainsi, il plaît aux garde-chiourmes étatsuniens qu’une large publicité soit faite sur ces moyens de répression – de façon que la population qui aurait le courage de l’affronter tremble à la vue de ces tanks, de ces mitrailleuses et de ces bombes assourdissantes. Bienvenue aux États-Unis. Le prolétariat le plus moderne et le plus avancé de l’humanité. NDLR).

(L’Article de la journaliste du journal Le Monde commence ici. NDLR)

«Les manifestations se poursuivent à Ferguson après la mort  de Michael Brown, adolescent noir abattu par un policier le 9 août dernier, alors que la garde nationale vient d’être mobilisée pour les réprimer. L’opinion publique prend la mesure d’une réalité ancienne : celle d’une police aux méthodes souvent brutales et dont les principales victimes sont noires. Trois éléments sont utiles pour comprendre l’indignation et l’émotion suscitées par la mort de cet adolescent. D’une part, loin d’être isolé, ce drame s’ajoute à une longue liste de violences policières. D’autre part, on assiste depuis une vingtaine d’années à une militarisation de plus en plus importante poussée par une puissante industrie de la défense. Enfin, tout cela a lieu dans une Amérique qui peine à éradiquer un racisme systémique et où les préjugés sont tenaces.

(La Bobo journalistique vient de mettre la table idéologique pour ses patrons :
1) Ce sont pudiquement des violences policières isolées – l’étape suivante sera de présenter des cas spécifiques de violences plutôt que de souligner que tout ceci est une politique systémique et systématique de répression anti-travailleurs.
2) La militarisation des forces de répression n’est pas une politique des riches qui paniquent devant la montée des révoltes ouvrières, mais une pratique administrative d’écoulement des surplus d’armements. Il serait soi-disant facile de modifier cette pratique malencontreuse (sic).
3) L’attaque policière est «raciste»,  car le thème est autorisé par les autorités. Nous faisons remarquer que si les crimes des forces répressives frappent davantage les noirs, les hispano et les amérindiens américains c’est que les taux de chômeurs et de salariés pauvres et les niveaux de désespérance et de résistance sont plus élevés dans ces trois communautés ouvrières maltraitées. NDLR
).

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Une longue histoire de brutalités policières

«La liste est longue. La mémoire collective se souvient évidemment de l’affaire Rodney King, cet homme noir passé à tabac en 1991 par des policiers, dont l’acquittement, avait déclenché de violentes émeutes. Lui n’en est pas mort. Mais, pour de nombreux autres noirs aux États-Unis, innocents, non armés, l’usage excessif de la force tue.

(Voici ce que nous avions prédit plus haut. Ce n’est pas une politique répressive systématique imposée par l’État-policier, mais un usage excessif et malencontreux – qu’un surcroit de formation des policiers devrait corriger sous peu. Ce que doit maintenant démontré la bobo journaliste. NDLR).

«2013  Jonathan Ferrell, noir, 24 ans, Charlotte, Caroline du Nord
Blessé dans un accident de voiture et ensanglanté, il sonne chez une dame pour demander de l’aide. Elle prend peur et appelle la police. L’agent Randall Kerrick lui tire dessus douze fois, dix balles l’atteignent. Il n’était pas armé.

2012  Ramarley Graham, Noir, 18 ans, New York
Suspecté de détenir de la marijuana, poursuivie jusqu’à l’appartement de sa grand-mère où les policiers pénètrent sans mandat et l’abattent d’une balle dans la poitrine devant son petit frère de 6 ans. Il n’était pas armé.

2008  Tarika Wilson, Noire, 26 ans, Lima, Ohio
À la recherche de son compagnon, une unité spéciale (SWAT) pénètre dans la maison de Tarika Wilson où elle est abattue. Son fils de 15 mois, qu’elle tenait dans les bras, est blessé. Elle n’était pas armée.

Aux quelques centaines d’homicides commis par des policiers chaque année, 497 rien qu’en 2009 selon les estimations de l’American Civil Liberties Union (ACLU), il faut opposer le fait que, très souvent, quel que soit le degré d’excès d’usage de la force, les responsables sont acquittés. Quand ils ont été mis en examen.

2013  Andy Lopez, 13 ans, Hispanique, Santa Rosa, Californie
L’adolescent a été surpris dans une allée avec une arme en plastique. L’officier Gelhaus a tiré huit balles en l’espace de six secondes, dont sept ont atteint Andy Lopez. Aucune charge n’a été retenue.

2006  Sean Bell, Noir, 23 ans, New York
Au petit matin de son mariage, Sean Bell et deux amis sortent d’un club. Leur voiture est poursuivie par la police est à l’arrêt lorsque les officiers déchargent cinquante balles. Quatre balles tuent Sean Bell. Ses amis survivent à dix-neuf et trois balles respectivement. Trois des cinq policiers ont été jugés pour homicide et mise en danger. Ils ont été reconnus non coupables.

