Illizi ou la beauté à l’état sauvage

clip_image006Un vaste plateau de grés qui s’étend sur plus de 80 OOO km2 au sein duquel nous trouvons des paysages pittoresques, des stations de gravures et peintures rupestres, des gueltas (points d’eau,) des ravins, des oueds et des lacs poissonneux, des chutes d’eau, des forêts pétrifiées, des prairies, des palmeraies, des dunes de sable splendides, notamment celles de l’erg Admer et celles du Grand Erdg oriental. Des dunes aussi qui s’étendent à perte de vue ainsi qu’une variété animale et végétale, telle est la wilaya d’Illizi

Illizi c’est aussi, un espace de rêves et de curiosités. Un témoignage éloquent et non des moins fascinants du temps de la préhistoire. Une véritable source de méditations, d’intuitions, de rêves et d’aventures. Un voyage qui s’en va bien au-delà des frontières de l’imaginaire.

Issue du découpage administratif de 1984, la wilaya d’Illizi occupe une superficie de 284 618 km2 soit 1/9 du territoire national. Elle est frontalière avec trois pays voisins sur une frontière d’une longueur de près de 1100 km : la Tunisie au Nord-Est, la Libye à l’Est et le Niger au Sud. A l’intérieur du pays elle est limitrophe avec la wilaya de Tamanrasset à l’Ouest et celle de Ouargla au Nord. Cette wilaya d’Illizi est composée de trois daïras comprenant six communes : Illizi ; In Aménas, Debdeb, Bordj Omar Driss, Djanet, Bordj El Haouès. Le nombre d’habitants de la wilaya d’Illizi s’élève à 40.000 habitants. Elle abrite le plus grand musée préhistorique à ciel ouvert, un patrimoine culturel et archéologique riche et varié. Et ce n’est pas sans raison que le parc national du Tassili est classé patrimoine universel, depuis 1982, et réserve de l’homme et de la biosphère depuis 1986.

Ce musée offre une grande variété de paysages due à la différence des grès qui le compose selon les stades respectifs d’érosion. C’est ainsi que l’on trouve champignons, pitons, dômes et cathédrales de pierres, séparés par des dunes de sables jaunes ou parfois plus ou moins ocres , selon les endroits. Des empreintes aussi qui dénotent de la présence humaine depuis

1 ou 2 millions d’années. C’était les prémices d’un Sahara chaud et humide.

Ainsi, deux grands ensembles géographiques composent grossièrement le relief de la zone Nord : relief de plateaux qui s’apparente à la limite méridionale du plateau de Tinhert, relief d’erg avec le grand erg oriental ; alors qu’au Sud c’est la prédominance de l’erg Issaouene et à l’Est Bourarhart.

La zone de la partie centrale de la wilaya est située au piémont Nord du Tassili N’Adjjers. Du Nord au Sud on distingue donc trois grands ensembles géographiques : Issouane,   N’tifernine, N’Irarrene

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Le Tassili

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Le Tassili

 

 

Sur les traces du passé

Dans ce contexte les études des différentes peintures et gravures rupestres du Tassili N’Ajjers témoignent du fait que des animaux tels que le rhinocéros, l’hippopotame, le crocodile y ont vécu et y ont partagé le milieu naturel avec l’homme de la préhistoire. Quelques millénaires après apparaissaient sur les gravures et les peintures, les éléphants, les girafes, les antilopes et les grands troupeaux de bovidés, témoins de terres moins humides. La sécheresse s’installa progressivement, et ce fut l’apparition du cheval et des chars( Garamantiques) et enfin le chameau, venu d’Asie mineure annonçant la naissance du désert.

Les vestiges trouvés jusqu’alors font apparaître trois grandes périodes :

La période bubaline (de 6600 à 4000) : Néolithique ancien, avec notamment un climat chaud et humide évoluant vers un climat chaud et sec.

La période bovidienne (de 4000 à 2500) : Néolithique moyen et final. Un climat chaud et sec de type méditerranéen assez arrosé en montagne.

