Reportage: Biskra, fief de la beauté saharienne

photo biskra A l’image des autres régions du Sud algérien, Biskra se distingue par un panorama féérique, offrant aux visiteurs de tous bords une multitude de richesses à même de satisfaire les plus curieux. Historiens, artistes, écologistes, archéologues, ou simples randonneurs, trouveront leur compte à travers les différentes potentialités de cette wilaya.

17h. Nous pénétrons dans la ville d’El Kantara. Un pont perce deux gigantesques montagnes. La rougeur de la roche enluminée par un coucher de soleil annonce déjà, cette chaleur humaine dont se caractérisent les gens du Sud. Les palmeraies jouxtant le versant Est de la voie, vous donne matière à rêver. Le temps de prendre quelques photos et c’est parti vers la profondeur saharienne.

Biskra s’offre, dans sa simplicité, au visiteur par la largeur de ses boulevards sillonnés par des promeneurs nocturnes. La ville est vivante, même à cette heure tardive. La doubara (plat local) envahit les tables des restaurants. Là, c’est l’une des fiertés de la région avec la fameuse Tchakhchoukha de Biskra. Pour ceux qui ont goûté à ces plats, généralement pimentés à volonté, il y a de quoi distinguer leur singularité à l’image des plats spécifiques à d’autres régions.

Mais Biskra, n’a pas que l’art culinaire en offrande.. Ses quelques 758.401 habitants peuvent également se glorifier des différents savants enfantés par cette région, tels que Abderrahmane Ben Zarzour, El Akhdari, Nacer Ben Ahmed Ben Youcef, Cheikh Tayeb El Okbi, Rédha Houhou, etc.

Fief des civilisations romaine et musulmane, elle renferme également beaucoup de vestiges. Si l’empire romain lui a décerné le nom de Vescéra, la civilisation musulmane, quant à elle, lui a légué plusieurs édifices tels que la mosquée "Okba Ibn Nafaâ El Fhari", sans oublier les civilisations qui ont fondé de glorieuses villes comme Bads, Tahouda, Milili, El Kantara, Ortel et les palais du Zab occidental et du sud comme en témoignent les dessins rupestres à Ouled Djellal, les vestiges de Jamina et Tajmount. Pour ce qui est de la civilisation musulmane, la wilaya de Biskra, renferme de somptueuses mosquées telles que la mosquée El Feth connue sous le nom de Okba Ben Nafaâ El Fahri, un site musulman avec un caractère urbain et l’Oasis couvrant 314 soldats de l’armée de Okba Ben Nafaâ, morts héroïquement devant la citadelle Tahouda, qui contient également une sculpture d’une valeur historique non négligeable, l’illustre porte de la Mosquée El Mahdi, vieille de mille ans, et l’une des plus anciennes inscriptions arabes sur la pierre (rupestre) datée de la première période des croisades musulmanes dans la région.

Quant au tombeau de Sidi Khaled connu par certains historiens sous le nom de Khaled Ben Sinan El Abssi, il accueille annuellement un festival ramadhanesque rassemblant les hôtes des différentes régions.

Entre autres symboles, faut-il également citer les tombeaux M’Kam Sidi Zarzour, M’kam Abdelhafid El Khenki, M’kam Abderrahmane El Akhdari, Sidi Abderrezak, la zaouia de Ouled Djellal, la mosquée de Sidi M’barek à Khenket Sidi Nadji. Ces mosquées comprennent des anciens ouvrages réputés.

Par ailleurs, l’histoire de Vescera renferme également l’estampille des différentes révolutions populaires mises en exergue par sa résistance à l’encontre des occupant, telles que la révolution Zaâtacha à Lichana en 1849, la révolution El Amiri dans la région de l’Ghrous en 1878, et la bataille de Seriana.

La datte, l’eau et les sables chauds

De par son emplacement Biskra baigne entre 4 régions. La région montagneuse, située au pied des Aurès, célèbre pour l’élevage des abeilles (apiculture) et l’agriculture montagneuse notamment dans les daïras de Kantara, Lotaya, Jamoura et M’counech. Comme elle jouit d’une importante mine de sel et du barrage de Gazalan.

Pour ce qui est de la région du Zab Ouest, elle brille par ses oasis qui produisent les fameuses et notoires dattes "Daglat Nour" (dattes lumineuses), comprenant plus de 1.400.000 palmiers (dont 74% sont productifs)? Ce qui de facto, reforce le potentiel de la wilaya pour atteindre les 4.121.858 palmiers avec une moyenne de production avoisinant les 1.738.800 quintaux annuellement, et dont 2.508.537 fournissant la fameuse Daglat Nour avec une production de 1.036.480 quintaux par an, et ce, en sus des 700.000 nouveaux palmiers, plantés dans le cadre du programme du soutien agricole en cours. Un potentiel qui hausse cette wilaya à la première place sur le plan national .

Quant au Zab Est, qui couvre les communes de Sidi Okba et de Zeribat El Ouadi, il compte à son actif de multiples cultures de légumes au niveau de Sidi Okba ainsi que de nombreux produits industriels à Zribet El Ouadi. L’on note l’existence du barrage Foum El Gharza destiné à l’irrigation des palmiers de Sidi Okba. Cette région comprend aussi d’autres récoltes telles que le Henné, El Mouloukhia, etc.

A cela faudrait-il ajouter la région du Sud Ouest, constituée de palmiers et d’arbres fruitiers, et qui fournit la meilleure qualité de bétail catalogué mondialement. Ouled Djellal est par excellence célèbre pour son élevage des moutons (ovin) dont les spécificités ont contribué à sa réputation.

Pour enfin, parachever cette toile, il y a lieu de citer également les stations thermales et les centres de traitement par les sables chauds. Pour cela, beaucoup de visiteurs en quête de cures affluent annuellement d’après les habitants de la région. S’ils ne sont pas à Hammam Essalhine (Biskra), Hammam El Baraka (El Hadjeb) Hammam Echifa (El Chaka), Hammam Sidi El Hadj (El Outaya), et celui de Aïn El Amia (Biskra), ils sont quelques part enfouis sous les sables chauds dans la région d’Aïn Ben Anaoui (commune d’El Hadjeb). Cette région est devenue la destination de personnes suivant des traitements pour les maladies des os, des troubles de la circulation sanguine et toutes sortes de rhumatismes.

Ainsi, de par sa panoplie d’atouts, Biskra ne saurait passer inaperçue, à l’instar des différentes régions de notre pays, pour peu qu’elle signe un pacte avec d’éventuels investisseurs.

Reportage réalisé par Chérif Abdedaïm( La Nouvelle République  mars 2009)

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