1999 Amadou Diallo, noir, 23 ans, New York
Confondu avec un violeur recherché, Amadou Diallo est abattu devant chez lui par quatre policiers en civil alors qu’il leur tendait ses papiers d’identité pour s’identifier. Il est touché par dix-neuf des quarante-et-une balles tirées. Les quatre policiers sont acquittés.  Parfois, sous la pression de l’opinion publique ou d’un contexte politique particulier, les policiers sont condamnés. La lourdeur des peines est variable.

2009  Oscar Grant, 22 ans, noir, Oakland, Californie
Arrêté avec plusieurs autres personnes sur le quai de la station Fruitvale, Oscar Grant était menotté et à plat ventre quand l’officier Mehserle lui a tiré dessus, dans le dos, expliquant plus tard qu’il a confondu son arme et son Taser. La scène a été filmée par de nombreux témoins. Mehserle a été reconnu coupable d’homicide involontaire et condamné à deux ans de prison.

2006  Kathryn Johnston, 92 ans, Noire, Atlanta, Géorgie
Probablement sur de fausses informations, une unité spéciale de police envahit la maison de Kathryn Johnston à la recherche de drogue. Effrayée, elle tire un coup de feu avec un vieux pistolet, ne blessant personne. Les policiers répliquent en déchargeant trente-neuf balles, dont six atteignent la vieille dame. Mourante, elle est menottée à son lit. Les policiers tentent plus tard de maquiller la scène, cachent de la drogue chez elle et demandent à un informateur un faux témoignage. Trois officiers ont été condamnés à dix, six et cinq ans de prison pour différents chefs d’accusation : homicide volontaire, faux témoignage, parjure.

1997  Abner Louima, 30 ans, noir, New York
Après une bagarre entre deux femmes, dans laquelle lui et plusieurs hommes interviennent, la police arrive. Elle arrête Abner Louima sur la fausse accusation d’un coup porté à l’officier Volpe. Dans la voiture, les policiers le frappent avec leurs poings et leurs radios. Au commissariat, les violences se poursuivent, jusqu’au viol lors duquel Abner Louima a les mains menottées dans le dos. Il est resté hospitalisé deux mois. Justin Volpe a été condamné à trente ans de prison pour avoir enfreint les droits civiques de Louima, pour obstruction à la justice et faux témoignage. Charles Schwarz a été condamné à quinze ans de prison pour avoir aidé Volpe lors du viol.»

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La militarisation de la police et l’usage excessif de la force
«Ce sont 4,3 milliards de  dollars qui ont été transférés par le ministère de la défense à la police, en équipements militaires et paramilitaires, entre 1990 et 2012, selon le rapport de l’ACLU  sur la militarisation de la police.»

«Que plus de 500 agences de police aient reçu un véhicule blindé au cours de l’année 2011-2012 pose question sur la nécessité de tels équipements conçus pour des zones de combats militaires, mais aussi sur les intérêts commerciaux et financiers de cette politique. Ainsi, Lockheed Martin, fabricant d’armes, recevrait chaque année 29 milliards de dollars du Pentagone, selon William Hartung, expert en sécurité, et emploie près de 130 000 personnes. On peut aussi citer l’entreprise ATK, principal fournisseur de munitions de petit calibre, dont le chiffre d’affaires atteint 2,9 milliards de dollars et qui est basée dans le Missouri.

«Depuis les années 1980, les unités spéciales d’intervention (SWAT), équivalent du GIGN en France, se sont développées à un point tel que Peter Kraska, professeur à l’université Eastern Kentucky estime que plus de 80 % des villes de plus de 25 000 habitants en possèdent une. Il estime aussi que ces unités, créées pour gérer des situations à haut risque telles que les prises d’otages, sont désormais déployées plus de 50 000 fois par an (contre 3 000 en 1980).

(Vous comprenez maintenant pourquoi la psychose de terreur – antiterroriste islamiste – (sic) doit être maintenue à un très haut niveau aux États-Unis et dans les pays occidentaux afin de justifier ces lourdes dépenses policières visant en réalité à réprimer les ouvriers avec l’argent des taxes des ouvriers. Contrairement à ce que vous croyez, les ouvriers américains ne sont pas dupes et connaissent toutes ces manigances. Ils n’ont aucun moyen de s’y opposer tant qu’ils ne se seront pas soulevés en masse. Les ouvriers canadiens n’ont pas atteint ce niveau de conscience de classe et c’est la raison pour laquelle les forces policières au Canada ne sont pas encore aussi bien équipées qu’à Saint-Louis Missouri. NDLR)

LA SUITE DE L’ARTICLE ICI »»» http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/la-face-cachee-de-la-repression-aux-usa/

POUR SE DÉSINSCRIRE DE CETTE LISTE ROBERTBIBEAU@HOTMAIL.COM

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