La période cabaline (de 2500 à l’ère protohistorique), climat saharien sec remplaçant progressivement le climat méditerranéen, c’est la période équidienne.

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Peintures rupestres à Tamadjert

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Peintures rupestres à Tamadjert

Sites touristiques

La wilaya Illizi recèle d’importants sites touristiques très diversifiés. Des lieux enchantés qui enivrent le visiteur par ce silence qui impose sa loi. Que ce soit à Iraghraghène, avec son art néolithique, ou à Afara, paysage prodigieux abondant de fruits de dattiers, le visiteur passe par une gamme sensationnelle face à ces déserts de Tasset, ces sols pierreux de Fednoune, ce lac poissonneux en plein désert d’Oued Imihrou, ou encore ces dunes d’Issaouene. Un voyage sous l’ombre de Tamrit où plane l’incarnation des hommes de la préhistoire.

A quatre cent kilomètres du chef lieu de wilaya, Djanet se dévoilent par ses vieux Ksours révélant  une architecture authentique de la culture terguie et un savoir faire irréprochable. A cela faudrait-il ajouter les gravures, les peintures et les sculptures rupestres dont regorgent les régions d’Ijabaren, Tamrit, Tigharghart, In Jaren, Tadrart, Tikoubaouine et Timghass.

Sur un air de Tindi

Lors de notre sortie à Oued Djarat, nous avons été accueillis par de jeunes terguis qui nous ont conviés à partager leur Tagalla. Un plat préparé à base de galette cuite sous les cendres et arrosée d’une sauce à base de viande de chameau. Pendant que les uns s’affairaient à préparer ce mets délicieux, les autres s’occupaient du thé. Un rite sacré auquel l’invité doit prendre part en goûtant aux trois thés consécutifs. Dans cette ambiance fraternelle, l’animation prenait sa part de lion sur un air tergui. C’est le Tindi qui déchirait le silence du désert. Des rythmes cadencés où les tambourins, accompagnés par une parade de louanges,

coloraient l’atmosphère d’une hospitalité légendaire.

Le patrimoine culturel terguis n’est pas un objet isolé, mais une pièce maîtresse d’ancrage au passé et à la mémoire collective d’un peuple, d’une nation et un moyen sûr pour atteindre les rives incertaines. Les chants Terguis requièrent ainsi une importance capitale dans le maintien du fil conducteur entre l’histoire et la société, d’où leur dimension socio-historique et culturelle qui les sous-tend et entretient au quotidien ces valeurs d’usage et d’échange.

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La S’beiba

Dans le domaine festif, cette région se distingue également par des fêtes locales :

La S’beiba (à Djanet) qui est une fête locale coïncidant avec la fête de l’Achoura et qui puise son origine dans la mémoire très ancienne Tergui. Des guerriers en uniformes traditionnel de combat, armés d’épée, de boucliers et de lances pour exécuter une danse sur le rythme très émouvant des tambourins.

L’Edessi(à Djanet) : une fête locale à caractère religieux consistant à offrir des mets traditionnels à base de viande sèche.

Sidi Ali Bennoui( à Illizi) : une fête religieuse en hommage au saint Sidi Ali Bennoui, célébrée tous les ans durant sept jours à compter du premier mai et animée par des veillées religieuses.

Omar Idriss (à Timassinine) : Cette fête qui recouvre aujourd’hui un événement très important dans le répertoire culturel de Bordj Omar Idriss était initiée à la base d’un recueillement rituel sur le tombeau du saint Sidi Moussa.

Pour conclure, ce cocktail naturel et civilisationnel n’est pas sans susciter un engouement touristique appréciable si l’on se réfère aux récentes statistiques. En 2009, on a enregistré 5552 touristes représentant 32 nationalités. Dans ce registre, les français détiennent la première place avec 3580 touristes, suivis respectivement des allemands avec 512, des italiens avec 424, en sus des algériens 240. Pour ce qui est des autres nationalités on retrouve des américains, des japonais, des belges, des polonais, des autrichiens, etc

Reportage réalisé par Chérif Abdedaïm, La Nouvelle République  du 6 février 2010)

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