Reportage: Souk Ahras, une wilaya en manque d’investisseurs

souk ahras Quant l’investissement fait défaut, les contraintes s’accentuent et se multiplient, que pourraient compenser les potentialités touristiques à elles seules, fussent-elles merveilleuses? La wilaya de Souk Ahras, riche par son patrimoine culturel, archéologique et historique, subit les affres de l’inculture, en dépit des efforts consentis par la direction du tourisme dans un souci de revalorisation de ces richesses et ces trésors éparpillés à travers ses différentes daïra.

Une nature encore vierge, une beauté à l’état sauvage qui ont déjà envoûté Apulée de Madaure, le romancier et rhétoricien, Maximus le grammairien, Sainte Christine la martyre ou Saint Augustin, gardent depuis une vingtaine de siècles l’estampille de cette architecture reflet du génie humain.

Avec ses 4.143 km2 , la wilaya de Souk Ahras, limitrophe de la Tunisie, compte environ 443.000 âmes. Le territoire privilégié en raison de son microclimat, se compose de 10 daïras rassemblant 26 communes. Dotée d’une bonne infrastructure routière, d’une voie ferroviaire et proximale des trois aéroports ( Constantine, Annaba et Tebessa) et de deux ports (Annaba et Skikda), le fief, jadis, des Madaure (M’daourouch), érigée sous le règne de Vespasien, dont l’université, en son temps, a été la plus grande et la plus connue du continent africain ou, encore Thubercicus Numidarum (Khemissa) , n’attendent pourtant que des visiteurs en quête de voyage dans le temps. Ces civilisations dont les traces restent intactes en dépit des vicissitudes de l’histoire, demeurent malheureusement ignorées par beaucoup de jeunes algériens à l’instar de beaucoup de régions de notre pays.

Quelles en sont les raisons?

A cela, M. Saïd Titah, directeur du tourisme de la wilaya de SouK Ahras, répondra, en premier lieu, par le manque de culture touristique en sus d’autres contraintes, telles que le manque de structures d’accueil en matière d’hébergement et de restauration. Pour ces dernières, notre interlocuteur rajoute que des efforts ont été consentis pour une mise à niveau pour une mise à niveau des deux grands hôtels Medjerda (3 étoiles) et Sidi Messaoud (4 étoiles). Aussi, cela demeure insuffisant reconnaîtra-t-il, du moment que beaucoup de tares sont relevées dans ce secteur à l’image du manque de professionnalisme du personnel hôtelier ou encore de l’inexistence de guides touristiques, nonobstant l’importance du circuit Saint Augustin connu à l’échelle internationale.

Dans ce cadre, la direction de ce secteur a pris l’initiative pour une formation de 7 guides touristiques locaux en collaboration avec l’institut de formation professionnelle de Souk Ahras et l’institut supérieur de formation en hôtellerie et tourisme de la wilaya d’El Taref.

Selon M.Titah, la direction du tourisme a mis en place un cadre de référence relatif aux priorités tout en définissant une stratégie pour une prise en charge efficiente du secteur touristique de la wilaya dont les atouts touristiques demeurent des plus important notamment sur les plans archéologique et historique.

Parmi ces mesures, il y a lieu de relever la réorganisation professionnelle du secteur, la réhabilitation et la mise à niveau du parc hôtelier existant, l’amélioration de l’image touristique de la wilaya, la proposition de création de 7 zones d’expansion touristiques (au niveau de El Ma Lahmar, El Fhiss, El Kharrouba, El Maghassel, Khemissa, M’daourouch, Taoura, zones qui varient entre 500 et 1500ha),et enfin la proposition d’inscription de différents programmes:

Ainsi, 9 opérations centralisées ont été conçues dans le cadre programmes quinquennal de soutien à la croissance (2005-2009) et du programme haut plateaux. Dans ce registre, on enregistre 6 schémas directeurs d’aménagement touristiques des zones de M’daopurouch, Taoura, Khemissa, Ouled Moumen, Machoura, Aïn Zana, pour un montant de 15 millions de DA. L’étude et aménagement général des sources thermales Aïn El Karma et Demsa (commune de Taoura), ainsi que des études relatives à la délimitation et au classement des 2 ZET de Taoura et M’Daourouch, à l’aménagement de trois sites touristiques M’Daourouch, Tifech et Haddada, ainsi qu’à l aménagement général de la forêt récréative Hammama (commune de Sidi Fredj)

En tant qu’instrument de développement ces études seront à coup sûr d’un apport considérable pour l’élaboration de toute étude PDEAU, SDAT Tourisme, SDAT territoire,etc

Entre sources et ressources

Si les différents sites touristiques sont marqués par différentes sources archéologiques et historiques, traces indélébiles des différentes civilisations, les ressources naturelles offrent des opportunités d’investissement sous exploitées.

De Mechroha, on retiendra le charme sauvage de son paysage agrémenté de luxuriantes forêts, réputées pour la pratique de la chasse. Nidifiée en altitude dans son coffret verdoyant, le village de Machroha demeure l’endroit idéal recommandé pour la promotion d’infrastructures d’accueil dans le domaine du tourisme de montagne, de détente et de loisirs, en sus de son microclimat et de ses ressources hydrauliques (eau).

Quant au chef lieux de Souk Ahras , il brille par ses sites historiques et religieux ( Dar El Cadi, Zaouiet Sidi Messaoud, Mosquée El Attik, L’Olivier du Saint Augustain,…) au même titre que les sites archéologiques de Sedrata, mondialement réputés,(Madaure, Tiffech, Khemisa, Taoura, Henchir Ksiba, Kef El Messaoura,gravures rupestres de Zouabi, etc.)

M’Daourouch, à son tour n’est pas exempte de ce prestige historique avéré par ses vestiges archéologiques. L’antique Madaure déjà connue sous Syphax (220-230 av J.C) a été un haut lieu de culture tant chez les berbères que chez les romains, pour devenir sous l’occupation byzantine une forteresse en mesure d’endiguer tous les assauts d’où qu’ils viennent. Aujourd’hui, la ville, appelée à devenir un important pôle d’attraction et d’activités économiques lié au secteur du tourisme, de découvertes, de loisirs ou d’affaires, ne perd en rien de sa vocation culturelle si l’on considère que c’est là, une étape du fameux circuit de "St-Augustin". La quiétude et la convivialité de la région,

Dans ce contexte, la région de Taoura garde, à nos jours, cette fierté d’une cité antique, du II éme siècle, qui à connu, en son temps, une période d’épanouissement et de prospérité. Arborée au rang de commune, à l’époque romaine, elle doit sa célébrité à des figures marquantes de la chrétienneté dont, Ste Christine la martyre qui fut Condamnée à mort en 304 à Tiffech.

Les amateurs de la beauté à l’état sauvage, pourraient enfin trouver leur salut à Merahna qui, en sus de l’hospitalité des sa habitants, leur offre sa diversité de paysages et ses sources thermales qui mériteraient un meilleur essor par le développement d’infrastructures appropriées. Un décor renforcé en grande partie par cette verdure ambiante et ce relief varié de monts et de vaux, et où de majestueux pins d’Alep culminent au milieu des prairies et attestent d’un âge avancé.

Entre source et ressources la wilaya de Souk Ahras se caractérise, ainsi, par cette multitude de potentialités touristiques variées ( tourisme culturel, cultuel et de découverte, climatique, religieux, thermal, sportif et de loisirs, urbain,etc) et qui pourraient contribuer amplement au développement socio-économique de la région si elles sont exploitées à bon escient.

Reportage réalisé par Chérif Abdedaïm ( La Nouvelle République du 31 décembre 2008)

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