Abdenacer Benhacine, président de la CCI Beni Haroun à La Nouvelle République : « La situation financière actuelle est critique »

Abdenacer Benhacine, président de la chambre de

commerce et de l’industrie Beni Haroun depuis le

11 septembre dernier, est également le gérant de Grouz

lait, à Oued El Athménia. En dépit d’un

programme d’action ambitieux, la nouvelle aura à

surmonter une situation financière assez critique pour

le moins qu’on puisse dire, afin de le réaliser.

A ce sujet, écoutons-le:

LNR : Vous êtes à la tête de la CCI Beni Haroun depuis

le mois de septembre dernier, quelle est la situation

actuelle de la Chambre ?

-La situation actuelle est financièrement critique.

Les recettes de la CCI sont en grandes parties

générées par les frais de visas qui constituent 60%.

Si demain, les autorités consulaires viennent à se

passer de la CCI, imaginez quelles seraient les

ressources financières de la chambre.

Actuellement, nous avons 297 adhérents au 01/12/07.

Plus de 60% des opérateurs ont adhéré pour pouvoir

faire passer leurs dossiers de visa par le biais de la

CCI. Je pense que cette décision de faire passer les

dossiers par la CCI est un cadeau empoisonné.

LNR/ Pouvez-vous être plus explicite ?

Je dirais un cadeau empoisonné parce que les

opérateurs économiques quelque soit leur niveau, dès

qu’ils reçoivent une réponse négative à leur

demande de visa, de la part

des autorités consulaires, la CCI ne peut pas les

défendre du moment que le visa n’est pas un

droit ; ce qui les incite à rompre avec la CCI. A ce

sujet, le nombre d’adhérents est assez

significatif. Sur un total de 22238 commerçants

inscrits au registre de commerce, il n’y a que

297 adhérents, soit 1,34%. Donc, je dirais que cette

opération est une arme à double tranchant, d’une

part, on peut avoir de grandes recettes à travers ces

demandes de visas comme on peut perdre de sa

crédibilité auprès des opérateurs économiques.

LNR/ Jusqu’à quand, le sort de la chambre

sera-t-il dépendant de cette opération ?

-Avec nos collègues nous avons envisagé un programme

d’action assez riche, avec une nouvelle

stratégie, cependant, dans ces conditions, si on

arrive à réaliser 20% de ce programme, on peut

s’estimer heureux. Pour les 80% de notre

programme nous essayerons de les financer à travers

les sponsors en essayant de convaincre les opérateurs

économiques à travers des journées d’étude.

Aussi à cette occasion, je lance un appel à

l’administration centrale afin de trouver une

solution pour le financement de la Chambre, et

auxquelles nous sommes prêts à collaborer et consacrer

complètement notre mission.

LNR/ Justement comment appréhendez-vous cette mission

?

-Nous voulons créer une force efficiente en attirant

le maximum d’adhérents. Donc, notre programme

d’action prévoit un travail de proximité de

grande envergure ; il faut être à l’écoute des

opérateurs économiques et de leurs préoccupations.

Dans ce cadre, nous envisageons une plus large

collaboration avec les associations et le secteur

public. Sur un autre plan, nous accordons une grande

part de notre programme à l’investissement, et

surtout à la manière de le promouvoir, car nous

estimons que sans investissement il n’y a pas

d’avenir.

LNR/ En d’autres termes, quelle est votre

évaluation sur l’investissement dans la wilaya

de Mila ?

-De part notre propre évaluation, nous avons constaté

que depuis la création du CALPI aucune stratégie, ni

méthodologie n’ont été adoptées pour promouvoir

l’investissement privé dans notre wilaya. Les

cartes sont brouillées, on n’arrive plus à

discerner entre les vrais et les faux investisseurs.

En général, je dirai que le CALPI dans cette wilaya, a

sanctionné les vrais investisseurs, ce qui les a

incités à se diriger vers d’autres wilayas.

En dépit de ce constat, nous sommes optimistes depuis

l’avènement du décret exécutif 120/07 du 23

avril 2007, qui vient justement remettre de

l’ordre dans les missions du CALPI. Pour notre

part, nous sommes prêts à travailler sérieusement au

sein de cette commission ( du CALPI).Nous estimons que

la CCI est une vitrine du CALPI du moment que

c’est la première instance qui accueille les

investisseurs, les oriente et les informe sur les

potentialités économiques de la wilaya.

Parmi nos suggestions, à noter également la création

d’une succursale avec notamment d’agences

bancaires au niveau des grandes daïras de la wilaya.

Actuellement, avec 22238 inscrits au registre de

commerce, la wilaya ne comprend que 2 agences BDL, une

agence BNA, pas de BEA et ce après plus de 20 ans

depuis la création de cette wilaya. Nous voulons une

indépendance totale.

En matière de carences, il faut également relever

l’absence de représentativité de la CACOBATH, de

services de douanes, etc.

LNR/ Un dernier mot…

-Nous nous attellerons à l’intégration du plus

grand nombre de services publics dans cette wilaya

afin de créer une nouvelle dynamique économique. Il y

a une différence entre l’existence d’une

instance publique à quelques mètres et une autre à des

kilomètres. Donc, notre but est de collaborer avec

toutes les instances concernées afin de faciliter les

tâches aux opérateurs économiques et par la même

occasion donner à la CCI une crédibilité en jouant son

vrai rôle.

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